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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

92e partie

Résumé :  Tahar daigne enfin ouvrir la porte. Le couple est un peu confus. Kahina dévoile à leur ami qu’ils s’étaient inquiétés pour lui car il ne répondait pas à leurs coups de fil. Ils pensaient qu’il était malade ou qu’il avait trépassé.

 

Je laisse couler mes larmes :
-Tahar, tu nous a fais passer une longue nuit cauchemardesque.
Il prend une gorgée de café, et lance d’une voix émue :
-Je suis désolé. J’étais obligé de faire un déplacement d’urgence au bled. Je ne suis rentré que ce matin vers l’aube. Lorsque vous êtes arrivé, j’étais sous la douche.
-Oui… nous l’avons compris.
Mustapha se lève :
-Maintenant que nous sommes rassurés sur ton cas, nous ferions mieux de quitter les lieux et te laisser te reposer.
Tahar se lève pour nous accompagner jusqu'à la porte :
-Merci, mes petits. Vous êtes braves et loyaux. Je ne me suis jamais trompé sur votre compte.
Je m’approche pour l’embrasser sur les deux joues :
-Ne refais jamais ça, Tahar. Désormais, je te demanderais de me tenir au courant de tes déplacements afin de ne pas m’inquiéter.  
-C’est promis, ma petite, tu n’auras plus à t’inquiéter sur mon sort. Prenez soin de vous, mes enfants.
Nous prîmes congé, et une fois dans la voiture, Mustapha ne se retint plus :
-Tu vois ce que tu nous a fait faire, Kahine. Nous nous sommes introduits dans l’intimité de cet homme, alors qu’il n’était peut-être pas prêt à nous recevoir. Il prenait son bain, et nous l’avons dérangé.
Je garde le silence. Quelle réponse pouvais-je trouver dans une telle situation ?
Voyant mon air dépité, mon mari me serre la main :
-Allons Kahina… tu vois que j’avais raison. Nous n’avions pas à nous inquiéter pour un homme qui est encore en pleine santé, et peut même voyager à travers le monde sans répit. Il a ses habitudes, ce vieux loup. Nous n’avons pas le droit de l’interrompre dans ses élans.
-Tu as raison. Je pensais…
-Allez cesse de penser. Il est temps pour nous de nous rendre au bureau.
Deux jours plus tard, au petit matin, un voisin  nous appellera pour nous apprendre que Tahar, venait d’avoir une crise cardiaque dans son sommeil et qu’on venait de l’évacuer à l’hôpital.
En rentrant de son travail et ayant remarqué que la porte de l’appartement était ouverte, ce voisin était entré pour voir si tout allait bien.  C’est alors qu’il a découvert un spectacle inattendu. Il expliquera plus tard à Mustapha qu’il avait trouvé l’artiste vautré dans une position qui indiquait qu’il était mort sans avoir souffert.
La nouvelle tombe tel un couperet ! Je bondis de mon lit, et me met à courir à travers l’appartement telle une folle, en pleine crise d’hystérie. Mustapha aura du mal à m’arrêter, et mêmes les pleurs de Rym ne purent rien devant ma réaction, somme toute légitime, à cette nouvelle qu’on n’attendait pas.
Je donne enfin libre court à mon chagrin. Mes sanglots déchirèrent l’air. Mon mari, aussi digne qu’un pape, dans son chagrin, gardait un calme circonstanciel. Il me prend dans ses bras, et tente de me calmer, avant de courir vers la chambre de notre fille pour la ramener au salon. Il me la tendit en me recommandant :
-Tu devrais penser un peu à elle. Si Tahar n’est plus de ce monde, nous, nous le sommes encore.  
Je me retins au dossier d’un fauteuil pour ne pas tomber :
-Je te disais qu’il nous faisait ses adieux l’autre soir. Il est mort de la même manière que sa mère. Je le savais. Le scénario s’est répété.
-Tu le savais ! Mais à part toi, personne ne pouvait le deviner. Nous lui avons rendu visite il y a deux jours, et il semblait en pleine forme.
-C’était juste un leurre. Il savait qu’il devait partir.


(À suivre)
Y. H.


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