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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le poissonnier

93e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Farida retourna au bureau, mais sans trop d’entrain. L’état moral de son fiancé la préoccupait au plus haut point. Elle craignait qu’il ne frôle une dépression. Ses mains tremblantes et son air abattu n’étaient pas rassurants.

Au bout d’un moment, n’en pouvant plus, elle prend son téléphone et l’appelle. La sonnerie retentira un moment, puis la disquette se déclenche pour lui apprendre que son correspondant ne répondait pas. Elle fera une deuxième tentative. En vain. Merouane ne décrochait pas. La jeune femme repose son mobile. L’angoisse étreint son estomac, un mauvais pressentiment la pousse à prendre son sac et à quitter son bureau pour se rendre à l’agence de son fiancé. Arrivée sur les lieux, elle constate, effarée, qu’un rassemblement s’était formé devant l’entrée. Sans plus attendre, elle descend hâtivement de son véhicule et s’approche en tremblant des lieux. Elle remarque alors un véhicule de police et une ambulance. Que s’est-il passé ?
Elle tente de se frayer un passage parmi la foule des curieux et s’approche davantage de l’entrée pour constater que le corps de son fiancé pendait dans le vide. Elle chancelle et s’accroche au bras d’un jeune garçon. Ce dernier lui lance d’un air ironique :
-Les femmes ne devraient jamais assister à un tel spectacle. Elles réagissent toutes de la même manière.
Farida perdit connaissance !
Une semaine passe. Après une autopsie, on enterra Merouane dans une totale discrétion. La famille, n’admettant toujours pas la thèse d’un suicide, préféra se réfugier dans son malheur, sans pour autant revenir sur le sujet. Farida, le cœur gros, n’arrivait pas encore à assimiler ce qui lui arrivait. Quelque part aussi, elle se sentait coupable. N’aurait-elle pas dû rester auprès de son fiancé ce jour-là, au lieu de retourner au bureau ?
Mais ni les regrets ni les remords ne pouvaient faire revenir Merouane. C’était son destin qui se manifestait, on n’y pouvait rien. Effondrée, elle a dû s’aliter des jours durant. Elle maigrissait à vue d’œil, don entourage s’inquiétait pour elle. Le printemps arrive, et avec lui le parfum de la verdure et des fleurs. La vie continuait. Farida se poste à la fenêtre de sa chambre et jette un coup d’œil au quartier. Rien n’avait changé. Des enfants jouaient en se pourchassant au bas de l’immeuble, des femmes s’interpellaient en revenant du marché, ou en essorant leur linge sur les balcons. À l’angle du trottoir, elle remarque la camionnette de Mehdi. Cela fait des semaines qu’elle n’avait pas revu ce dernier. Sa mère lui avait dit qu’il était venu demander de ses nouvelles à plusieurs reprises. Elle soupire. Merouane était jaloux de lui. Oui. Son fiancé l’avait pris en grippe, elle ébauche un sourire en se remémorant ce souvenir. De longues larmes coulaient sur ses joues. Merouane n’était plus là, il lui manquait énormément. Elle le revoyait encore, jeune premier, avec une barbe naissante, en train de lui faire une cour assidue. Que ce temps-là était loin ! Ensuite, ce sera le cursus universitaire qui les fera se rencontrer davantage. Il avait opté pour la communication, et elle pour une autre filière. Mais cela ne les avait pas empêchés d’être ensemble, ni de se retrouver à la fin de chaque journée pour rire et échanger les idées. Enfin, ils avaient décidé d’unir leurs destins. À cette pensée, ses larmes redoublèrent. Pourquoi avait-elle refusé de se marier dans l’immédiat ? Peut-être que s’ils étaient unis, Merouane n’aurait pas été aussi inconscient, et rien de tout cela ne serait arrivé ! Elle revient dans sa chambre et s’essuie le visage de son avant-bras. La porte s’ouvre tout doucement, et sa mère s’approche d’elle.
-Farida. Tu vas finir par faire un malaise si tu t’entêtes à refuser de manger et à t’enfermer ainsi durant des jours.

(À SUIVRE) Y. H.


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