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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le poissonnier

94e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : N’ayant pu supporter ses échecs financiers, Merouane se donnera la mort en se pendant au plafond de son agence. Farida est effondrée. Des jours durant, elle s’alitera et refusera de s’alimenter.

Pourtant la vie continue.
La jeune femme renifle et tente de refouler ses larmes.
-Je me sens toujours coupable de ce qui est arrivé, maman.
Cette dernière passe une main caressante sur ses cheveux.
-Voyons, Farida. Nous ne sommes pas les artisans de notre destin.
-Certes. Mais Merouane était dépressif, lorsque nous nous sommes rencontrés pour la dernière fois. Je n’aurais pas dû...
Elle ne termine pas sa phrase, car les sanglots l’étouffent. Sa mère laisse passer cette énième crise, puis se remet à lui parler d’une voix douce.
-Nous n’avons plus qu’à implorer Dieu d’accorder Son pardon et Sa clémence à Merouane, et de nous assister tous dans notre malheur. Rien ne sera plus comme avant, ma fille, tu le sais bien. Et pour anticiper les évènements, tu devrais reprendre ton destin en main.
Farida déglutit.
-Oui. Je vais tenter de reprendre le boulot et de m’accrocher à mes objectifs.
-Voilà qui est bien dit. Mais avant cela, ne préfères-tu pas t’accorder quelques jours de vacances ? Un petit voyage te fera le plus grand bien et te permettra de reprendre pied.
-Non. Pas dans l’immédiat. Mais j’y réfléchirais.
Un peu plus rassurée sur l’état de sa fille, la vieille Rosa quitte la chambre pour revenir quelques minutes plus tard avec un plateau.
-Je t’ai préparé tes mets préférés, Farida. Ne me déçois surtout pas et tente de faire honneur à mon déjeuner.
La gorge encore nouée, la jeune femme tente d’avaler quelques bouchées de la soupe préparée par sa mère, puis repousse son assiette. L’appétit n’était pas encore au rendez-vous. Elle prend deux grands verres d’eau et se rallonge sur son lit. Des jours durant, elle n’avait pu fermer les yeux. Mais cette fois-ci, le sommeil finira par l’emporter.
Elle dormira le reste de la journée et ne se réveillera qu’au milieu de la nuit. Elle sentit alors un creux dans son estomac et se rendit dans la cuisine. La maison était plongée dans le silence, et elle se met à réchauffer le dîner, en tentant de faire le moins de bruit possible. Ses forces morales revenaient, et son corps réclamait son dû.
Deux jours plus tard, elle se rendit au bureau. Sa crise l’avait coupée du reste du monde, et elle avait l’impression d’entamer une nouvelle vie. Ses collègue respectèrent son deuil et tentèrent, chacun à sa manière, d’apaiser son chagrin. Puis le quotidien l’englobe dans sa routine.
Les jours passent et se ressemblent pour elle. Elle avait déjà effectué plusieurs missions au Sud, et le changement lui avait fait le plus grand bien. Maintenant, elle arrivait à surmonter ses émotions, et se sentit la force de continuer à mener son existence, comme elle l’avait toujours fait. Bien sûr, elle ressentait terriblement le vide affectif laissé par Merouane, mais que pouvait-elle faire que s’armer de patience.

(À SUIVRE) Y. H.


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