Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

#EspacesLibres / Rédaction Digitale de "Liberté" (#RDL)

Tablette des Haltes (acte 23)

L'UHM (Union des Harragas Maghrebins)

©D.R.

A défaut d'une union politique, ou économique, les peuples des pays du Maghreb sont en train de créer une autre, à leur dépend, sans le vouloir, celle des harragas. 

Le drame de Kerkennah survenu il y a quelques jours en Tunisie a suscité un tollé général au pays du jasmin. La mort de plus de 60 harragas après le naufrage d'une embarcation a ainsi déclenché une véritable vague de protestation dans tout le pays. Le limogeage du ministre de l'intérieur était l'une des premières conséquences. 

Les tunisiens fustigent en premier lieu la classe politique accusée d'incompétence, de corruption, et bien d'autres maux. Les résultats de la révolution de 2011 sont loin des espoirs mis sur elle par la population locale. Une des phrases que se répètent les jeunes tunisiens donne une idée sur leur regard de la situation: "A l'époque de Benali nous étions volés par une seule famille, les Trabelsi (nom de la femme de l'ex président, ndlr), maintenant les voleurs sont beaucoup plus nombreux, puisque ce sont tous ces partis au pouvoir".

Si toutes les classes sociales sont touchées par la crise interne, l'une des plus visibles est sans aucun doute celle des diplômés universitaires. Nombreux parmi eux ne trouve pas de débouchés. Mieux encore, ils restent pendant plusieurs années au chômage, essayant durant cette période de se procurer de l'argent de poche, surtout en été.mais le tourisme, principale source de revenus du pays n'est plus aussi rentable qu'avant. Le désespoir des jeunes tunisiens est total et il ne faut pas s'attendre à ce que les vagues de harragas s'arrêtent. L'Algérie, depuis au moins 11 ans, vit quotidiennement avec ce phénomène, devenu une normalité. La presse se contentant de donner les chiffres des perdus, des arrêtés, et des...morts, mais aucune solution ne vient redonner de l'espoir à toute cette jeunesse en quête de harga. 

Cette insupportable banalisation dépasse de très loin les chiffres. Il s'agit de vies humaines, de famille cassées, de parents désespérés et de disparus sans laisser de traces. Il suffit de voir le combat de Kamel Belabed, porte parole des familles de disparus dans la mer, pour être établi. La hargne de ce père de famille dont le fils a disparu en 2007 est exemplaire. Une véritable leçon de vie pour tout le monde. Malgré toutes les embûches il n'a pas cesser de chercher la vérité sur le sort de son enfant et de tous les jeunes harragas. Au fil des années, il s'est retrouvé le porte parole des "désespérés" algériens et également tunisiens. Infatigable il a fait plusieurs déplacements au pays du jasmin pour rencontrer les familles des disparus locaux. ses investigations lui avaient permis de confirmer que plusieurs harragas algériens avaient été arrêtés par les tunisiens au large de la mer et ont été incarcérés. des cas qui remontent à avant la chute de Benali et même après. Une démarche que la classe politique des deux pays n'arrive pas à assimiler. C'est une autre preuve que les rassemblements ne peuvent se faire sans l'implication des concernés, ceux qui sont loin des privilèges et des intérêts obscurs. Les cris de désespoir des "invisibles" sont trop omis pour aspirer à un avenir prospère. Un minimum d'écoute, tout en travaillant à des solutions, est nécessaire. 

Lire:

Tablette des Haltes (acte 22)

Salim KOUDIL

@SalimKoudil


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER