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A LA UNE / Reportage

LES PLAGES DE LA RÉGION PEINENT À RENOUER AVEC LE RUSH D’ANTAN

Bejaïa, une destination boudée par les estivants

Malgré ses plages et paysages paradisiaques, Béjaïa n’attire plus les vacanciers. © D.R.

La wilaya de Béjaïa, qui était dans un passé récent la destination privilégiée de nombreux touristes étrangers et nationaux, n’attire plus.

Considérée naguère comme une région touristique par excellence, eu égard à ses incommensurables potentialités, elle perd de plus en plus son lustre d’antan. Pour preuve, en cette période estivale, ses merveilleuses plages qui connaissaient des rushs d’estivants en pareille occasion, sont pratiquement désertées. L’ancienne capitale des Hammadites qui fut la citadelle du savoir et le carrefour des civilisations, voit aujourd’hui sa réputation entamée !
Étouffée économiquement par les pouvoirs publics, mal gérée par ses élus locaux, enlaidie par l’incivisme de ses habitants et boudée par ses visiteurs d’antan, la ville de Yemma Gouraya semble être livrée à elle-même.
Le comble est que même sa vocation touristique n’a pu échapper à cette forme de malédiction qui la frappe de plein fouet au point de devenir une région aussi repoussante.
En effet, au moment où des villes côtières sous d’autres cieux vivent au rythme de l’ambiance estivale, où les activités économiques, culturelles et artistiques, atteignent leur apogée, Béjaïa s’enferme dans sa tour
d’ivoire.

Des voyagistes font leur constat
Afin de mieux cerner les raisons de ce revirement de situation que connaît la wilaya de Béjaïa, nous nous sommes rapprochés de certains professionnels du secteur du tourisme.
Ainsi, Mustapha Bettache, propriétaire de l’agence de tourisme et de voyages Sarazine Tours, sise à l’arrière-port de Béjaïa, estime qu’à l’origine de cette “faillite touristique”, il y a plusieurs facteurs.
Il citera, à ce titre, la cherté de la vie, notamment le coût du séjour qui revient à des sommes faramineuses. Pour lui, les tarifs pratiqués par les hôteliers (hébergement et restauration), sont vraiment excessifs. À cela s’ajoute l’accès payant aux plages. Il y a aussi, ajoute-t-il, l’absence de voyages organisés et de circuits touristiques visant à booster la destination Béjaïa.

Impuissance et passivité des pouvoirs publics
Notre interlocuteur déplorera, en outre, que “la direction du commerce n’ait aucun pouvoir de contrôle sur les prix pratiqués par les établissements hôteliers”. Selon lui, les pouvoirs publics se montrent impuissants devant le commerce informel, les constructions illicites sur le domaine maritime, l’insalubrité… “Il y a un laisser-aller flagrant dans la gestion du secteur du Tourisme dans notre wilaya.
L’absence de volonté de développer ce secteur stratégique a donné lieu à une situation de désordre et de marasme sans précédent”, s’est-il indigné.
Les collectivités locales souffrent aussi des moyens matériels et financiers afin de mieux préparer la saison estivale, en lançant des opérations de nettoyage des plages, aménagement des accès et espaces de détente et de loisirs, mise en place des aires de jeu, des parkings surveillés, des douches et sanitaires…

L’insécurité, un sérieux problème
M. Bettache tient à soulever par ailleurs, le problème d’insécurité qui se pose avec acuité, notamment sur la côte ouest de Béjaïa, une insécurité qui rime avec l’impunité et la passivité des autorités concernées. Tels des gangsters, de jeunes chômeurs profitent effectivement de cette conjoncture, marquée par l’absence de l’autorité de l’État dans la région, pour faire la loi. Le squat des plages et des espaces publics, transformés en lieux de commerce informel, le diktat des parkingueurs qui font payer chèrement les automobilistes, le manque d’organisation, le phénomène de fermeture de routes…, sont autant de facteurs qui font fuir les touristes, estime notre interlocuteur. Selon ce dernier, une autre chose qui fait défaut chez nous, c’est la concertation et la coordination entre les acteurs concernés par le développement du secteur du tourisme. M. Bettache plaide également pour la valorisation des produits locaux, notamment ceux du terroir et de l’artisanat.

Cap sur la Tunisie, l’Égypte et la Turquie
Pour sa part, Mansour Hamadache, gérant de l’agence Jil Voyages, sise à Béjaïa, nous a affirmé que “la Tunisie, l’Égypte et la Turquie sont les destinations les plus prisées par nos clients ces dernières années. Nous avons remarqué cette année que l’Égypte attire de plus en plus de touristes algériens. Pour preuve, nous en avons déjà enregistrés pas moins d’une centaine depuis le début de la saison estivale en cours.
Néanmoins, il faut souligner que les hôtels égyptiens offrent cette année des promotions alléchantes en baissant les prix de leurs prestations”.
Pour la période de haute saison allant du 25 juillet jusqu’au 20 août, l’agence Jil Voyages affiche déjà complet pour la destination Égypte.
Un séjour de dix jours et neuf nuitées (2 au Caire et 7 à Charm El-Cheikh), dans un palace de 5 étoiles (en demi-pension), avec les frais du visa et de voyage, reviendra à 110 000 dinars par personne.
“Pour cette offre, l’agence Jil Voyages de Béjaïa enregistre une quarantaine de vacanciers Algériens pour chaque voyage”, précise M. Hamadache.
Concernant la destination Turquie, un séjour de neuf jours et huit nuitées, dans un hôtel 4 étoiles, à Istanbul, y compris les frais de visa et de voyage, avec des visites guidées, coûte 129 000 dinars.
Quant à la Tunisie, l’agence de M. Hamadache assure un voyage organisé tous les dix jours, soit trois fois par mois, en mettant à la disposition de ses clients un bus confortable (climatisation, téléviseur, musique, toilettes…), conçu pour les longs trajets.
Selon M. Hamadache, les touristes algériens, dont ceux de Béjaïa, préfèrent beaucoup plus la destination Tunisie que de passer leurs vacances dans leur pays, et ce, pour plusieurs raisons que tout le monde connaît. “Si on prend par exemple, le paramètre prix, une nuitée dans un palace de 4 étoiles en Tunisie, revient beaucoup moins cher que dans un hôtel ordinaire de Béjaïa. Sans parler de la différence flagrante dans la qualité de service, des infrastructures touristiques, de l’organisation et de la sécurité”, explique-t-il. Notons que l’agence Jil Voyages propose à ses clients qui viennent des quatre coins du pays, un séjour de six nuitées dans un hôtel 4 étoiles, à Sousse ou à Hammamet, avec les frais du transport et des excursions assistées par un guide accompagnateur, pour un prix de 32 000 DA.

Le coût et la qualité du service en cause
En Tunisie, le tarif moyen d’une nuitée pour une personne est estimé à 5 000 DA, en “all inclusive”. C’est-à-dire, une chambre single avec le petit-déjeuner, le déjeuner, le goûter, le dîner et des boissons non alcoolisées pendant toute la journée !
Par contre, à Béjaïa, le prix de la chambre individuelle dans un hôtel moyen pour ne pas dire ordinaire, dépasse, à lui seul, le seuil des 7 000 DA.
Alors que des particuliers louent clandestinement leurs appartements à Béjaïa-ville ou sur le littoral, à des prix exorbitants. Par exemple, un F3 meublé se loue à pas moins de 10 000 dinars pour 24 heures. À cela s’ajoute la cherté des produits alimentaires (viandes, fruits et légumes…) et des vêtements.
À Tichy, l’une des stations balnéaires les plus prisées dans la côte est de Béjaïa, une bouteille d’eau minérale est cédée à 150 DA ! Les parkingueurs qui agissent dans l’impunité totale, exigent des automobilistes la somme de 100 DA pour stationner leurs véhicules. Pour M. Hamadache, au-delà de la cherté de la vie, de la dégradation du réseau routier, l’insalubrité et le manque d’hygiène…, il y a un nouveau phénomène qui pousse les vacanciers des autres régions du pays à bouder la destination Béjaïa.
Il s’agit incontestablement des fermetures récurrentes des routes ! “Parfois, il nous arrive de constater que le bus qui démarre très tôt le matin de Béjaïa, arrive à sa destination, en Tunisie, alors que celui venant de M’sila n’est pas encore arrivé à la capitale des Hammadites. Et tout cela, à cause des fermetures de routes, un phénomène bien de chez nous !”, ironise notre interlocuteur, en voulant illustrer l’importance des désagréments causés aux usagers des routes menant vers la ville de Béjaïa.


K. O.

 


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