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A la une / Reportage

Reportage

De belles plages côtoient des villes hideuses

En dépit du séisme du 21 mai 2003 et des traces laissées par le terrorisme, la côte est de la wilaya de Boumerdès continue de capter un flux important d’estivants et de touristes. De Figuier à Dellys en passant par Zemmouri et Cap Djinet, un paysage féerique formé de  montagnes, de massifs boisés et de belles plages s’offre aux visiteurs. Un décor qui contraste avec l’intérieur des villes où la saleté, les constructions cubiques et le parpaing continuent de régner. Même les abords de la RN24 ont été pris d’assaut par des bidonvilles.

Pour aller vers Zemmouri on a mis plus d’une heure pour traverser la coquette ville de Figuier. Non pas à cause de barrages fixes mais ce sont des baraques installées illicitement depuis 2004 qui continuent à obstruer cette route. Des centaines d’estivants algérois habitués aux plages de Sghirat, Zemmouri ou encore Cap Djinet se disent découragés par le goulot d’étranglement de Figuier. À  Zemmouri, le terrorisme a laissé place au tourisme et… au sport et surtout à la boxe. La localité a été dégarnie de tous “ses” terroristes  et  les  nouveaux “vrais émirs” s’appellent désormais Benchabla, Flissi, Tarikat, Fellah, Touilbini pour ne citer que ceux là. “Dommage que vous les médias vous n’évoquez nos localités que lorsque vous  parlez des ‘exploits’ des ‘autres émirs’”, nous dit Hacène, un exploitant de parasols installé au bord de la plage de Zemmouri. Excepté l’entrée de la ville où les baraques et les constructions hideuses ont remplacé le bougainvillier et les petites villas aux tuiles rouges, la plage, elle, a connu un début de  développement. Le complexe touristique Adim constitue le noyau de cette évolution. Cette infrastructure, la seule dans la région affiche complet tout comme le camp de toile Farès très fréquenté par les Algérois. Côté ouest, ce sont les campings d’entreprises Batimetal, Sonatrach, SNTF et TVA qui ont ouvert leurs portes aux enfants des travailleurs. Il y avait plus de 30 sociétés nationales dans les années 90 mais seules quatre d’entre elles continuent d’offrir aux enfants quelques jours en mer. Ces centres ont échappé à la privatisation et au nouveau mode de gestion des œuvres sociales axé principalement sur les voyages à la omra. À Zemmouri El-Bahri, un important site archéologique est laissé à l’abandon. Il s’agit de la vieille ville historique de Rusubikari, actuellement Zemmouri El-Bahri.  Le site géré par le ministère de la Culture est transformé en décharge sauvage. À quelques encablures de Zemmouri, c’est le futur eldorado du tourisme qui  s’offre à nos yeux. Il s’agit de la forêt de Chouicha. Située  dans la commune de Legata, ce lieu très boisé et typique a longtemps constitué un abri pour les hordes de l’ex-GSPC.  Aujourd’hui, ce sont des familles qui le  fréquentent.  Des  professionnels du tourisme pensent déjà à y investir.  Comme Zemmouri, Cap Djinet offre le même constat. Une ville anarchique où les étalages des commerces débordent sur la route au su et au vu de tout le monde. L’ancien Courbet, jadis très encombré par les touristes, est devenu méconnaissable. L’inévitable tableau des constructions illicites non finies, propres à nos villes, est encore là. Un panorama qui tranche  avec la beauté de la plage de Cap Djinet et son nouveau port en éternelle construction. Une plage aménagée et qui offre de nombreuses commodités aux estivants. En face et à quelques mètres, deux structures touristiques achevées seront bientôt opérationnelles. Il s’agit d’une auberge de jeunesse et d’une base nautique. À quelques centaines de mètres, juste à la sortie est de la ville, la plage Mazer située au contrebas de  quelques cabanons transformés, hélas, en villas d’habitations. Au sommet,  c’est la chaîne montagneuse majestueuse de Ouled Ali qui surplombe la ville et sa plage. Cap Djinet est aussi un site archéologique qui n’a jamais été exploité. Le visiteur est irrésistiblement saisi par quelques  vestiges  historiques des époques romaine et ottomane que les constructions illicites continuent d’engloutir pour les faire disparaître à jamais. Ici, deux projets d’hôtels sont en étude ainsi qu’un magasin de mobile spécialisé en tourisme, nous affirme M. Zoulim, directeur du tourisme de la wilaya, qui nous apprend qu’un autre hôtel avec thalasso est également prévu à Sahel Bouberak dans la commune de Sidi Daoud. Encouragée par l’amélioration de la situation sécuritaire dans la région,  de nombreux citoyens de la commune comptent se lancer dans des projets touristiques. Ici on est conscient que le développement de la région passe inévitablement par l’élargissement de la RN24 qui comporte quarante ralentisseurs.  Pour le moment, les travaux ne sont signalés qu’à Boumerdès et Zemmouri. À Dellys, l’ouverture du premier hôtel de la région  Le littoral Motel  au lieu-dit les Salines vient de combler un déficit dans cette ville historique et touristique. Un autre hôtel d’une centaine de chambres et une auberge de jeunesse sont en cours de construction. Et dire qu’à l’époque coloniale, la ville millénaire disposait de trois hôtels Le grand large, Le sport nautique et Le beau rivage. À cause de la situation sécuritaire, deux hôtels implantés en plein milieu de la forêt de Takdemt dans les années 1990 ont été abandonnés.


M. T.