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A la une / Reportage

La production halieutique à Mostaganem

Entre demande permanente et dérégulation

La vétusté des chalutiers ne facilite pas le travail des marins pêcheurs. ©M. Salah/ Liberté

Outre l’exploitation des ressources halieutiques qui a atteint 10% de l’offre nationale, la wilaya de Mosta a mis à profit ses atouts pour s’ouvrir à l’aquaculture qui a connu un bel essor.

De par son vaste littoral, qui s’étend sur près de 120 km, la wilaya de Mostaganem dispose ainsi d’un énorme potentiel de production halieutique à l’instar des autres wilayas côtières qui affichent leurs richesses marines à chaque saison de pêche, prenant pour vitrine d’apparat les ports de pêche à l’image de Tipasa, Chlef, Dellys, Boumerdès, Jijel, etc. Mais Mostaganem demeure un cas assez particulier du fait de la réputation de la qualité de ses poissons servis dans les pêcheries les plus huppées qui a dépassé les “frontières’’ de la région et attire désormais les nombreux amateurs et fins connaisseurs des produits de la mer. Au point où faire un crochet dans la capitale du Dahra pour s’attabler à une bonne adresse “gastronomique” et déguster les variétés pêchées dans la matinée est devenu presque une obligation et déroger à la “règle’’ serait perçu comme un péché capital. Ceci dit, pour plonger dans l’univers des marins pêcheurs et aller à leur rencontre, il faut se lever de bonne heure, vers 4-5h, et se rendre à la halle à la marée de la Salamandre, implantée au beau milieu du port de pêche.
Dans la pénombre, une dizaine de marins pêcheurs, éclairés seulement à l’aide des lampes externes de la poissonnerie, s’agitent dans tous les sens et s’activent à procéder au déchargement de la marchandise entreposée dans les cales des bateaux de pêche durant le trajet du retour au port. Car, il n’y a pas de temps à perdre, les gros clients sont déjà là en attente de la criée, mais veulent absolument inspecter les caisses de poissons avant de mettre la main à la poche. La production halieutique a atteint à Mostaganem en 2017 plus de 10 000 tonnes de différents poissons, un chiffre dévoilé par la Direction de la pêche et des ressources halieutiques. La production de 10 000 tonnes concerne les poissons blancs et bleus, les crustacés et les mollusques à la fin de l’année 2017, soit 10% de la production nationale. Ainsi la wilaya de Mostaganem a connu, cette année, un bond qualitatif en matière de production halieutique par rapport à l’année dernière, qui a enregistré 7 100 tonnes, et ce, à la faveur de la production de poisson bleu, surtout la sardine dont la production a dépassé les 6 500 tonnes.
Et le secteur de la pêche vit ces derniers jours une certaine agitation des acteurs impliqués directement ou indirectement dans le développement de la filière, notamment l’aquaculture qui est sortie de sa léthargie pour connaître un rythme de mises en œuvre de projets assez remarquables, avec l’installation en fin de semaine dernière des infrastructures servant à fabriquer les fermes aquacoles au large de Stidia à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Mostaganem.
Ce engouement pour l’aquaculture, même s’il entre dans le cadre d’un programme national de développement de ce type d’élevage, répond surtout à des stratégies d’anticipation de la chute drastique dans la masse faunique en mer et la baisse visible de la production conventionnelle, ce qui tend à expliquer la cherté des prix des produits de la mer, y compris celui de la sardine qui oscille ces jours-ci entre 400 et 600 DA le kilogramme. Les ressources importantes des espèces pélagiques, comme la sardine, l’anchois, la sole et le maquereau qui constituent 80% de la production nationale, subissent de plus en plus la pression de la surpêche à Mostaganem.


La production halieutique de Mostaganem représente 10% de la production nationale. - M. Salah/ Liberté

Une vie de dur labeur au large
Le quotidien d’un marin pêcheur n’est évidemment pas de tout repos, puisqu’il est soumis à un rythme de travail assez soutenu et à un horaire décalé auquel le métabolisme du corps a du mal à supporter. Car, oui, aller chercher les poissons et notamment la sardine dans son milieu naturel, n’est pas une mince affaire surtout en période hivernale lorsque le temps change subitement au large. Les acteurs de la mer rencontrés sur les bords des quais du port de pêche de la Salamandre nous ont étalé, le cœur lourd, toutes les souffrances qu’ils éprouvent au moment de prendre la mer et exercer ce métier qui peine à nourrir convenablement son homme.
Car beaucoup de marins pêcheurs se plaignent de plus en plus de la raréfaction de la quantité de sardines disponible dans les fonds marins due à la surpêche pratiquée au large des côtes mostaganémoises, ce qui met en péril toute une filière nourricière de centaines de familles.
Ajoutez à cela qu’il ne faut pas oublier les contraintes et difficultés matérielles liées aux moyens de travail face à une flotte de chalutiers et sardiniers vieillissante et le coût de plus en plus élevé qu’implique la maintenance ainsi que le carburant surtout après l’entrée en vigueur de l’augmentation des prix de l’essence.
Le gasoil représente un budget de dépense important pour les patrons de pêche qui peinent à joindre les deux bouts. Les professionnels de la mer disposent désormais des abris de pêche (trois au total, à la Salamandre, Stidia et Sidi Lakhdar) aménagés pour la couture des filets avec un montant de 27 millions DA dégagé.

La sardine devenue inaccessible aux pauvres
La campagne de pêche de la sardine a été lancée le 1er mai dernier sur le littoral de Mostaganem, avons-nous appris auprès du directeur de wilaya de la pêche et ressources halieutiques, M. Toufik Rahmani. La campagne de pêche de la sardine est organisée chaque année dans la wilaya de Mostaganem durant la période d’abondance de ce produit et des conditions climatiques favorables à la pêche qui s’étalera jusqu’au 31 octobre 2018. M. Rahmani a indiqué que toutes les dispositions ont été prises pour la réussite de cette campagne, rappelant que celle de 2017 a enregistré une production de plus de 7 000 tonnes de sardines contribuant à une baisse des prix de ce poisson bleu de 500 à 200 dinars le kg.
La Direction de la pêche et des ressources halieutiques a chargé les inspecteurs de la pêche des différentes stations maritimes de Sidi Lakhdar et de Salamandre de contrôler la production lors de cette campagne surtout en juillet et août, afin de garantir la sécurité du produit et sa conformité à la taille marchande et par conséquent protéger le consommateur.
La campagne de pêche de la sardine devra concerner cette année 140 sardiniers sur un total de 238 unités de pêche réparties entre les ports de Mostaganem, Sidi Lakhdar et le port de pêche et de plaisance de Salamandre.
Il est prévu en coordination avec les services des garde‐côtes d’alléger les mesures de contrôle lors de la sortie des embarcations et des sardiniers et l’octroi d'autorisations aux pêcheurs chargés de cette campagne, a‐t‐on fait savoir.
L’entreprise de gestion des ports et abris de pêche de la wilaya de Mostaganem a réuni tous les moyens et les conditions nécessaires au profit des marins pêcheurs pour la réparation des embarcations tout en veillant à assurer le contrôle vétérinaire et des produits nécessaires dont la glace, les caisses et à faciliter le déchargement, le stockage et la commercialisation du produit. Cependant, la sardine, longtemps considérée comme le poisson du pauvre, voit aujourd’hui avec les conséquences de la surpêche, son prix décupler ces dernières années, pour osciller entre les 400 et 600 DA le kilogramme.

Reportage réalisé par : M. Salah


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