Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Reportage

Reportage

Ghardaïa prisonnière de ses vieux démons

Jamais, depuis l’éclatement du conflit entre Mozabites et Arabes dans la wilaya de Ghardaïa, le conflit n’a atteint une gravité telle que celle vécu depuis ces derniers mois. Jusque-là circonscrit dans des localités avoisinantes, notamment Berriane, et Guerrara, le conflit s’invite à présent à Ghardaïa- ville et ses nombreux quartiers populeux où se mêlent Mozabites et Arabes. L’image la plus frappante est offerte par le spectacle de destruction et de désolation qu’offre la place du marché, qui accueillait les deux communautés et les visiteurs de passage.

Désormais, plus rien ne sera comme avant, et pour longtemps : “Il y a eu mort d’homme” font remarquer les habitants de Ghardaïa et les deux communautés se barricadent, chacune de son côté, s’évitent, si elles ne s’affrontent pas.
La semaine dernière fut particulièrement sanglante et destructrice et ses répercussions devraient, selon toute vraisemblance, s’inscrire dans la durée. D’ailleurs, la venue de la délégation conduite par le Premier ministre par intérim, n’a pas apporté les réponses au problème récurrent. La seule décision prise fut la réponse sécuritaire pour parer au plus pressé, ramener l’ordre et la sécurité, sans pour autant s’attaquer aux véritables causes de ce conflit intercommunautaire, ni apporter des solutions durables aux revendications légitimes des deux communautés.
Le gouvernement a du mal à apporter une réponse à la mesure des défis qui se posent à Ghardaïa et des risques qui planent sur cette région, à la lumière de ce qui vient de se passer la semaine écoulée. Mais les deux parties en conflit n’arrivent pas, non plus, à s’entendre sur le minimum, et les derniers incidents n’ont fait qu’aggraver le fossé entre les deux communautés, rendant tout dialogue immédiat quasi impossible.
En pleine tourmente, nous avons rencontré les représentants des deux communautés pour confronter leurs thèses, en toute impartialité, et sans préjugés.

Aux sources du conflit
S’il est une chose sur laquelle les deux parties ne s’entendent pas, c’est bien les causes du conflit intercommunautaire, ce qui rend de plus en plus difficile la recherche d’une issue durable et acceptable pour les deux parties.
Pour Bouamer Bouhafs, le président du conseil de la fondation des Châambis : “Il faut demander aux gens qui sont à l’origine. Nous avons été victimes d’une agression organisée. Ce sont des groupes paramilitaires organisés, avec casques, boucliers et projecteurs. Avant de nous attaquer, ils se sont réunis, et ils avaient des objectifs.
Nous n’avons aucun problème avec le rite ibadite. Jamais un imam malékite n’a critiqué le rite ibadite. La faute leur incombe.
Par le passé, des échauffourées ont eu lieu, mais elles étaient vite circonscrites. Mais cette fois-ci, c’est prémédité. Ils ont des objectifs, des revendications. Je n’accuse pas tous les Ibadites, mais un groupe. Ce même groupe qui, il y a deux ans, avait fait un meeting devant le siège de la wilaya où il avait brandi le drapeau des révolutionnaires libyens. Cela voudrait dire ce que cela voudrait dire. Leurs notables ont, peut-être, marché pour faire passer un message disant ‘pourquoi les malékites nous traitent de kharidjites et disent que nous n’avons pas fait la Révolution ? Pourquoi les malékites monopolisent la Révolution ?’. Pour moi, la rue n’est pas une référence. Ceux qui traitent les ibadites de kharidjites sont une minorité (salafistes, ndlr). Ce groupe d’extrémistes se réclamant du MAK et réclamant la reconnaissance de l’identité ibadite, nous accuse, mais nous n’avons pas d’institution représentative comme c’est le cas pour eux (les Azzabas). Lorsqu’on nous a convoqué pour rencontrer le Premier ministre, dans le cadre de l’installation du Conseil des sages, on l’a fait à titre individuel. Le chef de leurs notables a dit qu’il pouvait donner tout de suite une liste de noms pour siéger au Conseil des sages, sans problèmes, pour faire allusion aux malékites qui, eux, ne sont pas organisés sous une institution unifiée. Nous n’avons pas d’intermédiaire avec l’administration, et c’est là où réside la différence entre nous et eux”.

“Nous nous considérons comme des citoyens, comme tous les autres Algériens”

En ce qui concerne les derniers incidents qui ont eu lieu la semaine dernière, Bouamer Bouhafs dira : “Nous n’avons fait que riposter et spontanément. On nous a attaqué dans nos maisons.” Notre interlocuteur réfutera la thèse selon laquelle cette montée de fièvre serait due à la publication de la liste d’attribution de logements sociaux : “C’est une grande supercherie. Le problème du logement se pose partout à travers le pays. Si c’était le cas, les manifestants auraient dû saccager des édifices publics, comme cela s’est fait à travers le pays.”
Je pense que les violences sont instrumentalisées de l’autre côté. Si ce n’est pas ces groupes extrémistes, il n’y aurait pas de problème. La preuve : les quartiers ibadites sont calmes. Ce sont nos quartiers qui sont attaqués. Pour lui, ce qui s’est passé à Berriane et à Guerrara serait le fait des mêmes “commanditaires” et aurait obéi au même “scénario” et d’affirmer que “les ibadites s’y attendaient. Lors de nos rencontres avec eux, certains nous disaient : ce qui est à venir est pire. Leurs notables savaient. Nous avions soulevé le problèmes des motards qui s’entraînaient. Leurs notables étaient au courant et n’ont rien fait”. Un membre du conseil, habitant le quartier de Theniet El Makhzen, le quartier le plus populeux de Ghardaïa renchérit : “Les ibadites ont eu plus qu’il n’en faut. Ils ont quatre stations FM, une radio locale exploitée à 70% par eux. Ils sont majoritaires dans toutes les assemblées élues”, avant que Bouamer Bouhafs ne tente de nuancer les propos : “Nous nous sommes acceptés. Il n’y a jamais eu de rejet d’un point de vue culturel. Beaucoup d’ibadites priaient dans des mosquées malékites” avant de pointer du doigt “un groupe qui appartient à des organisations qui veulent appliquer un agenda extérieur”.
Tout en niant une quelconque représentativité du mouvement des jeunes du Sud, il dira que “ce qui s’est passé ces derniers jours constitue une cassure. Ce n’est plus Ghardaïa. Il y a eu un allègement du dispositif sécuritaire, ce qui a encouragé ces violences. On nous a attaqués alors que nous étions dans la mosquée pour la prière du vendredi. C’était une bande organisée, les uns ont barré la route, pour empêcher l’arrivée des secours, et les autres nous ont attaqués”.
A ce moment précis (mercredi soir, ndlr), Bouamer Bouhafs, reçoit un appel : “C’est un imam qui m’appelle pour me signaler qu’une bande de motards vient de faire le plein dans une station du côté de Bouhila. Ils vont sûrement commettre une attaque, je dois alerter les services concernés.” Devant nous, il donne quelques coups de fil, avant de poursuivre l’entretien. Même s’il insiste sur le fait que ces violences soient le fait de groupes extrémistes, il affirme qu’il ne peut pas “identifier ces groupes qui foutent la pagaille”.
Cette lecture des causes du conflit est diamétralement opposée à celle exprimée par S. Slimane, un notable mozabite qui estime, lui, que les causes sont d’ordre historique, économique, social, culturel et politique. Pour lui, il y a eu “des événements annonciateurs directs de cette violence extrême. Depuis quelques années (notamment les incidents de Berriane), il y a eu un ensemble d’incidents entre les deux communautés, mais très limités. Au lieu d’assurer la prise en charge de ces incidents, qui tournent particulièrement autour du foncier, l’Etat a été absent. Les notables des deux communautés étaient, eux aussi, absents. Cette non-prise en charge explique cette accumulation qui fait qu’à un certain moment, la marmite explose.
Entre novembre et décembre derniers, la fameuse liste d’attribution de logements et de lots de terrains a engendré une tension qui était palpable. Les jeunes s’impatientaient. Cela est intervenu à un moment où Ghardaïa connaissait l’apparition d’un nouveau mouvement de jeunesse qui commençait à s’exprimer depuis les années 2000. Ces jeunes exprimaient leurs revendications claires et précises et s’imposaient au niveau local. Ce mouvement n’était pas apprécié par les décideurs et les notables des deux communautés. Ce mouvement des jeunes a fait l’objet d’intimidations, de procès. Ce qui est nouveau, c’est que ce mouvement a participé à ce que l’on appelle ‘le printemps du sud’. Le mouvement était tellement important qu’il y a eu réaction du gouvernement, à travers des mesures pour apaiser les tensions. Mais cela n’a pas marché, par ce que les promesses n’ont pas été tenues. La tactique du pouvoir était de briser ce mouvement. Ils ont attisé les tensions entre les communautés qui existent dans tout le Sud. On a eu des incidents à Illizi, Bordj Badji Mokhtar, Guerrara, et aussi entre des tribus d’El Oued et Khenchela”.
Un nouveau rapport de force est né dans le Sud et les décideurs doivent en tenir compte. Et c’est ainsi qu’il a été décidé de donner en priorité les logements et l’emploi aux autochtones.
Avec tout cela, il y a eu Ghardaïa. Ils ont attisé les tensions entre les deux communautés. Il fallait trouver la démarche pour faire exploser la tension. La provocation était la suivante : les listes d’attribution de logements sociaux. Les jeunes étaient impatients de voir ces listes. Mais la majorité arabe autochtone pensait qu’elle allait en être la seule bénéficiaire, estimant que la communauté mozabite, qui n’a jamais eu droit au logement social depuis l’indépendance, n’en faisait pas partie. Les décideurs, au regard du poids du mouvement, étaient obligés de faire une distribution à parts égales entre les deux communautés. Cela n’a pas été bien accueilli par les jeunes Arabes. Ce qui explique leur frustration et leur manifestation. Le premier incident a eu lieu la veille de l’affichage des listes. Les Arabes ont manifesté pour demander l’affichage immédiat des listes. Cette communauté voulait faire pression sur les décideurs pour reculer sur le principe d’équité entre les deux communautés. Lors de la manifestation, il y a eu caillassage de magasins de la communauté mozabite. En soirée, il y a eu pillage d’un magasin mozabite, ce qui a conduit à la grève des commerçants mozabites pour demander la sécurité.

Pour moi, le principe de quotas est un principe communautariste et non un principe citoyen. C’est une logique qui a été imposée par le pouvoir. C’est là la provocation. Quand l’Etat tombe dans ce jeu, il y a excitation de l’esprit communautaire. Ce principe est à condamner par les deux communautés. Je souhaite que tous les démocrates dénoncent ce principe qui attise les différences et les violences.
Pour revenir au mouvement du Sud, c’est la première fois que les Mozabites sortent de leur coquille, ce qui explique l’acharnement des décideurs contre cette jeunesse.
Dans cette violence, le pouvoir n’a pas joué son rôle. Il a laissé faire. Chaque fois, la force de la loi devrait être le bouclier pour briser tout élan de violence. Malheureusement, on a laissé faire. C’est pourquoi il y a eu des incidents juste après, notamment l’incendie de quatre magasins et les incidents sanglants à Ami Saïd. La police s’alliait avec une communauté, contre une autre, encourageant les jeunes Arabes à aller de l’avant, et les jeunes Mozabites se sont sentis lésés. Ceci a contribué à attiser les haines et les violences. Les responsables n’ont pas réagi de façon ferme et impartiale. Les jeunes Mozabites ont dû se défendre. Ils ont été mis devant le fait accompli.
Après la mort de quatre hommes, le dispositif sécuritaire a été rapidement levé. C’est vrai que le calme est revenu, mais il était précaire. Quand on se plaignait aux policiers, nos doléances n’étaient pas prises en charge. La communauté se sentait délaissée. Il y a eu défaillance sécuritaire, mais surtout diminution des effectifs. Certains quartiers chauds n’ont pas été gardés convenablement. Ce qui explique la reprise des violences durant lesquelles il y a eu destruction de l’ensemble des commerces de la communauté mozabite de l’avenue Didouche-Mourad, à Theniet El-Makhzen. Face à cette situation, la communauté mozabite s’est sentie obligée de réagir. Ils ont incendié quelques petits magasins, ensuite il y a eu systématiquement des incendies. La jeunesse voulait prendre sa revanche.
Ce qui est remarquable, c’est qu’il y a un commandement. La communauté arabe a toujours agi en offensive, et les Mozabites en défensive. La violence a eu lieu dans les quartiers tampons entre les deux communautés. Quelques quartiers de la communauté arabe implantés dans des cités mozabites n’ont jamais été touchés. Les jeunes Mozabites veillaient sur eux pour que les “égarés” mozabites ne les touchent pas, alors que les Mozabites habitant les quartiers arabes ont subi les menaces, sous le slogan : “Dégage !”.
Certains parlent de problème entre malékites et ibadites. Cette explication ne tient pas la route. Les ibadites avaient leurs mosquées et leurs fidèles. Les malékites aussi. Aucun n’a essayé de convertir l’autre. Au contraire, chacun respectait l’autre. Certains salafistes essaient d’exploiter la thèse des “kharidjite” pour nous discréditer.
Quant à l’histoire de barons de drogue qui seraient derrière les événements, je dirais que s’il y a drogue, elle n’est pas exclusive à une communauté. Il n’y a pas de lutte entre barons de la drogue et Ghardaïa n’est pas une place forte de la drogue. Cet argument est fallacieux, pour essayer de fuir les solutions au problème réel : il y a un problème entre les deux communautés qui a été exploité par les décideurs politiques. Quant aux autres arguments avancés, comme “la main de l’étranger”, c’est une explication “passe-partout” qui est usée par le temps.
Par contre, il y a un problème Mozabites-Arabes autochtones, pas dans le sens ethnique, mais culturel. Les Mozabites ont toujours été des sédentaires, des bâtisseurs qui ont créé la palmeraie. Il ont toujours eu cette logique de création, de travail sérieux, d’abnégation, pour faire face à la dureté de la nature. Cette spécificité mozabite n’existe pas chez la communauté arabe. Il y a une différence culturelle. Ils ont une culture bédouine et n’ont pas cet acquis historique. Cela engendre des comportements, des reflexes qui sont différents.
En Algérie, nous n’avons pas cette culture de la différence, ce qui a créé des comportements de rejet.
Dans l’histoire du M’zab, quand la communauté arabe est venue, nous avons essayé des les intégrer, mais cela n’a pas marché.
A l’indépendance, la communauté arabe a essayé de prendre sa revanche, en accaparant les rouages politiques. Beaucoup ont profité de cette situation pour tirer au maximum profit de la rente et mettre de côté la communauté mozabite, en nous disant : “Vous n’avez pas fait la Révolution”, ce qui constitue un argument fallacieux. Le Mozabite est resté le même, préférant aller créer la première zone industrielle privée du pays, en dépit du fait que l’investissement privé était mal vu du temps de Boumediene. Après le tarissement des robinets de la rente, la jeunesse arabe vivait dramatiquement les problèmes de logement, de chômage, de misère, mais cette détresse, n’a pas été prise en charge par ses tuteurs. Au lieu de s’occuper de cela, leurs représentants s’occupaient de l’informel, hormis quelques promoteurs qui ont contribué à l’effort de développement. Cette détresse de la jeunesse arabe a été orientée contre le Mozabite d’en face. C’est la cible désignée, c’est lui l’ennemi et non pas le système.

Et maintenant ?
Les deux parties campent sur leurs propres interprétations quant aux causes, réelles ou supposées, d’un conflit récurrent. Qu’en est-il des solutions envisagées par les uns et les autres ?
Pour la partie mozabite, représentée par S. Slimane, “la violence engendre la violence, et chaque fois l’Etat intervient en retard. L’ordre républicain n’a pas été respecté. L’Etat a une grande responsabilité dans ce phénomène de violence. Il faut appliquer avec rigueur la loi, maintenir les mesures d’apaisement, réagir rapidement pour faire face à la détresse des personnes victimes, des déracinés, leur assurer des logements, des aides financières aux familles, aux commerçants.
Il faut lancer un dialogue entre les deux communautés pour expliquer le pourquoi de cette violence. Je me demande pourquoi, avec tout ce dispositif, on n’a pas eu recours au couvre-feu. Il faut qu’il y ait apaisement et facilitation du dialogue, car la fracture est trop grande en ce moment pour asseoir cet apaisement, cette trêve.
Il faut que l’Etat prenne en charge les problèmes qui se posent et qui n’ont pas été résolus : problème du foncier, problèmes de routes, de plans de développement.
Il faut que les deux communautés s’acceptent mutuellement. Il faut que le droit à la différence soit accepté. Les problèmes des deux communautés ne doivent pas être utilisés pour confronter les deux communautés. C’est cette culture qu’il faudra changer. Il faut arriver à dépasser ces contingences communautaires”.
Pour Bouamer Bouhafs, la seule chose intéressante dans l’initiative du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, concerne l’installation d’un conseil commun des notables. Ce dernier n’est toujours pas installé. Quant au refus de dialoguer avec les notables mozabites lors de la venue de la délégation conduite par Youcef Yousfi, il dira que “nous ne pouvons pas nous asseoir à la même table le jour même où nous avions eu le décès de trois des nôtres”. Ceci dit, il affirme que la délégation arabe a demandé au Premier ministre par intérim que la répartition du dispositif de sécurité soit faite de façon équitable. Tout en disant attendre la concrétisation des mesures prises, notamment la mise en place du nouveau dispositif sécuritaire, le représentant de la communauté arabe s’est félicité de l’apaisement relatif qui règne à Ghardaïa, mais reste intransigeant : “Si on n’arrête pas ces commanditaires et ceux qui dirigent ces groupes, on ne règlera pas le problème de Ghardaïa. Lors de l’entrevue avec le Premier ministre, ce dernier a dit : nous avons réglé le problème de Tiguentourine en 24 heures.
Certes, il a dit que l’Etat n’utilisera pas la force contre ses citoyens. Nous n’entrons pas dans le travail de la justice. Nous demandons notre droit. Ce n’est pas pour apaiser les choses qu’on arrête des gens. Nous estimons que nos jeunes n’ont fait que défendre leurs quartiers. Lors de l’enterrement des trois victimes, il y a eu 30 000 personnes qui ont marché dans le calme. J’ai lancé un appel aux imams pour demander aux jeunes de ne rien faire. Nos jeunes ont démontré un degré de maturité. Les imams ont tous appelé au calme et à la non-vengeance.
Pour moi, la solution n’est pas pour aujourd’hui. Il faut dénoncer les coupables, s’attaquer aux groupes de déstabilisation. Comment voulez-vous que les notables mozabites et malékites s’assoient autour d’une table alors qu’un groupe d’extrémistes continue d’activer ? Il faut que tout le monde, surtout ceux d’où partent ces groupes extrémistes et vers où ils se replient, les dénoncent. Ce sont des centaines. L’Etat a tous les moyens de les identifier. Nous ignorons pourquoi il ne le fait pas”.
Ghardaïa renoue prudemment avec le calme, mais sous les cendres couve toujours la braise.


A. B.