Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Reportage

La ville de Tin-Hinan perd de son attraction

Insalubrité ambiante, réseau routier défectueux et manque d’éclairage

S’il existait un prix de la "saleté", il serait certainement décerné à la ville de Tamanrasset qui se trouve dans une insalubrité indescriptible. De toute façon, les qualificatifs ne semblent pas suffire pour décrire l’état dans lequel se trouve la majorité des quartiers de la capitale de l’Ahaggar.

La saleté accablante est devenue un spectacle tellement courant que l’on a fini par s’en accommoder. De quelque côté qu’on tourne le regard, nous constatons l’importance du phénomène des décharges anarchiques qui ternissent l’image de toute la ville, hormis les itinéraires empruntés par les officiels qui sont jusque-là épargnés. Aux quartiers Assoro, El-Ouiam, Guetaâ El-Oued, In Kouf et Tafsit, l’on se croirait dans un centre d’enfouissement. Des quartiers quasiment envahis par les détritus. Des tourbillons de sachets en plastique et de papiers se forment à un simple souffle du vent aux exhalaisons pestilentielles. Une puanteur insupportable et écœurante s’y dégage. Ce qui favorise davantage la prolifération d’insectes nécrophages et de mouches qui virevoltent autour d’une inqualifiable saleté. Bref, c’est une sérieuse menace pour la santé publique. "Les éboueurs ne font pas leur travail. Ils ne respectent pas le programme de ramassage. Les déchets, putrifiés par la chaleur, sont partout dans notre quartier, et les odeurs qui s’en dégagent constituent une réelle menace pour notre santé. On évolue dans une saleté éprouvante sans pour autant que cela inquiète les services compétents", déplore un habitant de la cité El-Ouiam qui regorge d’immondices. Les habitants, interrogés à cet effet, sont unanimes à déclarer que le laxisme des services de voirie et l’inaptitude des autorités locales à venir à bout de cet épineux problème ont sérieusement aggravé la situation.

L’incivisme et le laxisme font bon  ménage !
Toutefois et poussant la simplification jusqu’à son expression irréductible, le président de l’Assemblée populaire communale de Tamanrasset, Ben Malek Ahmed, nous dira que cette situation est due à "l’incivisme des habitants qui jettent leurs déchets à tout-va et à n’importe quel moment. La propreté de la ville doit être le souci de tout le monde, pas uniquement de l’APC. Cependant, ce n’est pas le cas, puisque nos éboueurs sont confrontés quotidiennement à des situations épineuses engendrées par l’ingratitude des ménages inciviques, malgré les appels de sensibilisation lancés sur la radio locale et par le biais des associations de protection de l’environnement. Le pire est que les caissons servant de dépotoir que nous avions mis dans chaque quartier sont soit incendiés, soit volés par des particuliers pour d’autres usages". Théoriquement, le parc communal est doté de moyens matériels et d’un effectif suffisant pour gérer le ramassage d’ordures de toute la ville de l’Ahaggar, scindée en 23 quartiers. Une carte de nettoyage par secteur, associée à un programme de ramassage bien défini, a été établie sur recommandation du premier responsable de la wilaya, qui avait dès son installation, en 2010, réuni les entrepreneurs et les présidents des associations pour les sensibiliser à l’ampleur de ce phénomène et, du coup, trouver une solution. "Cependant, et face à l’incivisme du citoyen, nous n’arrivons pas à exécuter notre programme, et la répartition de secteurs en sous-secteurs a encore davantage exacerbé le problème, pour nous retrouver dans une situation de manque en matière de moyens humains et matériels. Pour nettoyer un quartier, il nous faut parfois toute une journée car, outre le travail habituel de collecte, les éboueurs se trouvent contraints de ramasser les déchets déversés çà et là par les chiffonniers et les enfants de la décharge, des Subsahariens en résidence illégale sur le territoire de la wilaya pour la plupart. Ce qui rend la tâche plus ardue. Les ménages sortent leurs déchets à n’importe quelle heure. Parfois, on les jette de la maison sans respecter le lieu désigné à cet effet et où l’on a placé des poubelles que l’on trouve quasi vides au moment du ramassage", explique un autre responsable municipal, non sans faire remarquer qu’"en 2007 nous avions placé plus de 100 poubelles dans les différents coins et recoins de la ville afin de garder l’environnement plus sain. Au bout de trois jours, nous n’en avions trouvé aucune. Tenez-vous bien, on les avait toutes détournées pour les utiliser comme réservoirs d’eau. Actuellement, il nous est difficile de satisfaire la demande sans cesse grandissante en matière de nettoyage. Mais nous continuons à travailler d’arrache-pied pour assurer tant bien que mal notre besogne".

Dégradation du maillage routier !
Hormis les quelques itinéraires empruntés par les officiels et les hôtes étrangers, les rues et venelles de la ville de l’Ahaggar semblent en perpétuel chantier caractérisé par de continuelles réfections. Le réseau routier se trouve dans un état de dégradation avancé, ce qui n’est pas sans susciter la colère des automobilistes qui ne cessent de déplorer cette lamentable situation. Il suffit de faire un petit tour aux quartiers El-Ouiam, In Kouf, Amechouen, la cité 5-Juillet et pis encore au centre-ville pour confirmer cet état de fait. Il est en effet difficile de slalomer entre nids-de-poule, crevasses et ornières qui parsèment toute la chaussée. Dans certains endroits, la circulation automobile est quasi impossible. "Les routes sont devenues presque impraticables depuis le transfert d’eau In Salah-Tamanrasset et le début des travaux de raccordement de la ville au réseau du gaz naturel. Le maillage routier a subi une dégradation frappante accentuée par le laxisme des autorités locales, qui n’ont toujours pas trouvé de solutions, ne serait-ce que provisoires, à cette situation qui affecte aussi les piétons, contraints parfois à faire le pied de grue pour traverser la route embourbée et submergée d’eau qui fuit du réseau AEP. C’est dire que les travaux engagés ont été réalisés dans une anarchie qui laisse comprendre qu’aucun contrôle ni suivi n’ont été faits, si l’on tient compte de l’état des routes qui sont, à certains endroits, carrément défoncées. C’est une véritable galère. Un véritable calvaire pour les usagers qui ont à l’emprunter quotidiennement", se lamente un automobiliste. Les usagers se sont accordés à dire que "les interminables fuites d’eau, qui éclatent à chaque pompage, ont un effet dominos sur le réseau qui a subi de graves dégradations". Selon l’édile municipal, "la dégradation du réseau routier est principalement due au manque de concordance entre les différents intervenants, en l’occurrence l’ADE et Sonelgaz, qui effectuent des travaux sans la remise en l’état devant pourtant être faite avant fin 2010. Effectivement, la ville est devenue un immense chantier, notamment depuis le lancement des travaux de réalisation du nouveau réseau AEP et celui de gaz de ville où seule deux entreprises réalisatrices ont eu la mainlevée sur huit. Toutefois, le problème soulevé ne concerne pas uniquement la remise en l’état des travaux, mais aussi le non-respect des clauses du marché dont l’APC endossera infailliblement la responsabilité et les conséquences". Pour remédier à cette situation, le P/APC, M. Benmalek, a assuré que "deux opérations de réfection et de revêtement sont inscrites cette année dans le cadre du plan de développement communal et du budget d’équipement, en plus de l’enveloppe financière allouée à cet effet par la wilaya dont le montant est estimé à 1,3 milliard de centimes. Une opération d’aménagement global est également prévue pour l’année 2013-2014, après l’achèvement de tous les travaux engagés". Rétorquant à ces allégations, le directeur de la distribution d’électricité dans la wilaya, Djouadi Mohammed, a tenu à expliquer : "Nous avons réalisé 360 km de canalisations de gaz propane. Impérativement, nous avons touché au réseau routier. Mais la majeure partie des travaux sont réalisés soit sur les trottoirs, soit au bord de la route, hormis quelques traversées de route qui ont été remises entièrement à l’état initial avec du bitume. Nous jugeons que ce n’est pas une urgence de tout remettre à l’état initial parce que le réseau doit subir des essais pour s’assurer de sa fiabilité. Ce qui est à savoir en revanche est que Sonelgaz n’est pas le seul intervenant, et nous ne voulons surtout pas qu’on soit indexé et qu’on nous tienne pour responsables du délabrement du réseau routier. On doit savoir aussi que nous avons préconisé certaines mesures, en collaboration avec les services de l’APC, concernant la bonne exécution des travaux réalisés par l’entreprise contractante, qui assure la remise en l’état initial à sa charge, afin qu’elle soit payée."

L’obscurité publique !
à la tombée de la nuit, plusieurs quartiers de la ville légendaire de Tin-Hinan sombrent dans l’obscurité et le noir, à cause du manque de l’éclairage public. La ville imprimée par la monotonie perd ainsi de son animation nocturne en raison du sinistre voile imposé par la nuit aoûtienne. à en croire le P/APC, une cagnotte de 1,5 milliard de centimes a été rognée du budget communal pour prendre en charge les projets d’extension et de réparation du réseau d’éclairage public, prévus dans les quartiers Tahaggart-Est, Amechouen, Guetaâ El-Oued, Assoro, Sersouf, El-Kseur, In Kouf et la cité 5-Juillet.


R. K.