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A la une / Reportage

Ouled Yellès (Sétif)

La fermeture du hammam paralyse la région

Hammam Ouled Yellès, une structure touristique et thermale abandonnée. © D.R

Depuis 2013, les habitués de la station thermale s’interrogent sur la prochaine réouverture du complexe, fermé, qui tombe dans la décrépitude.

Au grand dam des curistes de Sétif et des wilayas avoisinantes, le complexe de Hammam Ouled Yellès, appelé communément Hammam Griche, à 24 km au sud-ouest de Sétif, datant des années 1980, est depuis le début de l’année 2013, fermé. Les emplois d’une cinquantaine de personnes sont, depuis cette date, compromis. Dans ce village, où les visiteurs viennent pour se détendre et se ressourcer, l’activité commerciale a été paralysée. Des transporteurs ont déclaré faillite. Et pour cause : cela fait plus de 5 ans que la station thermale de Hammam Ouled Yellès n’a plus d’eau thermale. La région ressemble à un désert. Le parking, qui, dans un passé récent, grouillait de véhicules, est vide. Le portail du complexe est condamné avec un cadenas. À l’intérieur, la structure est dans un état lamentable. Outre les habitants de la région, des citoyens qui avaient l’habitude de s’y rendre, notamment pour des cures, ont pris attache avec notre rédaction pour dénoncer le mutisme des autorités de wilaya, notamment la Direction du tourisme. Ils tirent la sonnette d’alarme en interpellant le wali ainsi que le directeur du tourisme pour intervenir dans les plus brefs délais et sauver ce qui peut l’être. “Je suis malade, et les médecins m’ont conseillé d’aller régulièrement à ce hammam, dont les vertus de ses eaux sont connues. Cette station est la plus proche de chez moi. Une à deux fois par semaine, je me rendais à Ouled Yellès. C’est pratique et ce n’est pas cher. Cependant, cela fait presque 6 ans que le complexe est fermé. À travers les colonnes de votre journal, je veux m’adresser aux responsables pour les sensibiliser afin qu’ils bougent”, nous dira Abdelkrim, un habitué de ce hammam. Selon les informations en notre possession, les intempéries du début de l’année 2013 ont endommagé les canalisations. Ces dernières sont obstruées par le sable et la boue et toutes les opérations de réparation sont restées vaines. Le manque à gagner, causé par la fermeture, s’élève à plus de 3,5 millions de dinars. En 5 ans, l’APC de Mezloug relevant de la daïra de Aïn Arnat n’a pas pu faire grand-chose pour rouvrir le hammam, qui compte 30 chambres, dont 10 individuelles, et 2 piscines d’une capacité de 60 personnes chacune. Le bassin collectif réservé aux hommes peut contenir jusqu’à 50 personnes, alors que les boxes réservés aux femmes ne désemplissent pas. Dès 5h du matin, le complexe qui est la principale source de financement de la commune est chaque jour pris d’assaut. La station est particulièrement fréquentée par les personnes atteintes d'affections rhumatismales et dermatologiques. Il est à noter que les eaux à 40° de Hammam Ouled Yellès sont très riches en chlorure de sodium. Elles sont indiquées pour certaines maladies dont, notamment, des maladies de l'enfant, à savoir l’hypotrophie et les affections respiratoires, des affections du système nerveux central et périphérique, ainsi que la rééducation physique. Une moyenne de 500 personnes qui viennent de Sétif et des wilayas limitrophes s’y rendaient chaque jour, notamment le week-end, les jours de congé et la période des vacances scolaires. Au parking, on trouvait des voitures et des bus immatriculés à Alger, Constantine, Mila, M’sila, Biskra, BBA... Depuis 2013, les habitués de la station thermale s’interrogent sur la prochaine réouverture du complexe, fermé, qui tombe dans la décrépitude.
Le dossier relatif à l’élaboration d’études géophysiques et de forages, afin de trouver une solution définitive à ce problème qui perdure depuis plusieurs années, aurait été classé pendant plusieurs mois. Plusieurs forages réalisés par l’APC en 2013 n’ont pas réalisé les résultats escomptés, ce qui a découragé les responsables de l’hôtel de ville durant le mandat écoulé. L’eau était froide dans deux forages et la terre n’était pas ferme dans d’autres. L’absence d’une protection des inondations a compromis les objectifs tracés. L’actuelle assemblée a décidé de prendre au sérieux le problème pour ouvrir le complexe dans les plus brefs délais. En effet, c’est ce qui a été confirmé par le premier responsable de l’hôtel de ville. Dernièrement, la mairie a saisi l’Agence nationale des ressources hydrauliques, un organisme spécialisé dans les forages, sondages, construction de puits, travaux de réseaux et constructions hydrauliques dont le siège est situé à Constantine pour une étude et réalisation d’un forage qui pourrait mettre fin à l’arrêt du complexe et du coup en finir, une fois pour toutes, avec le calvaire qu’endurent tous les acteurs et intervenants au niveau du complexe thermal, et qui étouffe le village. Selon le président de l’APC, M. Beggag, le choix du terrain pour l’implantation d’un nouveau forage a été fait à une centaine de mètres de l’ancien forage. “Les ingénieurs et techniciens nous ont confirmé que cette fois-ci, les chances de tomber sur la bonne source sont grandes”, nous dira notre interlocuteur. Mieux encore, le président de l’APC qui semble être pressé de rouvrir le complexe afin d’exploiter cette ressource dont les potentialités peuvent être élargies pour rentabiliser davantage le site, a indiqué en exclusivité à Liberté que des bienfaiteurs se sont manifestés pour dire qu’ils sont prêts à mettre la main à la pâte pour la réalisation du forage. “Je ne vous cache pas, l’assemblée a consacré 1,4 milliard du budget pour la réalisation du forage, cependant nous avons eu des promesses de bienfaiteurs qui veulent participer à la réalisation du projet.” En réponse à une question de Liberté sur l’état de la structure abandonnée depuis six ans et une éventuelle opération de réhabilitation, le maire a tenu à préciser que la municipalité a dernièrement réservé une enveloppe d’un montant de 2 milliards de centimes. La Direction du tourisme, celle de l’hydraulique et les organismes censés prendre en charge les dossiers d’investissement au niveau de la wilaya, le Calpiref, sont encore une fois interpellés pour sauver ce qui peut l’être encore en encourageant davantage les investisseurs à réaliser des stations thermales au niveau du village à l’instar de la région de Hammam Sokhna, au sud de la wilaya, où les complexes et stations poussent tels des champignons.


F. S.

 


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