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A la une / Reportage

Les Constantinois et les vacances

La grande évasion des aoûtiens

Les estivants investissent les plages. ©D. R.

Le huitième mois de l’année est traditionnellement la plage de temps que préfère, en général, la majorité des Algériens pour prendre leur congé annuel. Il en est de même pour les Constantinois qui privilégient, eux aussi, le farniente aoûtien.

Des rues relativement vides, un trafic routier plutôt fluide, beaucoup moins d’embouteillages qu’au mois de juillet, des commerces qui ont baissé le rideau affichant “Fermeture pour cause de congé annuel”, des cabinets médicaux également, marquent le quotidien suffoquant de chaleur et plombant la cité. Perchée sur son vieux rocher, l’antique capitale numide semble plus proche de l’enfer en cette période de l’année car point de fraicheur ni bruissement d’un quelconque doux ruissellement d’eau. C’est qu’ici, on peine encore à dépoussiérer les projections d’équipement en piscines et parcs de villégiature, toujours prisonnières des tiroirs des édiles locaux. Mais où sont passés ces âmes qui peuplent la ville onze mois durant ?

Destinations de prédilection
Si proche pour les uns, la grande bleue en tant que destination de prédilection des Constantinois, ne l’est pas pour les moins nantis en quête de la moindre opportunité pour s’offrir une bronzette. Entre mer et montagne, destinations étrangères et tourisme urbain, le choix est tributaire du budget. Pour les familles, l’alibi des enfants prête à tous les sacrifices. On s’endette s’il le faut mais pas question de priver les bambins des plaisirs de la mer. Mer qui se conjugue en destination pour les familles constantinoises préférant la proximité des plages de Skikda, Annaba, Béjaïa, Jijel et El-Kala. “Chaque année, je passe mes vacances avec mes enfants à Skikda. C’est tout près, il y a de belles plages et les enfants sont très contents. J’y passe 15 jours mais je ne vous cache pas, tout est cher là-bas, voire même exagéré mais je n’ai vraiment pas le choix, j’ai pas encore les moyens qui me permettent de partir à l’étranger” nous dit Aziz, un père de famille tout juste rentré de vacances.  Pour Kaoutar, 26 ans, la destination préférée de sa famille est la Coquette, Annaba. Cette employée d’une agence immobilière affirme qu’elle vient de passer de très bonnes vacances dans cette ville aux eaux turquoises. “La mer est agréable, il y a une très bonne ambiance dehors, c’est la troisième année consécutive que nous passons nos vacances à Annaba et j’aimerais bien y retourner l’année prochaine”. Nabil, 32 ans, installé depuis 4 ans au Canada raconte ses vacances passées entre amis au bled et qu’il qualifie d’inoubliables. “Nous avons choisi une plage pas très fréquentée à Oued Z’hor, un paradis situé entre Skikda et Jijel, très riche en végétation, des galets et des rochers magnifiquement sculptés, du sable fin, des eux transparentes et propres à longueur de journée. Nous ne voulions surtout pas louer un appartement comme font la majorité des gens qui vont à Oued Z’hor. Tentés par l’aventure, nous avons donc opté pour le camping sauvage. Entre pêche, randonnée, et petites balades en barque que nous avons louée, nous avons eu la chance de découvrir plusieurs petites plages merveilleuses, et surtout vierges, c’est une expérience que je n’oublierai jamais. Ça m’a fait oublier tout le stress de Montréal”.
Une formule en plein essor

“Émergent”, le tourisme local est de plus en plus répandu chez les classes moyennes des grandes villes comme l’atteste une forte tendance chez les Constantinois, qui se dirigent vers la location chez des particuliers. Appartements, villas, où bungalows en location en bord de mer, sont prisés ces dernières années car en dépit des tarifs parfois exorbitants, la facture pour une famille moyenne est moins salée que celle d’un séjour dans un établissement hôtelier. Une pratique qui fonctionne grâce au bouche à oreille pendant un certain mais qui est en train de prendre une forme plus ou moins “officielle” puisque les vacanciers peuvent, désormais, s’informer sans peine ou prendre attache avec les propriétaires qui n’hésitent plus à placarder des annonces un peu partout dès l’approche de l’été.
De retour de vacances, des Constantinois ayant opté pour cette formule estiment que les prix de location ont augmenté de 20%. “L’année passée, j’ai loué un étage d’une villa à Skikda à 7 000 dinars la nuitée, cette année le propriétaire m’a demandé 9 000 dinars, en plus, tout est cher dans cette ville, la nourriture, le transport et les prestations de services  portant pas pas au top. Je ne pense pas y revenir encore une fois” nous raconte Samy.
Un constat que partage Hanane, une maman de 3 filles : “Mon mari est moi avons loué un appartement près de la mer à Jijel à 5 000 dinars la nuit, c’est cher pour deux simples fonctionnaires mais on n’a pas le choix, on est obligé de faire ce sacrifice pour les enfants en gardant un œil sur ce qui nous attend car l’Aïd et la rentrée scolaire sont déjà là mais les petites ont aussi besoin de vacances”.

Des hôtels hors de portée
En ce qui concerne les hôtels, de moins en moins fréquentés par les Constantinois, les prix restent hors de portée, où une seule nuitée dans un hôtel en bord de mer à Skikda peut atteindre 36 000 dinars. Idem pour les hôtels de Béjaïa et Annaba, où les prix appliqués restent très élevés alors que les services proposés laissent à désirer. Une chambre double dans un hôtel à Annaba revient à 17 000 DA, si l’on fait le calcul, un séjour d’une semaine d’une famille composée de 4 personnes peut coûter plus de 20 millions de centimes. Une option peu évidente pour les couches moyennes, acculées pour la troisième année consécutive en raison de la coïncidence de la saison estivale avec le mois de Ramadhan, la rentrée scolaire et l’Aïd El-Adha.

L’arnaque au rendez-vous
D’autre part, les mauvaises surprises ont été également au rendez-vous. Les arnaques et les escroqueries font notamment partie des mauvais tours que le mois d’août peut réserver aux vacanciers. En effet, plusieurs familles constantinoises ont fait face à de nombreux problèmes une fois arrivées sur les lieux choisis pour leurs vacances. Arnaqué par un propriétaire d’une villa à El-Marsa, Mourad raconte le calvaire qu’il a vécu avec sa femme et ses 3 enfants : “J’ai loué une villa auprès de son propriétaire qui n’est autre que le gendre d’un voisin, j’ai tout payé au mois d’avril et une fois arrivé, j’apprends que je ne suis pas le seul, 3 autres familles ont loué la même villa dans la même période allant du 31 juillet au 14 août, j’ai essayé de joindre le propriétaire. En vain. Du coup j’étais obligé de rentrer chez moi”, nous dit-il, furieux. De son côté, Nassim a été surpris, dès son arrivée à Skikda, par l’état lamentable de la maison qu’il avait louée quelques jours auparavant : “Ce n’est pas ce que j’ai vu sur les photos, cette maison est complètement abandonnée et est très éloignée de la plage contrairement à l’annonce. Je ne peux pas m’aventurer, et donc j’ai préféré rentrer à Constantine.”    

Excursion à la plage…, la solution ?
Organisées par des associations de quartiers ou par des particuliers, les excursions sont programmées presque chaque week-end de façon spontanée dans la plupart des citées de Constantine, à un prix couvrant uniquement les frais de transport, cette formule n’attire le plus souvent que les jeunes adolescents ou quelques familles nombreuses. Mehdi, âgé de 12 ans seulement, n’a raté aucune excursion depuis l’ouverture de la saison estivale. “Depuis la fin du mois de Ramadhan, notre voisin organise des excursions à Collo et à Skikda chaque week-end, tous mes amis y prennent part, nous passons d’agréables moments sur la plage et il y a même des familles entières, en plus ce n’est pas cher, ça ne dépasse pas 500 DA”, se réjouit-il. Cette formule reste néanmoins pas très souhaitée par de nombreuses familles, car selon Zahia, une maman de 2 garçons, “ce n’est pas confortable, on n’est pas tranquille, en plus on est limité par le temps”, nous dit-t-elle.  

Vacances à l’étranger : les nantis s’y bousculent
Pour les familles aisées, passer ses vacances sous d’autres cieux est primordiale, non pas parce qu’ils n’estiment pas leur pays mais plutôt par rapport à la cherté et à la mauvaise qualité des services. La Tunisie, la Turquie, l’Egypte, le Maroc et les destinations asiatiques telles que la Malaisie et l’Indonésie demeurent les destinations prisées des Constantinois nantis. “Pour cette saison, toutes les destinations ont affiché complet. Notre agence a reçu de très fortes demandes, notamment pour la Tunisie et la Turquie. D’ailleurs, nous avons, déjà, induit une demande pour l’année prochaine”, nous dit Nasreddine Abdedaim, directeur de l’agence de voyages et de services Numidia. Concernant la Tunisie, la destination phare des Constantinois, notre interlocuteur dira : “En dépit des augmentations des tarifs qui ont atteint 30%, avons quand même enregistré le même nombre de demandes que l’année dernière pour la Tunisie et aurions pu avoir une hausse de 50%, si les tarifs de l’année passée avaient été maintenus”, affirme-t-il.
Par ailleurs, interrogé sur la polémique survenue il y a quelques jours à propos de familles algériennes qui se sont faites expulsées dans certains hôtels en Tunisie, M. Nasreddine Abdedaim affirme que “ce genre d’incident peut survenir dans n’importe quel hôtel, ce problème existe depuis toujours, il suffit juste que l’agence de voyages prenne ses responsabilités envers son client pour les choses rentrent dans l’ordre dans les minutes qui suivent. Je crois que ces incidents ont été amplifiés par les médias”. Amine, un commercial d’une autre agence de voyages qui a pignon sur rue au centre-ville de Constantine confirme que la demande pour les destinations extérieures est la même par rapport à l’année passée, notamment pour l’Indonésie et la Malaisie dont les tarifs sont au-dessus de 190 000 DA par personne, selon le type de chambre. Pour la Tunisie, cette agence propose en promotion, un séjour de 7 jours/6 nuitées dans un hôtel 3 étoiles à Hammamet Sud, à 36 999 DA par personne et annonce qu’entre le 2 et le 9 septembre prochain, un séjour de 8 jours dans un hôtel 4 étoiles à Istanbul coûtera 115 000 DA pour une chambre double et 145 000 DA pour chambre single.   

Réalisé par : Iness Boukhalfa


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