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A LA UNE / Reportage

Terga (Aïn Témouchent)

La plage au sable fin, destination privilégiée des estivants

La résidence touristique sous la forme d’un car-ferry en cours de réalisation. © D.R.

Ain Témouchent, notamment sa plage Terga, ambitionne, grâce aux projets d’investissement dans le secteur, devenir une véritable destination touristique.

Avec ses 19 belles plages autorisées à la baignade qui s’étalent sur une façade maritime de plus de 80 km, la wilaya de Aïn Témouchent jouit d’un avantage précieux grâce à ce don de la nature qui pourrait la hisser au rang d’une véritable destination touristique pour peu qu’il y ait cette volonté politique qui permettra de la traduire concrètement sur le terrain afin de faire du tourisme une réelle alternative au pétrole et qui malheureusement ne demeure pour le moment qu’un vœu pieux. Pour preuve, nos plages, malgré leur beauté, sont loin de répondre aux exigences d’une clientèle qui préfère d’autres destinations. Les autorités locales n’arrivent toujours pas à garantir au simple citoyen un accès gratuit à la plage et ce, à défaut d’offrir les conditions de séjour à ceux qui sont prêts à mettre les moyens financiers. Les raisons sont multiples. Notre virée du côté de la plage de Terga (ex-Turgot), à 7 km de la commune mère à 30 km du chef-lieu de la wilaya de Aïn Témouchent, nous a renseignés sur les efforts consentis par les autorités pour accueillir les estivants issus des wilayas limitrophes, en majorité de Sidi Bel-Abbès, Oran et Saïda. Avec ses 800m de long et ses 50m de large, la plage de Terga est considérée comme la plage la plus populaire puisqu’elle est bondée depuis l’ouverture de la saison estivale. Dès notre arrivée, nous étions attirés par l’état des routes retapées à neuf. Un point noir éradiqué au grand bonheur des automobilistes. Autre satisfaction, les douches et les vespasiennes ont été confiées aux jeunes et sont utilisées par les estivants au dinar symbolique. Le sable fin qui a fait l’objet d’une vaste opération de nettoyage à la cribleuse garde toujours sa couleur dorée. Des associations écologiques volontaires en coordination avec les services d’hygiène communaux veillent à sa propreté. ‘‘Nous sommes satisfaits des conditions d’hygiène et de propreté de cette plage pourvu que les actions entreprises gardent la même cadence jusqu’à la fin de la saison estivale’’, nous dira Lahcen, un des estivants de Sidi Bel-Abbès attablé sous un solarium les pieds dans l’eau. ‘‘Nous sommes des habitués de la plage de Terga. Cette année nous avons constaté une amélioration. La route en est la meilleure preuve’’, ajoute-t-il. Pour les retardataires qui veulent passer leurs vacances, aucun cabanon n’est disponible à la location et ce, même au prix fort. Selon certains riverains, la location des cabanons tourne autour 8 000 à 15 000 DA la nuitée.

Les solariums illégaux, véritable casse-tête chinois
Si le prix d’une place de stationnement est fixé à 100 DA, chose que les automobilistes trouvent sensée bien qu’il ne s’agisse pas d’un parking au sens propre du mot réservé à cet effet, étant donné que même les rues et ruelles sont squattées par les parkingueurs adjudicataires, le diktat imposé par les plagistes, en étalant leurs solariums sur toute la longueur de la rive utilisant la limite même entre l’eau et le sable, ne laisse aucun espace aux estivants qui ne peuvent ou ne souhaitent pas louer un solarium dont le prix varie entre 800 et 1 200 DA pour la journée. Ce prix est revu à la baisse dans la soirée. Ainsi, donc des espaces de sable sont squattés au mépris de la loi et des menaces ont été proférées par Mme la wali face aux P/APC de réquisitionner les services de sécurité pour se débarrasser de ces solariums par la force. Jusqu’à l’heure actuelle, contrairement à la wilaya de Mostaganem où les autorités locales ont déclaré une véritable guerre pour éradiquer ce phénomène qui agace les  estivants, celles de Aïn Témouchent ont encore une fois montré leur impuissance. ‘‘Je crois que c’est une autre saison estivale ratée face à ce phénomène qui dénote l’absence de volonté de la part de l’autorité qui s’est limitée à des déclarations relayées par un tapage médiatique sans résultat sur le terrain puisque le dernier mot est revenu aux plagistes encouragés par une complicité qui ne dit pas son nom’’, s’est emporté le père d’une famille venue de Saïda qui a trouvé du mal à se procurer un petit espace pour planter son parasol.  

Le complexe touristique M’hiddine, une fierté de la plage
L’animation est assurée à la plage de l’ex-Turgot avec ses commerces, saisonniers, restaurants, crèmeries, cafétérias… notamment à la tombée de la nuit où des soirées artistiques ont été programmées par la direction de la culture et celle de la jeune et des sports pour offrir aux estivants des moments de détente.
Terga-plage, qui draine chaque année des milliers d’estivants toujours plus exigeants, a été choisie cette année pour servir de modèle aussi bien sur le plan de la qualité des services que sur celui des aménagements. Pour preuve, le complexe touristique M’hiddine qui se trouve à moins de 100 m du bord de la plage ne peut laisser indifférent le promeneur.
Lancé par les frères Benchaâbane, le complexe est un véritable bijou qui est en train de pousser juste à proximité du premier. Il s’agit d’un projet public-privé portant sur la réalisation d’une gigantesque résidence touristique sous la forme d’un car-ferry en R+8 sur une superficie de 4000 m2, d’une capacité d’accueil de 650 lits sous forme de chambres, appartements de 3 et 5 pièces ainsi que des suites en plus de plusieurs centres de cures de rééducation fonctionnelle, de réadaptation pour ceux qui traînent les séquelles d’un AVC, victimes d’accidents de la route ainsi qu’un centre de thalassothérapie destiné aux sportifs et autres. Larbi Benchaâbane, l’un des frères, nous confiera : “Nous visons le développement du tourisme domestique afin de pouvoir participer à fixer les trois millions d’Algériens qui traversent nos frontières vers les pays voisins, la Turquie et les pays méditerranéens. Mais aussi médical, puisque nous sommes capables de prendre en charge 25% des assurés qui sont transférés à l’étranger pour des soins payés en devises. Actuellement, il n’existe aucun centre de ce type au niveau national. C’est pourquoi nous interpellons les pouvoirs publics pour un accompagnement.”

L’investissement touristique face à la réalité du terrain
Malgré sa volonté et son engagement pour participer au développement du tourisme, cet investisseur fait face à certains obstacles bureaucratiques et autres qui risquent de chambouler ses objectifs. Persuadé que pour retenir une partie de cette clientèle il faudra lui offrir ce qu’elle trouve ailleurs en lui proposant des prix attractifs, la qualité de service et surtout la quiétude.
Or pour y parvenir, selon lui, il faut que l’environnement immédiat des structures d’accueil réponde aux exigences de la clientèle. Il nous montre une “baraque” appartenant à un citoyen et qui contraste avec la beauté du site que les pouvoirs publics demeurent incapables de démolir en contrepartie d’un dédommagement, selon ses termes. “La concession des plages, le phénomène des solariums, le foisonnement des décharges publiques, le comportement négatif des gens envers les clients sont autant de points noirs qui entravent le développement du tourisme dans notre pays. On ne peut pas développer le tourisme en faisant du populisme. Il faudra distinguer entre les plages “sociales” et les plages destinées au tourisme pour faire rentrer des devises”, précisera notre interlocuteur. D’ailleurs, celui-ci se plaint d’une ruelle menant vers son complexe frappée d’un sens interdit sur une décision de la commune.
Alors que le problème des squatteurs de sable n’a pas encore été réglé, l’investisseur venait d’être informé du montant de la concession de l’espace réservée à son solarium décidé par la municipalité et fixé à 100 000 DA pour les 100 m2. Ce que conteste l’investisseur qui devra payer 50 000 DA, selon la surface qui lui a été réservée, en raison de la concurrence déloyale imposée par le diktat des plagistes. “Les lois sont claires, ce sont des tentes et non des solariums qui sont imposés aux estivants. Où sont les services de contrôle ?”, s’est-il interrogé. Parmi les projets qu’il compte concrétiser figurent ceux du tourisme réceptif haut de gamme dont l’étude est déjà achevée avec un agrément octroyé par les services de la wilaya pour la concession d’un terrain destinée à la réalisation d’un village écologique avec une marina, le tourisme de mémoire pour la période septembre-juin destiné à ceux parmi les nostalgiques qui sont nés en Algérie et qui veulent revenir ou se recueillir à la mémoire de leurs proches, et enfin le tourisme sportif au profit des clubs dans les différentes disciplines.
Sauf que ce projet risque de ne pas voir le jour en raison d’un avis défavorable signifié par l’administration des forêts sur un terrain mitoyen au futur complexe touristique et qui a avancé comme argument la protection du couvert végétal qui n’a pas convaincu l’investisseur qui a l’intention d’ériger des structures légères selon les normes écologiques.
Il nous donnera rendez-vous en juin 2019 pour l’inauguration de son superbe car-ferry, un chef d’œuvre qui participera à lancer l’industrie du tourisme, notamment avec la récente ouverture du complexe Caraïbes, situé sur l’autre partie de la plage de Terga.


M. L.

 


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