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A la une / Reportage

À Tigzirt et Azeffoun, les prix sont inabordables

Littoral de Tizi Ouzou : une destination prisée mais trop coûteuse !

Les prix des accessoirs de plage sont inacessibles. ©D. R.

Des plages littéralement prises d’assaut par des milliers d’estivants en quête de tranquillité, de repos et de villégiature.

À peine la descente du Caroubier entamée, c’est une plage fourmillante qui s’offre aux yeux avec un vaste parking où les véhicules sont en stationnement à perte de vue, une forêt de parasols et de tentes jonchant son rivage de sable doré et des milliers de silhouettes en mouvement dans tous les sens. Conjuguée à l’air frais provenant de la mer, cette vue fait, toutefois, vite d’apaiser l’esprit mis à rude épreuve durant le long et infernal embouteillage à l’entrée de la ville, provoqué par un barrage de police qui, avec ses herses et ses barricades en béton, n’est pas sans rappeler qu’à Azeffoun le tourisme a été longtemps rythmé par le terrorisme.
Il faut s’échiner plutôt à se trouver une place au parking puis une autre pour caser son parasol. Ce qui est loin d’être une sinécure, ce mardi en début d’après-midi, au Caroubier, comme à la plage du centre-ville ou aussi à Sidi Khelifa et au Petit-Paradis, à une vingtaine de kilomètres plus à l’Est. Des plages littéralement prises d’assaut par des milliers d’estivants en quête de tranquillité, de repos et de villégiature.    
À première vue, ces plages donnent de l’antique Rusazus la nette image d’une région où le tourisme constitue une véritable activité économique à même de contribuer à l’effort de développement local. Mais qu’en est-il réellement ?

Cher, même trop cher l’hébergement !
“À entendre les discours ressassés depuis une vingtaine d’années par nos ministres, walis et responsables du tourisme au sujet du développement du tourisme balnéaire à Tizi Ouzou, il serait facile de céder à la tentation de croire que le littoral de la région puisse rivaliser un jour avec les Caraïbes, mais une fois sur les lieux, le désenchantement est fracassant. Le gros de ceux qui viennent écumer les plages d’Azeffoun sont des estivants d’une journée. Chose qui est normale, tant en termes d’investissement, rien ou presque n’est fait pour cette région pour inciter les vacanciers à rester en nombre massif”, s’indigne un élu local, soulignant que les atouts sont, en effet, nombreux mais qu’en termes d’investissements, l’infrastructure hôtelière à Azeffoun se résume à cinq hôtels dont la capacité totale ne dépasse guère 800 lits. Même la nouvelle auberge de 70 places, inaugurée tambour battant il y a deux années, est fermée en raison d’un problème d’assainissement, a-t-on appris. L’offre n’étant donc pas en mesure de répondre à la demande, la concurrence n’a presque pas droit de cité. Dans un des plus luxueux de ces hôtels, le Marin, décoré 4 étoiles, les prix de haute saison laissent aisément deviner pourquoi beaucoup d’Algériens préfèrent la destination Tunisie. 7 800 DA la nuitée pour une seule personne en demi-pension. Un couple doit, quant à lui, débourser 11 800 DA pour une seule nuit. À 13 600 DA si l’on ajoute une troisième personne. Une suite pour 4 personnes est affichée au prix de 17 800 DA. La fréquentation de cet hôtel comme d’ailleurs de tous les autres hôtels à Azeffoun et Tigzirt n’affiche plus complet. À l’hôtel Mizrana de Tigzirt, le taux d’occupation moyenne est d’environ 80%, a-t-on appris auprès de l’office local du tourisme. “Ce taux est atteint grâce à l’importante communauté immigrée qui a afflué sur le littoral kabyle cette année”, apprend-on encore. “La tendance des fréquentations est dans son ensemble en baisse comparativement aux années précédentes”, assure pour sa part le responsable de l’office du tourisme de Tigzirt. Une virée dans plusieurs hôtels a, en effet, permis de conclure qu’il n’est plus nécessaire de réserver sa chambre longtemps à l’avance, comme ce fut le cas avant. Fini le temps des longs séjours à l’hôtel.  
Même la location chez le privé, qui a donné lieu à une véritable économie informelle notamment durant cette dernière décennie à Azeffoun et Tigzirt, est devenue trop coûteuse pour les vacanciers. Sur le front de mer, les prix de la location sont quasi inaccessibles. “Selon la durée du séjour, les prix varient entre 10 000 et 15 000 DA la nuit pour un F3 équipé”, nous renseigne un locataire. À environ 500 m de la plage, un studio est proposé à 5 000 DA la nuitée et un F3 à 7 000 DA. À Tigzirt, les prix des locations varient également entre 7 000 et 10 000 DA en fonction de la proximité des logements avec les plages. “Ici les logements dont le nombre augmente d’année en année avec la multiplication des projets immobiliers privés ne trouvent plus toujours preneur, mais les propriétaires préfèrent maintenir leurs prix, même dans le cas où ils ne louent pas”, nous explique un habitant d’Azeffoun. Pour de nombreux vacanciers, ces prix sont devenus inabordables, d’autant que l’hébergement ne constitue qu’un chapitre dans les dépenses du séjour.

Le squat des plages : une autre source de dépenses
Si dans les plages de l’Algérois, les services de la gendarmerie ont fini par se déployer pour mettre un terme au squat des plages et faire ainsi respecter l’instruction du gouvernement portant sur la gratuité des plages, sur le littoral de la wilaya de Tizi Ouzou les plages continuent à constituer un véritable fardeau pour les estivants. À Tigzirt comme à Azeffoun, de grandes surfaces du rivage continuent à être squattées par des dizaines, parfois des centaines de tentes en toile, parasols, chaises et tables implantés très tôt dans la matinée et qui empêchent les estivants de placer leurs propres effets. Une méthode bien connue pour contraindre les estivants à mettre la main à la poche. Et à quel prix ! Entre 700 à 800 DA la tente, 300 DA le parasol, 400 DA la table et 100 DA pour chaque chaise louée auxquelles s’ajoutent 100 DA de parking. Ce qui génère de véritables petites fortunes aux exploitants qui en arrivent parfois aux mains pour départager les territoires, nous raconte-t-on.  
“Du temps des concessions des plages par adjudication, les plages assuraient tout au moins une petite rente à l’État et aux collectivités, alors qu’à présent, l’État ne gagne rien, mais l’estivant continue à payer le même prix. Des bénéfices nets et colossaux qui atterrissent dans les poches des exploitants informels”, déplore un père de famille qui venait tout juste de garer son véhicule et se dirigeait vers le sable du Caroubier. “Où est l’État !?”, se lamente-t-il encore.


Les plages de la wilaya de Tizi Ouzou sont prises d’assaut en cette période des grandes chaleurs.  ©Leslous/Liberte.

L’État : le grand démissionnaire
À l’exception des postes de surveillance des plages par la Protection civile et les barrages des services de sécurité aux entrées des villes côtières, et parfois même de certaines plages, l’État brille par son absence à tous les autres niveaux. Dans le domaine environnemental, la situation est sans doute la plus frappante. Aux abords des plages, comme dans plusieurs coins et ruelles de deux villes côtières, des détritus forment des monticules qui égalent en hauteur la taille de l’homme. “Les services de voirie sont dépassés avec la multiplication du nombre de personnes dans la ville d’Azeffoun. L’APC ne dispose que de deux camions de ramassage d’ordures dont l’un est en panne”, nous explique un employé à la municipalité d’Azeffoun, soulignant que, lorsque la gravité dépasse le seuil du tolérable, des équipes de Blanche Algérie sont mises à contribution. “Les autorités passent le printemps à parler de préparation de la saison estivale. On se demande en quoi cela consiste donc, si on n’est pas en mesure de faire face au moins sur ce plan !”, s’interroge un restaurateur sur le front de mer d’Azeffoun. En plus de la gestion des ordures, même l’animation assurée les années précédentes n’est guère assurée. Une foire commerciale et un manège privés à Azeffoun où la seule nouveauté est ce bateau que de plus en plus d’estivants empruntent pour se rendre à Alger ou à destination de Béjaïa juste pour le plaisir d’une balade en mer. À Tigzirt, un manège érigé au port de plaisance et les navettes vers l’îlot constituent l’essentiel de l’attraction et des loisirs proposés aux vacanciers.

L’austérité est passée par là
Dans la région d’Azeffoun, vacanciers et habitants sont unanimes : la circulation automobile et l’alimentation en eau potable constituent le talon d’Achille de l’attraction touristique. “À Timlouka, comme dans plusieurs autres quartiers et villages, l’eau ne coule qu’un jour sur quinze, ce qui dissuade bien des vacanciers intéressés par la location de logements. Ce sont les propriétaires qui se débrouillent pour leur assurer l’alimentation en eau”, nous explique un propriétaire. L’alimentation de la région via la chaîne de Taksebt s’est avérée insuffisante. Le barrage Sidi Khelifa, qui devait constituer la solution radicale à ce problème, a été annulé dans le cadre de l’austérité imposée par la chute des prix du pétrole. Le projet de réalisation d’une déviation routière de la ville d’Azeffoun pour désengorger le front de mer qui constitue le plus important point noir de la circulation est également annulé dans le même cadre.
Une multitude de raisons qui poussent les plus nantis à prendre le chemin de la Tunisie ou d’autres pays, loin des tracas que des responsables soucieux d’un véritable développement touristique dans la région auraient pu éliminer depuis belle lurette pour ainsi offrir un séjour des plus agréables aux vacanciers et un dynamisme certain à une économie locale en manque de souffle.

S. L.


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2 réactions
meliani le 16/09/2016 à 16h55

Il est grand temps que les autorités prennent des sanctions contre ces voleurs sans foi ! ces escrocs rançonneurs des vacanciers !sans pudeurs ! cette région atteinte du virus du profit malhonnête comme à Tichi d’ailleurs !doit être investie par les inspecteurs des Ministères de l'économie et du tourisme et par les contrôleurs vétérinaires sous protection de la Gendarmerie Nationale pour arrêter ces fraudeurs qui abusent sans complexe des Algériens en vacances .

Brahms le 18/04/2017 à 9h01

Les gens mélangent plage publique, de plage privée. Les hôteliers ajustent leurs prix en fonction du taux parallèle à 185 dinars pour 01 euro donc forcément le citoyen ne peut pas rester en famille dans ce type d'hôtel car les prix sont exorbitants. Les émigrés ont aussi des difficultés financières car avant de venir en Algérie, il faut payer les billets de bateaux et pour 1 voiture + 02 personnes en couchettes (Marseille - Alger) cela donne déjà 1100 euros, hors essence + péage autoroutier.

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