Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Reportage

Des parkingueurs font la loi, des grilloirs sur les trottoirs, des plages sales, des locations hors de portée...

Sale temps pour les vacanciers à Béjaïa

©D. R.

Sur les côtes de la ville des Hammadites, c’est le branle-bas de combat pour la location d’un appartement ou d’un bungalow par les estivants qui envahissent le littoral béjaoui pour y passer des vacances. En effet, c’est le grand rush comme chaque été. Les infrastructures touristiques implantées sur les côtes est et ouest de la ville restent inaccessibles pour la majorité des jeunes qui, eux, se tournent vers le tourisme de masse.

Située au cœur de l’espace méditerranéen, Béjaïa est une cité millénaire qui brille par ses sites naturels. On citera, entre autres, le mont Gouraya, le pic des Singes, les grottes d’Aokas, la forêt d’Akfadou, les gorges de Chabet à Kherrata... Béjaïa témoigne également d’une prodigieuse mémoire plusieurs fois millénaire, les sites historiques confirmant l’importance de la région à travers les temps. À côté du littoral béjaoui, connu principalement pour ses plages au sable fin, la vallée de la Soummam, bien qu’elle renferme des atouts indéniables, demeure délaissée et inconnue pour la majorité des visiteurs de la wilaya. En effet, trois sources thermales à caractéristiques thérapeutiques avérées à Tifra, Adekar et Bouhamza sont peu exploitées. Malgré les équipements rudimentaires dont elles disposent, elles reçoivent en moyenne 20 000 curistes par an. Néanmoins, si le tourisme dans la vallée de la Soummam est frappé de sinistrose, sur les côtes de Béjaïa, les infrastructures hôtelières poussent comme des champignons. “Leurs tarifs ne nous permettent même pas de penser à passer un week-end, ils sont plutôt destinés à des gens qui ont de l’argent, pas aux enfants du peuple”, avoue un jeune de Toudja, en précisant : “Vous savez, nous n’avons même pas les moyens d’aller voir ce qu’il y a comme sites dans notre propre wilaya. Le transport et les hôtels sont chers. Nous nous contentons de rester dans nos coins.”
À la lecture du rapport de l’Apw pour l’année  2016, il ressort que le secteur compte 62 hôtels en exploitation, avec une capacité de 4 447 lits et 2 auberges. Les infrastructures hôtelières sont insuffisantes et la qualité du service, accueil, restauration, hébergement est médiocre et les prix sont excessifs. “Le secteur du tourisme se porte mal malgré les atouts dont dispose la wilaya”, nous dira Salim, un technicien supérieur en hôtellerie. Côté investissements, la wilaya dispose de 14 zones d’expansion touristiques (ZET), d’une superficie de 956,50 ha : 9 ZET se situent sur la côte ouest et 5 autres sur la côte est ; 2 ont été approuvées par décret, 10 autres sont dans la deuxième phase d’étude. Pour l’investissement public, le secteur a bénéficié de l’inscription de 17 opérations d’études d’aménagements touristiques susceptibles d’accroître l’attractivité de la région, d’améliorer les conditions d’accueil par la création d’espaces touristiques et d’activités commerciales. L’investissement privé enregistre 37 projets pour une capacité d’accueil de 291 lits, en cours de réalisation. Par ailleurs, 67 projets sont validés par le Calpiref pour une capacité d’accueil de 22 384 lits et un montant de 56 millions de dinars.
Néanmoins, les professionnels du secteur se plaignent de l’incivisme des estivants avec la prolifération des déchets et ordures sur les plages, l’exploitation irrationnelle des plages avec la mise en place forcée des parasols, la prolifération des commerces anarchiques, le squat des aires de stationnement et l’instauration d’une tarification abusive des parkings illicites. “Dès qu’on aperçoit votre véhicule pointer du nez pour se garer dans une rue ou ruelle, un adolescent sorti comme du néant vous accoste pour vous aider dans vos manœuvres de stationnement. La contrepartie à débourser est certes symbolique, c’est selon, mais quand on vous oblige à mettre plusieurs fois la main à la poche dans la même journée, cela devient lassant, harassant, voire révoltant”, dira un automobiliste venu de Batna. Pratiquement, ils ont accaparé la moindre parcelle pour la transformer en parking “illégal” mais payant. Ils ne ratent rien, y compris les espaces destinés aux enfants. Souvent, ces “gardiens de parking” forment des équipes de trois fois huit pour assurer la permanence, comme dans une usine. Ils demeurent toute la journée postés aux angles des rues, guettant les arrivées et départs des automobilistes, sans être inquiétés. Avec le temps, ces jeunes ont fait de cette pratique un métier. “Je pense que c’est mieux que de voler et puis c’est lucratif, notamment en cette période estivale”, a avoué Madjid, 30 ans, rencontré à Tichy. Et il n’y a pas que ce phénomène ; à Tichy ou Aokas, par exemple, des commerçants étalent leur marchandise sur le trottoir. On y trouve même des grilloirs. Quant aux locations chez les particuliers, elles atteignent les 12 000 DA la nuitée.

A. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
2 réactions
muhand le 11/08/2016 à 12h05

Pour ne parler que de la perle de cette côte Bougiote, il faut visiter le littoral Tichissois, il y a de quoi faire demi tour et partir vite voir ailleurs pour ne pas pleurer sur ce qui est advenu de cet ex village qui faisait la fierté du pays. Pour les nostalgiques comme moi, il fait plus beau à vivre seul au milieu d'un désert que de revenir voir ce village complètement dénaturé et avili par des gens sans scrupules.

khaleduz le 11/08/2016 à 19h00

la photo n'est pas a bejaia c'est les aftis jijel veuillez svp verifier avant de copier une photo

Commentaires
2 réactions