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A la une / Reportage

Dotée d’un écosystème unique mais à l’abandon depuis des années

Seraïdi veut en finir avec la désolation

Vue panoramique du haut des montagnes de Seraïdi. ©D. R.

Séduisant, le village touristique de Seraïdi l’est plus que jamais. Gracieuse et hospitalière, cette cité chère aux Annabis est jalouse de son statut de destination touristique par excellence. Et pour cause, la ville étale un charme singulier depuis le début de la saison estivale. Il faut dire que les autorités locales n’ont pas ménagé leurs efforts pour que l’ex-Bugeaud soit au rendez-vous. 

Aujourd’hui, le commun des visiteurs vous dira que Seraïdi, d’une population d’environ 10 000 habitants, située au nord du chef-lieu de la wilaya d’Annaba, sur les hauteurs du gigantesque massif de l’Édough, conforte ses assises de cité balnéaire par excellence. Réputé pour ses villas de luxe, ses multiples sources d’eau potable et perché à quelques 900 mètres d’altitude, dans un cadre paradisiaque, le village touristique de Seraïdi est un véritable tableau de maître.
Ce don du ciel, doté d’un écosystème unique demeure assurément l’une des cités aux multiples atouts : plan de situation entre mer et montagne et disponibilité d’infrastructures et d’équipements, à l’image du Centre régional d’éducation physique et sportive (CREPS). S’y rendre n’est pas chose aisée, surtout si on ne dispose pas d’un véhicule personnel. Les habitants de Seraïdi utilisent pour la plupart les taxis et les fourgons aménagés pour rallier Annaba, mais parfois ces moyens de transport ne sont pas disponibles, notamment les jours fériés, ce qui transforme cette liaison dont le trajet ne dépasse guère les 13,3 kilomètres en véritable expédition.

Le téléphérique à la rescousse
Pour combler le déficit en moyens de transport, le téléphérique est venu à point nommé.
En effet, ce téléphérique a été remis en service au début de l’été en cours, suite à une panne non réparée pour cause de manque de pièces de rechange.
Des experts venus de Grenoble (France) avaient assisté l’Établissement de transports de Annaba (ETA) dans l’opération de remise en marche de ce moyen de locomotion. Très prisé par les Annabis et les visiteurs, le téléphérique, qui couvre un trajet de 4 km à vol d’oiseau, permet aux passagers de voyager à l’aise et de contempler, en même temps, les sites merveilleux de l’Édough qui surplombe ville la de Sidi Brahim.
C’est pourquoi la remise en service du téléphérique n’a pas manqué de susciter du soulagement pour les habitants qui se  déplacent régulièrement entre la ville de Annaba et celle de Seraïdi et un plaisir pour les amoureux de la nature  qui pourront ainsi contempler du haut des cabines du téléphérique les sites paradisiaques des monts de l’Édough.

La plage Oued-Barat, temple des vacanciers
La plage Djenane El-Bey de Seraidi, appelée communément “la grande plage”, ou encore “Oued Bagrat” a été pendant des années la première destination touristique des familles annabies.
Cette partie du littoral bônois attire, bien avant la saison des grandes chaleurs, des centaines d’estivants, notamment les week-ends. Réputée pour son sable fin et doré, cette plage connaît une grande affluence.
On y joue le jour, on y danse le soir. Encouragées par la sécurisation des lieux, les familles reviennent chaque soir.
Cette année, un intérêt particulier a été réservé par les autorités locales à cette partie du littoral annabi, long de 80 km.
Une course contre la montre avait été engagée par les pouvoirs publics afin que cette plage soit fin prête pour l’été.
Ainsi, il a été réalisé trois parkings de quelque 7 000 véhicules. De même, on a procédé à la pose des poteaux d’éclairage à énergie photovoltaïque. Ce même type d’équipement a été également réalisé sur une distance d’une dizaine de kilomètres sur la route reliant la ville de Annaba au lieudit “8e” sur la route de Seraïdi. Étant réalisés dans des endroits non protégés, notamment de nuit, ces poteaux d’éclairage sont dotés de système antivol, selon l’APC. À cela, il faut ajouter la réfection de nombreuses sections détériorées, sur une distance de sept kilomètres, du chemin de wilaya reliant cette plage à Seraïdi. Cet axe routier était autrefois le seul accès vers cette plage familiale.
 
L’éco-tourisme pour protéger un environnement bio
Créé tout récemment, le Club sportif Seraïdi Adventure encourage la pratique sportive en plein air et milite pour la protection de l’environnement, grâce à l’éco-tourisme, au niveau de la région boisée de Seraidi, réputée pour ses énormes atouts naturels, avec en plus un panorama angélique. Mais, il offre surtout des opportunités certaines tant sur le plan sportif que touristique. 
Ainsi, ce club a organisé avec succès une première édition du Seraïdi Trail, qui avait attiré des dizaines de participants.
Il s’agit d’une course pédestre sur un parcours, aménagé pour la circonstance, au beau milieu d’une zone encore à l’état sauvage de la montagne de Seraïdi.
Le trail est une compétition Open, ouverte aux deux sexes et aux différentes catégories d'âges, athlètes professionnels ou coureurs occasionnels, sur une distance de 18 km. En outre, des randonnées familiales sont programmées depuis sur le même parcours.
Seraïdi demeure la plus propre des 12 communes que compte la wilaya de Annaba.
Le nettoiement est systématique et n’attend pas les “occasions” telle que la Journée mondiale de la biodiversité. Des cyclistes de Annaba, avec le concours technique du Commissariat national du littoral, prennent en charge des méga-Green bike au niveau des régions boisées et sur le littoral.

Le civisme, la règle
Organisées par l’Epic Annaba propre, ces actions ont connu un grand succès et surtout une participation record de bénévoles, ce qui a permis d’évacuer des tonnes de divers déchets. Pour les habitants, il est primordial de pérenniser ce genre d’actions au cours desquelles on peut voir des jeunes qui se distinguent par leur comportement citoyen qu’ils adoptent aussi dans leur établissement scolaire et dans leur vie de tous les jours. En effet, charmés par le site et le climat de quiétude qui y règne, les visiteurs présents lors des opérations de nettoiement s’y impliquent avec plaisir. Des jeunes et des moins jeunes, des sportifs et des familles ne cachent d’ailleurs pas leur satisfaction. Ils appellent même à la participation à la protection de l’environnement et au sens civique de tout un chacun afin de sauvegarder un cadre de vie digne d’une ville balnéaire moderne.
Pour leur part, les services des forêts de Annaba ont lancé, dans le cadre du programme national de développement rural, d’importantes opérations de développement, à travers ces régions enclavées de Seraïdi. La Conservation des forêts de la wilaya de Annaba vise plusieurs objectifs, notamment l’amélioration des conditions de vie des populations rurales et leur maintien sur leur lieu d’habitation que certains d’entre eux avaient abandonnés depuis plusieurs années, à cause des actes terroristes. Ce plan prévoit de nombreuses actions, dans le domaine de l’agriculture, apiculture et élevage. Il est question de “joindre l’utile à l’agréable” en sédentarisant les populations rurales de Seraïdi et en leur offrant de meilleurs conditions de vie grâce à la création de diverses activités agricoles allant de l’arboriculture à l’apiculture en passant par l’élevage de bétail. “L’objectif de ce programme est de parvenir à l’autosatisfaction alimentaire de la région et de ses populations longtemps livrées à elles-mêmes”, a-t-on expliqué.
 
Le Creps bientôt ouvert aux athlètes
N’étant pas opérationnel depuis près de deux décennies, le Centre régional d’éducation physique et sportive (Creps) de Seraïdi, une infrastructure dépendant du ministère de la Jeunesse et des Sports depuis 1999 après avoir été gérée pendant près de deux décennies par celui de l’Éducation nationale, sera recouverte aux athlètes tout prochainement.  Haut lieu de la préparation des athlètes de haut niveau dans toutes les disciplines sportives et particulièrement des équipes nationale de football et d’athlétisme, celui-ci avait reconverti, rappelle-t-on, en un centre de transit pour certaines familles qui avait fui les localités de Aïn-Barbar, Romanet et Aïn Touta, sous la pression des groupes terroristes. Objet de fierté tant pour les habitants du village de Seraïdi que pour ceux de Annaba, le Creps qui a connu des beaux jours, était tombé pendant des années dans l’abandon et la désolation. Datant de 1965, le centre est pourtant l’une des premières infrastructures de formation de formateurs sportifs à avoir vu le jour à travers le territoire national. Ayant servi comme centre de formation d’enseignants spécialisés, des EPS notamment, il était géré par le ministère de l’Éducation nationale depuis 1980 après avoir servi de site de préparation des équipes nationales sportives, toutes disciplines confondues, qu’encadrait le ministère de la Jeunesse et des sports, jusque-là…, rappelle-t-on. Objet de travaux d’aménagement, de réhabilitation et de restauration, le Creps de Seraïdi sera totalement livré avant la fin de l’année en cours, a annoncé, récemment, Mohamed Salamani, wali de Annaba, à l’issue d’une visite du site. Le Centre s’étale sur un terrain de 7 hectares, dont 3 bâtis et 4 constitués d’espaces verts et de forêts.

Réalisé par : B. Badis


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