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A la une / Reportage

L’OMT A ORGANISÉ UNE CONFÉRENCE INTERNATIONALE À TUNIS

Tourisme, médias et crises sécuritaires : quelle articulation ?

La 4e conférence internationale sur le tourisme et les médias s’est tenue les 12 et 13 novembre derniers à Tunis. ©AFP

Des décideurs, des experts et des journalistes issus de 24 pays ont pris part à ce rendez-vous qui se tient dans une conjoncture sécuritaire de plus en plus difficile dans la région, et les derniers développements que vit l’Égypte le confirment.

L’Organisation mondiale du tourisme, l’OMT, a tenu, jeudi dernier, à Tunis, sa quatrième conférence internationale sur le tourisme et les médias. Des décideurs, des experts et des journalistes issus de 24 pays ont pris part à ce rendez-vous qui se tient dans une conjoncture sécuritaire de plus en plus difficile dans la région et les derniers développements que vit l’Égypte le confirment. Pour Mme Selma Elloumi Rekik, la ministre tunisienne du Tourisme et de l’Artisanat, le moment est venu pour créer de nouveaux partenariats entre le tourisme et les médias, un générique qui plaide pour deux approches à favoriser dans l’expérience tunisienne. La première est en direction du secteur touristique même, la seconde est en direction des médias.
Pour la démarche en direction du secteur touristique, l’industrie a besoin d’une réforme profonde avec une stratégie permettant à la destination de mieux se positionner par rapport aux ressources que recèle le pays et aux nouvelles réalités du marché.
Toujours selon Mme Rekik, la Tunisie est appelée à diversifier les produits qu’elle propose sur le marché. Des produits de qualité à même de répondre à des attentes en mutation de la clientèle. Elle est appelée à diversifier ses marchés, soit en écoutant avec plus d’attention les signaux des marchés notamment émergents et de répondre à la demande. La Tunisie ne dispose pas uniquement du tourisme balnéaire et elle n’est pas tenue, fatalement, à ne vivre qu’aux pulsions de ses marchés dits historiques. Le pays dispose de précieux atouts à l’instar de sa localisation à une heure de l’Europe et en continent africain, de l’existence de la destination sur le marché avec des parts de marché, d’un peuple avec une histoire ancestrale et de nouvelles icônes à faire valoir dans le cadre du positionnement de son offre. Il s’agit d’une image dans laquelle aussi bien les Tunisiens que les touristes potentiels s’y retrouvent et s’identifient telle que celle relative au prix Nobel pour la paix 2015, ou encore la plus récente démocratie dans le monde.
Dans la même démarche orientée vers le secteur du tourisme, à court terme, la sécurité des Tunisiens et des touristes est une priorité majeure. À ce niveau, dans le cadre de la sécurisation des sites et établissements touristiques, une convention entre le ministère du Tourisme et de l’Artisanat et le ministère de l’Intérieur tunisiens a été signée. Une coopération sécuritaire avec l’Union européenne, les États-Unis, l’Allemagne et l’Algérie est effective afin de mettre à niveau le dispositif tunisien. Pour la ministre tunisienne, une action est lancée en direction des pays émetteurs de touristes afin que la veille sécuritaire chez ces derniers ne vienne pas pénaliser les départs vers la Tunisie. Pour l’autre démarche, soit envers les médias, Mme Selma Elloumi a plaidé pour une conciliation entre le couple crédibilité des médias et attractivité de la destination dans le cadre d’une stratégie qui sera déclinée, entre autres, sur la base des recommandations de la Conférence.
Le Dr Taleb Rifaï, secrétaire général de l’OMT, était présent à Tunis, dans le cadre de cette conférence, en tant que premier responsable onusien du tourisme et organisateur de l’événement, pour exprimer son soutien à la destination qui traverse des moments difficiles, mais aussi pour rendre hommage à l’Algérie et au peuple algérien, aussi bien pour la qualité des relations bilatérales entre les deux pays, que pour leurs forts liens de solidarité. Toujours selon le Dr Taleb Rifaï, l’OMT reste confiante quant à l’évolution de la situation dans la capacité du tourisme tunisien de reprendre son élan avec le concours de tous les efforts y compris ceux des médias. Amar Ghoul, ministre algérien du Tourisme et de l’Artisanat, était lui aussi présent jeudi dernier à ce conclave onusien sur le tourisme et les médias. À travers le représentant de son gouvernement, l’Algérie a réitéré ses principes en matière de lutte antiterroriste. Selon Amar Ghoul, il faut avoir le courage de placer la crise sécuritaire que vivent certains pays, toujours dans son contexte régional et international. Seul un engagement clair de la communauté internationale peut aider les différents États à vaincre le terrorisme. Toujours selon notre ministre du Tourisme, entre l’Algérie et la Tunisie, un grand travail de coopération est enclenché et l’effort sera maintenu. Une action à engager à l’échelle de notre région car souvent c’est juste près de chez nous qu’on retrouve ce qu’on est tenté d’aller chercher ailleurs.

Tourisme et information sécuritaire
Ces derniers temps, les voyageurs sont devenus très gourmands en informations sur les destinations qu’ils cherchent à visiter. Ils voyagent, certes, mais ils vivent ces voyages avant, durant et après les faits. Pour ce faire, ils trouveront leurs besoins en informations auprès des médias. Le cas contraire, ils iront les chercher sur la toile, les sites web des professionnels et sur les réseaux sociaux. Et aujourd’hui, grâce aux développements pluridisciplinaires, les médias trouveront, de leur côté, les moyens humains et technologiques pour répondre à ces besoins en pleine mutation. Elles devront le faire pour défendre leurs marchés, car un média est aussi une entreprise économique, mais aussi pour protéger le lecteur. En écrivant, l’habitant de la destination, comme le voyageur, devient journaliste mais sans être ce professionnel astreint aux critères de la responsabilité, de l’éthique et la transparence. Mais cela ne veut pas dire que le travail du journaliste en général et du journaliste spécialisé du tourisme est de tout repos. La crise qui est au départ une action terroriste glisse pour devenir une crise entre, d’une part, les médias et, d’autre part, l’administration et les opérateurs économiques touristiques. Pire, elle peut devenir aussi une crise chez le journaliste même quand, face à certaines situations, il est appelé à faire des arbitrages entre l’obligation de rester professionnel et la tentation de céder à la subjectivité.
Ainsi, Pour Lotfi Mansour, directeur de Magazine du tourisme, édité en Tunisie, la presse spécialisée dans le tourisme avait, avant les derniers événements qui ont secoué le Bardo et Sousse, deux types de publics. L’administration et les opérateurs économiques touristiques et qui sont, à la fois, lecteurs et annonceurs assurant la survie de cette presse. Pour Mansour les attentes de ce lectorat, en matière d’informations, sont connues. Il usait d’une sorte de rétention de l’information dans le cadre de ce qu’on appelle le projet latéral, soit ce perpétuel conflit entre l’angle de traitement de l’information privilégié par le journaliste et celui préconisé par le lecteur-annonceur. Avec la crise sécuritaire qui a touché le secteur, un troisième type de lectorat est apparu, soit le grand public. Ce dernier a d’autres attentes, soit le droit à l’information, aux nouvelles fraîches. Du coup, pour suivre cette mutation, la presse spécialisée dans le tourisme est appelée à vulgariser le phénomène du tourisme, à “déjargoniser” la littérature des journalistes et de se poser des questions sur le droit du lecteur grand public à l’information objective et des journalistes à la protection de leur jardin secret qu’est l’angle de traitement de l’information touristique. Pour son côté, Tayeb Zahar, directeur et fondateur du magazine tunisien Réalités, et lors de cette 4e conférence internationale sur le tourisme et les médias s’est interrogé sur les arbitrages à faire entre le droit des publics à l’information et le réflexe des destinations à se protéger contre les effets néfastes de la médiatisation de la crise. Pour Zahar, souvent les attitudes des autorités vont d’un extrême à un autre. Dans l’expérience tunisienne, lors des attentats de la Ghriba en 2002, à Djerba, on a fait dans le blackout médiatique, présentant l’attentat comme un simple accident provoqué par une bombonne de gaz. Parce que la Tunisie a menti, elle a perdu 50% de ses touristes allemands. Lors des attentats de Sousse, l’approche, toujours selon le patron de Réalités, a été diamétralement opposée en faisant dans l’excès de l’information. Cela aussi est en train de pénaliser la destination. Le monde arabo-musulman et, plus proches de nous, les Tunisiens, sont encore en train de se poser des questions sur la relation entre le tourisme et les médias. Une question qui s’étend à la relation entre les médias et l’ensemble de la chose sécuritaire, politique et socioéconomique dans un pays en crise. L’Algérie et les journalistes algériens ont déjà vécu cette situation et, à ce jour, des questions persistent. Il faut dire qu’un attentat terroriste contre une cible touristique ou dans un pays-destination par excellence est, avant tout, un fait sécuritaire et un événement politique. Du coup, le journaliste devient écartelé entre les exigences des médias en matière de professionnalisme et d’efficacité et celles des États, des opérateurs et des peuples ciblés par ce type de violence. Seul un dialogue entre les différentes parties, dans le cadre d’un partenariat respectant les spécificités de chaque partie, pourra faire avancer les choses.

M. K.


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