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A la une / Reportage

Chlef

Un dernier voyage de l’été par bus

Située à 50 km au nord-est de la wilaya de Chlef, la ville côtière de Ténès a accueilli depuis le début de l’été nombre d’estivants venus de plusieurs wilayas du Centre et de l’étranger.

Même en cette rentrée, toutes les structures d’accueil entre hôtels et résidences affichent encore complet. Reste que la visite de la plage d’Oued El-Guessab vaut le détour mais, pour y aller, c’est une autre histoire que j’ai péniblement vécue à mon corps défendant. Après avoir bien réfléchi, j’ai décidé de prendre un bus partant de Chlef, écrasée par la canicule, vers Ténès. Le bus, on l’appelle ici “le ramasse-tout” car depuis la gare routière où il a démarré, il s’arrête tous les 20 m pour ramasser un ou deux passagers qui iront s’entasser avec les autres jusqu’au terminus. Mais pendant le trajet durant ce dernier week-end qui précède la rentrée scolaire, dans le bus et sous une chaleur suffocante, on entend toutes sortes de discussions qui vous donnent la nausée. On en voit de toutes les couleurs aussi.
Cette promiscuité fait le bonheur des pickpockets car toutes les 15 minutes, on demande au chauffeur de s’arrêter pour procéder à la fouille des suspects après le fameux “on vient de me dérober mon portable !” ou “on m’a volé mon portefeuille !”. Durant le trajet, la drague était au point mort. Et comme il n’y avait qu’une jeune fille qui ne portait ni hidjab ni voile, la pauvre, charmante et bien coiffée, elle en a entendu des vertes et des pas mûres. À chaque fois qu’elle levait la tête, tous les yeux étaient déjà braqués sur elle. Pour éviter les regards et les provocations, elle a opté pour une seule solution : baisser la tête et se couvrir de ses bras jusqu’à sa destination. L’autre désagrément est cette odeur fétide qui agressait les narines. C’en était étouffant, exhalée de la bouche et des corps de certains.
Et n’était le parfum que les quelques femmes, qui étaient du voyage, mettaient de temps en temps, on se croirait dans une porcherie…
Le voyage dans ces conditions paraissait long, interminable et d’un inconfort à vous rendre fou. Les corps écrasés, les membres ankylosés, difficile de se reposer, difficile de respirer même. Et bien souvent l’atroce obligation de se boucher les oreilles. Et le nez aussi. Face à cela, un seul remède : regarder à travers les vitres le paysage qui défilait. Enfin, après cette première éprouvante partie du voyage, nous voilà arrivés à Ténès qui accueillait, ce jour-là, une forte affluence sous la chaleur.

Si t’es pas content t’as qu’à descendre !
La principale gare routière ainsi que les stations de taxi étaient pleines à craquer en ce début de septembre. La plage en question étant encore à quelques kilomètres, à l’ouest. Cette fois-ci j’ai opté pour une cabine car je n’avais aucun choix. C’est un minibus. En d’autres termes, il s’agit d’un naql errifi (transport rural). Les ennuis commencent dès que vous mettez vos pieds à l’intérieur. Vous payez votre place et pas de ticket. “Il ne faut pas chercher après le ticket. Et je n’accepte aucune réclamation. Le fait d’avoir une place debout, c’est déjà beaucoup !”, rappelle, haut et fort, le receveur d’un certain gabarit. Et personne n’ose lui répondre car tout le monde le connaît. “Il est méchant et il suffit de la moindre réclamation pour qu’il te chasse de la bagnole”, souffle un passager à son voisin. Ne connaissant pas l’entrée précise de la plage, je m’adresse à un vieux, plus occupé avec ses nombreux sacs à provision. Gentiment, il m’indiqua l’endroit.
L’entrée de la plage, au premier coup d’œil, sa beauté naturelle et le calme de ses eaux vous débarrassent de votre lassitude et vous font oublier le calvaire vécu sur la route.
Considérée comme l’une des anciennes et des belles du littoral de la wilaya, qui s’étend sur plus de 120 km, la plage d’Oued El-Guessab a toujours été la destination préférée de ceux qui rêvent de fuir ainsi la chaleur suffocante qui sévit à l’intérieur du pays.
Parfaitement aménagée et bien sécurisée, elle offre à ses visiteurs toutes les commodités de repos pour s’évader. “Je viens ici depuis que j’étais adolescent pour passer mes vacances scolaires, moi et plusieurs de mes camarades. Et comme j’ai toujours trouvé ce qui me convient ici afin d’y séjourner agréablement, je ne veux aucunement lâcher prise. C’est pourquoi je continue à fréquenter cette plage, moi et mes enfants comme vous le voyez”, dira âami El-Hadj, natif de Hay Bensouna de Chlef. Large, propre et pourvue d’un sable fin et doré, cette plage, dont les eaux ne sont pas profondes, permet également aux enfants de se baigner sans aucun danger. C’est aussi le cas pour les nombreux colons venus du Sud du pays. “C’est la raison pour laquelle rares sont les cas de noyade qui y sont enregistrés.” De l’ambiance, il y en a également.
La placette se trouvant au milieu de la plage est constamment animée par des jeunes qui improvisent des scènes théâtrales et de musique. La propreté des lieux est assurée aussi par des jeunes de la localité.
Ce qui est de même pour le gardiennage du camp de toiles, parasols et de citernes d’eau et du parking. Et sous les yeux vigilants des services de sécurité, qui sillonnent les lieux, les estivants peuvent même passer leurs nuits à la belle étoile, au bord des eaux calmes et cristallines. Entre celle-ci et la RN 11 entre Ténès et Mostaganem, se dresse une forêt. “C’est cette forêt justement qui nous attire le plus. À l’origine d’une fraîcheur qui vous donne des frissons même pendant la journée, elle permet à nombreux familles d’y passer de longs moments en été. À la beauté de cette plage vient s’ajouter le charme exceptionnel de cette dense forêt !”, ajoutent encore d’autres vacanciers.

A. C.


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1 réactions
kamalval le 02/11/2016 à 19h26

j`y est sejourne un semestre sauf que ce fut durant mon service militaire ou j`ai eu l`occasion de connaitre cette ville de Tenes.

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