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A la une / Reportage

Navette maritime Béjaïa-Alger

Une croisière à grande vitesse

D’une capacité d’accueil de 220 passagers (assis), le “Badji-Mokhtar II” effectue le trajet Béjaïa-Alger en 4 heures. © D. R. 

Longeant la côte sur environ 200 km, à 30 milles par heure, le “Badji-Mokhtar II” accoste le port d’Alger après quatre heures d’une traversée sans remous.

Ils ne sont pas nombreux à se bousculer devant l’étroite passerelle du “Badji-Mokhtar II”, déployée sur le quai de la gare maritime de Béjaïa, au pied du splendide mont du Cap Carbon. Départ imminent vers Alger, en ce jour férié d’El-Achoura, samedi 24 octobre 2015. L’annulation, pour cause de mauvais temps, des navettes prévues pour mercredi et jeudi précédant ce départ - le vendredi étant la journée de repos de l’équipage - y est aussi pour quelque-chose. Les passagers, munis de leurs billets, ne dépassent pas une dizaine de personnes. Ils effectuent pour la plupart leur premier voyage par bateau. Un moment fort qu’ils veulent absolument immortaliser avant de monter à bord d’où ils pourront contempler, derrière les hublots de la grande salle aménagée pour accueillir les voyageurs, la féerique côte que longera, quatre heures durant, le navire à grande vitesse (NGV) de l’Entmv (Entreprise nationale des transports maritimes de voyageurs). Le “Badji-Mokhtar II” accoste, ce jour-là, à Béjaïa en remplacement du “Seraïdi”, le deuxième NGV, tombé en panne seulement quelques jours après le lancement, le 18 octobre dernier, de la ligne Béjaïa-Alger, (lire encadré). Pendant que l’équipage, épaulé par un commandant de bord et deux collaborateurs italiens, effectue les dernières manœuvres de stabilisation du bateau, les passagers s’empressent pour prendre en photo les vues de carte postale qu’offre la belle baie de la capitale des Hammadites. L’irrésistible beauté de l’impressionnante montagne où repose depuis des lustres Yemma Gouraya n’échappe évidemment pas aux objectifs des passagers. À bord, les trois matelots (marins) embarqués effectuent, sous les ordres du commandant Réda Guenoune, les formalités pour accueillir les passagers dans les meilleures conditions possibles. Le départ est annoncé à 10h00 avec la promesse d’atteindre Alger à 14h00, soit après quatre heures de trajet. La distance à parcourir est estimée à 200 km (112 milles marins : 1 mille marin équivaut 1,852 km). Long de 37,5 m et large de 7,5 m, le “Badji-Mokhtar II” “file” à une vitesse optimale de 30 milles/heure équivalant à environ 55 km/h. Sa capacité d’accueil est limitée à 220 passagers (assis). Contrairement aux ferrys affectés aux lignes internationales, le NGV n’offre pas la possibilité aux voyageurs d’accéder à l’unique petit pont qui fait office de toit du “wagon” hermétiquement fermé. Du coup, les fumeurs sont appelés à prendre leur mal (non pas de mer) en patience le long du trajet. Certains n’hésitent pas à le faire savoir : “Le voyage est agréable, dommage qu’on ne peut pas fumer.” Néanmoins, les paysages panoramiques des côtes qui s’offrent à la vue font vite oublier le manque, y compris aux plus dépendants.

Joindre l’utile à l’agréable…
Le bateau navigue à seulement 5 à 6 km de la côte. C’est aussi le couloir préféré par les marsouins (espèce de dauphins de la Méditerranée) qui trouvent un malin plaisir à accompagner le navire par leurs plongeons spectaculaires. Ces bêtes visiblement intelligentes, aux nageoires proportionnées, exécutent des gestes acrobatiques sur les deux côtés, tribord et bâbord, du bateau. Un décor que la majorité des passagers à bord découvre pour la première fois de leur vie. C’est le cas des jeunes Saïd, Ali, Sofiane et Hamouche, les quatre issus du village Taqaât (commune Sedouk), à une cinquantaine de kilomètres de Béjaïa, qui ont profité de cette journée non ouvrable pour découvrir le plaisir de voyager par bateau. “Finalement, c’est très intéressant. La traversée est tout simplement magnifique”, se réjouissent-ils. Une traversée qu’ils souhaitent désormais refaire chaque fois qu’ils le peuvent. “Même quand nous n’avons rien à faire à Alger”, ironisent-ils. Yacine M., photographe de métier, venu de Bakaro, relevant de la ville balnéaire de Tichy, lui, a pour destination finale le Maroc. Pour joindre l’utile à l’agréable, il a ainsi opté de regagner Alger par la toute nouvelle navette maritime pour éviter de commencer ses vacances par les embouteillages de la route. “Franchement, c’est pour la première fois que je me sens en vacances déjà au cours de cette magnifique traversée”, a-t-il soupiré, même s’il regrette le fait que la buvette du bateau ne soit pas ouverte à l’occasion de ce voyage. La même remarque est faite par Sofiane, étudiant de 3e année en électrotechnique à l’université de Béjaïa. “C’est la première fois que je voyage par bateau et je sens un creux terrible. Dommage, il n’y a rien à acheter à bord”, a-t-il déploré. “Ce problème ne va plus se poser à l’avenir. La buvette sera approvisionnée dès notre retour d’Alger et dorénavant vous allez y trouver toujours quelque chose à acheter”, rassure un matelot. Sofiane qui a payé le tarif étudiant fixé à 780 DA, au lieu du prix ordinaire de 1 300 DA, se réjouit toutefois de pouvoir se connecter à internet grâce au réseau wifi (3G), disponible à bord. Abdellah B., lui, est un émigré vivant depuis plus de 20 aux USA. Il découvre avec fierté le lancement de cette ligne maritime locale qu’il dit préférer même à l’avion au vu des heures d’attente que les passagers sont contraints de passer aux aéroports, y compris pour les vols intérieurs. Au port, à Béjaïa tout comme à Alger, l’embarquement ne dure que quelques minutes. À la barre, le commandant de bord Réda Guenoune, assisté du chef mécanicien, Salim Boussoura, est aux petits soins pour assurer aux passagers un agréable voyage à grande vitesse.


F. A.


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1 réactions
mounnadoll le 03/11/2015 à 14h17

Il faut croire que tout ce qui est entrepris est complètement déconnecté des réalités, puisqu'il est plus commode d'instaurer une navette sur un long trajet (Annaba/Alger) que de faire obligation aux intéressés d’emprunter l’autoroute à risques en pleins travaux.

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