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A la une / Reportage

Des milliers de touristes y ont afflué durant le dernier week-end des vacances

Une journée au “paradis blanc” de Tikjda

Des familles bivouaquant sur le site enchanteur de Tikjda. £ R. Bourahla/Liberté

“De ma vie je n’ai vu pareil site ! C’est ma première visite à Tikjda, et ce ne sera sûrement pas la dernière”,dira avec enthousiasme une touriste venue de Skikda.

Avec le retour du soleil et dans le but de profiter des derniers jours des vacances scolaires, des milliers de familles ont littéralement envahi la station climatique de Tikjda le week-end dernier. Venus des quatre coins du pays, ces vacanciers, avant de replonger dans la routine — le travail pour certains et l’école pour d’autres — donnent l’impression de vouloir profiter de chaque instant sur ce site féerique. Dame Nature, il faut bien le dire, a excellé dans son œuvre à Tikjda. Les montagnes majestueuses qui ont revêtu leur manteau d’une blancheur immaculée, côtoient harmonieusement une végétation verdoyante. Le tout dans un calme quasi céleste.
Dans ce “paradis blanc”, on se perd et on ne souhaite nullement d’être retrouvé et surtout “recommencer là, où le monde a commencé”, pour reprendre les paroles de feu Michel Berger. Pour s’y rendre, le chemin le plus court reste la RN33, communément appelée “Route de Haïzer”. C’est à partir de là que commence notre ascension. Ainsi, et après le barrage de police, à proximité du centre pénitentiaire, nous poursuivons notre chemin en empruntant le dédoublement de la RN33. Là, les agents municipaux et de la DTP se démènent comme de beaux diables pour nettoyer et réparer la chaussée, en prévision du passage des coureurs cyclistes participant à la 21e édition du Tour d’Algérie. Arrivés à l’intersection de la localité de Slim, nous suivons la plaque indiquant la direction de Tikjda. Le calme et la sérénité y sont les maîtres-mots. Point de stress, ni de vacarme.
Nous sommes en parfaite harmonie avec Dame Nature et ses merveilles. Nous croisons des femmes transportant des sacs d’olives fraîchement cueillies. Les hommes prennent le temps d’aller chercher de l’eau à une fontaine située à plusieurs mètres en contrebas, avec pour seul et unique moyen de locomotion, un mulet qui montre bien que sa réputation n’est pas usurpée. Il trottine au beau milieu de la route, comme s’il voulait nous montrer que nous sommes sur son territoire. Lors de notre ascension, les accotements de la route habituellement jonchés de canettes de bière, ont été nettoyés.
Les monticules d’immondices, ont été ramassés. La campagne de nettoyage de la RN33, reliant Bouira à la station climatique de Tikjda, lancée dernièrement par le wali, a finalement porté ses fruits. La propreté retrouvée, les lieux servent désormais d’endroits de pique-nique aux familles. Un repas frugal certes, mais dégusté à la bonne franquette, à l’ombre d’un pin d’Alep et l’air vivifiant de la montagne, se transforme en un festin pour les adeptes du carpe diem.
Une fois arrivés sur les hauteurs de Tikjda, culminant à plus de 1 478 mètres, l’esprit s’apaise et les sens s’éveillent comme par enchantement. Hormis la paix de l’esprit et de l’âme, plus rien ne compte. Une quête vouée à l’échec en milieu urbain. Sur la route qui mène vers Tighzert, les touristes subjugués par la beauté des paysages qui s’offrent à eux, n’hésitent pas à se garer au beau milieu de l’étroit sentier, afin d’immortaliser leur passage à Tikjda. Photos, vidéos et autres selfies sont de la partie. “De ma vie je n’ai vu pareil site ! C’est ma première visite à Tikjda et ce ne sera sûrement pas la dernière”, nous dit avec un enthousiasme certain, une touriste venue de Skikda. Son mari, qui s’affaire à calmer ses enfants, ajoute : “L’hiver dernier, nous avons visité Chréa et cette fois-ci nous avons décidé de mettre le cap sur ce site et je peux vous affirmer que ça vaut le détour.”
D’autres vacanciers venus du sud du pays, notamment d’Oued Souf et de Béchar, sont littéralement envoûtés par la splendeur des paysages. “C’est merveilleux ! En contemplant ce tableau divin, nous nous rendons compte que nous sommes si peu de chose”, dira Madjid, un vacancier originaire de la Vallée du M’zab. Il est vrai qu’il est très difficile de rester impassible devant ce don divin.
Les touristes rencontrés près du site de Tighzert, s’en donnent à cœur joie. Bataille de boules de neige à tout va, séances de ski improvisées et les mélomanes de tous bords qui, en jouant de la guitare, se prennent pour Mick Jagger. “Nous sommes là pour nous amuser et oublier nos tracas. La neige, la montagne et des grands espaces. Que demander de plus ?”, dira Hakim, un visiteur d’Alger.

Le porte-monnaie mis à rude épreuve
Mais pour profiter pleinement de ce paradis terrestre, il faut, tout d’abord, trouver un endroit où stationner. Se garer relève carrément de l’exploit et la trop grande affluence n’arrange rien à la situation. C’est là que les “parkingueurs” interviennent.
Ces agents, tentant par tous les moyens de “dénicher” une place aux visiteurs quitte à faire l’impasse sur la méthode et surtout l’organisation. Une “place au paradis” ça se mérite et surtout avec ces gardiens, elle se paie. Et pas en monnaie de singe : 200 DA non négociables. Ce n’est pas cher payé pour contempler Dame Nature dans toute sa spendeur. À peine sorti du véhicule, le visiteur est littéralement happé par la beauté du site et son immensité. La poudreuse est partout et son appel est irrésistible. “Nous sommes en Algérie ici ? C’est à peine croyable”, lancera une jeune Algéroise émerveillée. Sa tante, originaire de Bouira, qui lui sert de guide, relativise : “Si tu avais connu ce site dans les années 1980, tu serais encore plus étonnée. Tikjda s’est nettement dégradé.” Mais que serait Tikjda, sans une bonne séance de ski ou de luge ? Là encore, il faut mettre la main au porte-monnaie  pour contenter les mouflets. Une séance de ski assurée par un moniteur professionnel est facturée 600 DA l’heure. À Tikjda, le porte-monnaie est mis à rude épreuve. Cependant, c’est bien connu, quand on aime on ne compte pas. Passé 16h, les derniers touristes sur place, le cœur serré et la mine radieuse, entament leur descente vers la plaine. Mais pour cela, il faut encore passer l’écueil des embouteillages sur la route qui mène vers le Centre national des loisirs et sports de Tikjda (CNLST).
Les pouvoirs publics ont, à maintes reprises, annoncé la réhabilitation des remontées mécaniques ou la mise en place d’un téléphérique vers Tikjda, mais rien de tout cela n’a été concrétisé.   


R. B.

 


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