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A la une / Reportage

Des journalistes algériens visitent le complexe industriel de Sanofi à Francfort

“Une technologie de pointe difficilement exportable”, selon les responsables du groupe

C’est dans un site industriel de Francfort (Allemagne), d’une superficie de 2,2 kilomètres carrés, que le groupe Sanofi a implanté sa plus grande et plus moderne usine de l’insuline. Dès l’entrée du complexe, où les mesures de sécurité sont assez strictes, l’infrastructure se révèle sous des dimensions impressionnantes. Sanofi occupe les plus grands espaces du site où sont présents 50 groupes industriels. “Sanofi emploie le tiers des 22 000 personnes qui travaillent sur ce site”, affirme le Dr Christophe Heinemann, vice-président stratégie et gestion du portefeuille à la division diabète. En 2009, le groupe rachète à Pfizer ses installations de production de l’insuline afin d’augmenter ses capacités de production de ce traitement et faire de son usine de Francfort “le plus grand centre de production d'insuline au monde”. Le groupe pharmaceutique approvisionne 85 pays en insuline (ampoules et stylos). “Sanofi a investi, en dix ans à Francfort, plus d’un milliard d’euros en infrastructures et en équipements”, indique le Dr Heinemann. Un investissement qui a permis à la firme pharmaceutique, qui existe depuis à peine 40 ans, d’accaparer 30% du marché mondial de l’insuline. Il est présent en Algérie, dans ce segment, à des proportions voisines (28%). La visite de l’usine de Sanofi à Francfort, à laquelle a été invitée une dizaine de journalistes algériens, le 27 septembre dernier, commence par la zone H500, soit l’unité de fabrication des stylos à insuline. Les espaces sont vastes, les opérateurs de machines peu nombreux. La firme mise beaucoup sur la robotique, “pour réduire le risque d’erreurs humaines”, soutient Antoine Ortoli, senior vice-président intercontinental, opérations globales. Le recours aux systèmes électroniques de pointe, quasiment à tous les niveaux de la chaîne de fabrication, répond surtout à l’objectif d’optimiser la production. Le process démarre par le lavage et la stérilisation des cartouches en verre, leur remplissage par de l’insuline, leur emboîtement dans les stylos, la mise en boîte, l’étiquetage puis le conditionnement. Les machines produisent ainsi 400 stylos par minute. Le déplacement, à travers l’unité, de la matière première, des kits d’emballage et du produit fini, est assuré par des chariots transporteurs sans conducteur. “Les chariots se signalent par de la musique. Ils sont dotés de senseurs optiques qui leur permettent de détecter un obstacle et de s’arrêter”, explique un responsable de la division. 250 millions de stylos à insuline sont fabriqués annuellement dans cette unité. “L’extension de la ligne 3 atteindra le volume de fabrication, selon une projection théorique, à 400 stylos par an”, rapporte notre interlocuteur. La zone H600 est réservée à la production des ampoules insuline 3mm. Là aussi, la machine est la maîtresse des lieux. Un cadre de Sanofi détaille les différentes étapes de production. Environ 30 millions d’ampoules sortent de cette usine chaque année. Une baisse de cadence engendrée par la généralisation de l’utilisation du stylo à insuline. La visite s’achève par la zone G650 dédiée à la fabrication de l’insuline Lantus, obtenue par recombinaison génétique in vitro à partir de la culture d’une souche de laboratoire d’E-coli, dotée de l’insuline humaine. “Les bactéries multipliées sont détruites par un produit désinfectant. Puis leurs parois cellulaires sont rompues pour extraire l’hormone insuline, sous forme de longues chaînes de protéines, pliées ensuite pour produire une molécule d’insuline parfaite. L’étape suivante consiste à purifier les protéines via un processus chromatographique qui sépare les produits dérivés “insulin-like” et les hautes impuretés moléculaires de l’hormone pure”, explique-t-on. La poudre d’insuline purifiée est ensuite cristallisée pour la transformer en solution liquide dans de hautes conditions d’asepsie. Le processus, accompli là également par automatisation, est supervisé par des ingénieurs dans une tour de contrôle. “Le système informatique est inviolable. Il est sécurisé aussi contre les bugs et les pannes d’électricité”, certifie un cadre de Sanofi. “Le groupe a mis en œuvre, sur le site de Francfort une technologie stérile qui n’est pas exportable facilement”, souligne le Dr Heinemann. Pour cette raison, l’insuline de Sanofi est entièrement produite dans son usine allemande.


S. H.