Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Rétrospective 2016

Opep

Accord historique à Alger

© D.R.

Au terme de longues et difficiles discussions, l’organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a conclu, le 28 septembre dernier, à Alger, un accord qualifié “d’historique”.

L’OPEP, réunie de manière informelle, avait en effet obtenu un succès inespéré, car rien ne laissait présager que ses membres allaient se mettre d’accord sur une décision aussi importante : une baisse de l’offre pétrolière. Ainsi, l’Opep s’est ressaisie et a changé de cap. Elle l’a fait, après deux années d’errements stratégiques. En effet, depuis mi-juin 2014, date à laquelle a commencé la chute pétrolière, elle essuya échec sur échec, n’arrivant pas à rapprocher les points de vue de ses membres afin de parvenir à une solution réaliste et à associer à sa démarche les producteurs qui lui sont extérieurs. Emmenée par l’Arabie saoudite, l’organisation viennoise s’est départie en réalité de sa responsabilité, laissant libre cours au marché, sans pour autant s’éclipser, multipliant les réunions et appelant à la stabilité des marchés, un objectif ambitieux qui ne peut être atteint que par l’implication de tous les États pétroliers. En avril 2016, par exemple, des pays Opep et non-Opep se sont réunis de manière informelle à Doha. Le rendez-vous qatari a échoué en raison de divergences de vues sur le gel de la production entre Iraniens et Saoudiens. Une question se pose cependant : qu’est-ce qui a changé, dans le cas de l’Iran et dans le cas de l’Arabie saoudite, pour que l’on parvienne, le 28 septembre dernier, à la conclusion de l’accord d’Alger ? Téhéran ne voulait pas, au départ, d’un accord à Alger, espérant se donner plus de temps pour faire prendre plus de volume à sa production d’hydrocarbures. L’Iran aspirait à produire 4 millions de barils par jour à court terme pour retrouver le niveau de production antérieur aux sanctions internationales, qui lui avaient été injustement imposées par les États-Unis et l’UE en 2012, et reconquérir, ainsi, ses parts de marché estimées à 13%. On s’en souvient, la déclaration faite par le ministre iranien du Pétrole à Alger aura douché les espoirs d’un compromis. De fait, elle aura fait passer le pays  pour un rabat-joie dans les travers de l’Opep. L’Arabie saoudite, elle, a été visiblement favorable à un accord de principe à Alger. Nordine Ait Laoussine, ancien ministre de l’Énergie, affirmait, dans une interview qu’il nous a accordée, il y a quelques semaines, que l’Accord d’Alger et sa mise en œuvre n’ont été possibles que parce que l’Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe ont admis, sans l’avouer de façon explicite, que la stratégie de défense des parts de marché n’a pas produit, dans des délais raisonnables, les résultats escomptés en termes de revenus pétroliers. La stratégie saoudienne, consistant à accepter des sacrifices à court terme pour récolter des gains à long terme, a échoué. Elle n’a pas mis fin à l’excédent de l’offre et à la grande volatilité du prix du pétrole. Le royaume wahhabite n’a donc pas été épargné par l’effondrement des cours à un moment où il a besoin de ressources financières substantielles pour mener à bien son ambition de diversifier son économie nationale. L’Accord d’Alger a été entériné le 30 novembre à Vienne et consolidé le 10 décembre dernier par un accord signé avec onze pays non-Opep.


Y. S.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER