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A la une / Santé

Assèchement des ressources financières et durcissement de l’environnement fiscal

Le secteur pharmaceutique sous pression

Les restrictions risquent de pénaliser sévèrement les malades. © Archives Yahia/Liberté

Les restrictions en termes de financement bancaire, conjuguées à la baisse des prix des produits pharmaceutiques, le tout dans un environnement fiscal qui va en se durcissant, impactent fortement l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique et fait à nouveau planer le spectre des pénuries chroniques qu’a connues le secteur il y a quelques années.

Les instructions de la Banque d’Algérie se succèdent et vont toutes vers une restriction des possibilités et capacités de financement des opérations d’importation, à savoir refus de domiciliation d’opérations d’importation pour des montants excédant deux fois les fonds propres de l’entreprise et réduction du ratio prudentiel des fonds propres des banques, par rapport à leurs engagements au titre du commerce extérieur, à 1 au lieu de 4 il y a peu de temps. Ces mesures impactent négativement le secteur pharmaceutique tout en amont de leurs activités et à tous les niveaux, produits finis, intrants, équipements. D’un autre côté qu’on peut décrire comme l’aval des activités, le ministère de la Santé et la sécurité sociale imposent des baisses de prix autoritaires sur un marché pharmaceutique où les marges bénéficiaires sont réglementées et rigides, ce qui impacte négativement les finances en premier lieu des producteurs et des officines pharmaceutiques.
L’administration fiscale n’est pas en reste, puisqu’elle prévoit la mise en place d’une TVA sur des produits pharmaceutiques dits de confort ainsi que ses intrants. Problème ! Ces produits n’ont pas d’existence légale, l’administration élude la question et indique que le ministère de la Santé va émettre une liste desdits produits. Bref, on taxe le bébé avant même sa naissance. De plus, l’IBS sera porté à 26% pour les entreprises dites de services, et la réfaction de la TAP pour le secteur n’est pas à l’ordre du jour (1). Il est évident que la violence de la crise économique qui se profile et face à l’urgence qu’elle induit fait prendre aux décisions faites par les politiques et responsables administratifs un caractère hâtif et global. Pourtant, les spécificités du secteur pharmaceutique algérien qui est, pour rappel, le premier producteur pharmaceutique maghrébin (2), 3e d’Afrique, 2e marché pharmaceutique d’Afrique – ce qui place l’Algérie comme un potentiel acteur pharmaceutique majeur d’Afrique – est appelé à développer l’une des meilleures couvertures pharmaceutiques continentales via un réseau de 10 000 officines (3) ; d’autant plus qu’il représente le secteur d’activité économique le moins touché par l’informel et la contrefaçon. Cette position doit interpeller les pouvoirs publics comme l’ont répété à souhait les professionnels du secteur, aussi bien au FCE, à l’Unop qu’au Conseil de l’ordre des pharmaciens, ce secteur doit continuer de bénéficier d’une attention particulière aussi bien financièrement que fiscalement, et cela malgré la tempête financière que vit le pays.
Une première action d’urgence, révision de la TAP par les autorités fiscales pour le secteur dans un contexte d’assèchement des capacités financières de l’ensemble des acteurs pharmaceutiques.
 

(1)Débat du FCE 15-09-2015 avec Abderrahmane Raouya, directeur général des impôts.
(2) Source Unop : production pharmaceutique nationale pour l’année 2014.
(3) Source Cnop : Tableau national de l’Ordre des pharmaciens 2012

 


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