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A la une / Santé

Médicaments

Les raisons objectives d’une baisse des importations

Depuis une année, l’accélération de l’érosion de la valeur de l’euro face au dollar a engendré la baisse des importations pharmaceutiques. ©Yahia/Liberté

Régulièrement, ces derniers mois, le milieu sanitaire sursaute aux annonces inquiétantes du ministère de la Santé, des baisses importantes de la facture des importations de médicaments.

Une petite analyse des données fournies par l’ONS démontre que la baisse des importations de cette année ne résulte pas d’une diminution des besoins, ni de coupes volontaires dans le budget pharmaceutique, mais qu’elle est la conséquence d’éléments technico-financiers externes et internes.
Car l’essentiel de la baisse de la facture des importations pharmaceutiques est due à l’accélération de l’érosion de la valeur de l’euro face au dollar et cela depuis un an. Le cours moyen de l’euro face au dollar, les 8 premiers mois de l’année 2014, était de 1,35 dollar pour 1 euro, alors que pour les 8 premiers mois de cette année, le taux est de 1,11 dollar pour 1 euro ; cela équivaut donc à une dévaluation de l’euro face au dollar de plus de 20% entre ces deux périodes et, sachant que l’Algérie importe la majeure partie de ses produits pharmaceutiques de la zone euro, cette donnée explique à elle toute seule l’essentiel de la baisse en valeur des importations pharmaceutiques algériennes.
Pour le secteur productif, la chute de l’euro n’a apporté aucune plus-value puisque l’essentiel des matières premières nécessaires à la production pharmaceutique provient d’Inde et de Chine, donc libellées en dollars. Cette absence de plus-value, conjuguée à la baisse l’année dernière du tarif de référence de nombreux produits pharmaceutiques fabriqués localement, enregistrée l’année dernière, explique par contre l’érosion des marges bénéficiaires et la fragilisation des producteurs pharmaceutiques nationaux et internationaux.
Donc, à taux de change équivalent, il devient évident que la dynamique du marché algérien des importations pharmaceutiques est à la croissance, transition épidémiologique oblige (explosion des pathologies tels le diabète, le cancer, les maladies cardiovasculaires) car si on observe bien la tendance sur plusieurs mois, on remarque que l’évolution des importations était de -40% les 4 premiers mois (-30% les 6 premiers mois) de 2014 et -24% les 8 premiers mois de2015, ce qui démontre qu’il y a bien eu un retard d’exécution des programmes d’importations et qu’actuellement le marché se rattrape. Ce retard d’exécution des programmes d’importations était dû à une nécessaire et obligatoire révision des prix des produits pharmaceutiques arrivés au terme de leurs autorisations de mise sur le marché quinquennal qui devaient être renouvelées.
Cependant, la manière précipitée et les difficultés organisationnelles, vu le sous-dimensionnement et le manque de moyens de la direction générale de la pharmacie du ministère de la Santé, a créé des tensions sur la disponibilité pharmaceutique qui, heureusement, pour cette fois, n’as pas abouti à de graves pénuries et cela grâce au stock de sécurité constitué par la majorité des importateurs.
Il faut espérer que la mise en activité, très prochainement, de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) va permettre à la direction générale de la pharmacie d’opérer une réorganisation intelligente de sa structure pour donner la part belle à une réelle direction de la régulation des activités pharmaceutiques, ce qui permettra de mieux contrôler les programmes d’importations, d’optimiser les investissements productifs, de réguler la distribution, de lancer de sérieuses études prospectives et de renforcer la politique nationale pharmaceutique sur le plan méthodologique en participant à la généralisation, entre autres, des études pharmaco-économiques, comme outils indispensable à l’optimisation de la disponibilité et de l’accessibilités de produits pharmaceutiques au patient algérien.

H. N.


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