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A la une / Soleil HEC/Réd-Num-"Liberté"

#LibertéVENDREDI

Le quotidien d'un retraité...

©D.R.

Enfant je plaignais les grandes personnes dont les semaines étales sont à peine colorées par la fadeur des vendredis. Vivre sans rien attendre me paraissait affreux.

Mon réveil s'accompagne du son retentissant du Muezzin qui brise le silence noctambule du quartier, mes yeux s'ouvrent et j'observe le visage encadré de cheveux blancs épars de ma femme, les rides qui ont creusé son visage détendu par le sommeil du juste et je souris, assis sur le bord du lit. Mes pas sont lourds et je me traine jusqu'à la salle d'eau ou sous le jaune mat et cru du lampion mes propres rides et mes propres cheveux blancs me font face.

Les ablutions matinales, froids jets d'eau m'arrachent des frissons à m'en raidir l'échine. Un cocktail assez efficace pour passer outre la chaleur et la paresse que procure le sommeil, J'enfile prestement mes habits et je me surprends toujours à avoir cette même hâte du temps ou je n'étais pas encore en retraite. Pourquoi suis-je entrain de me hâter ? Un sourire ponctué par un soupir et je bois mon café dans la cuisine, fumant ostensiblement ma cigarette le temps que tous mes sens soient en éveil afin de me mettre en route pour la mosquée, on dit qu'avec l'âge vint  la raison et avec la raison la piété.

Je me rappelais rêver du jour ou je n'aurais plus à travailler, à trimer matin midi et soir : comment Diable un homme peut-il se réjouir d'être réveillé à 6h30 du matin par une alarme, bondir hors de son lit, avaler sans plaisir un café, se débattre dans le trafic pour trouver une place, où essentiellement il produit du fric pour quelqu'un d'autre, qui en plus lui demande d'être reconnaissant pour cette opportunité ? Attablé au bistrot, je pense à comment briser la routine redondante et vide de mes journées qui se ressemblent : Acheter mon journal, une sieste l'après-midi, une partie de domino en fin de journée, quelques courses qui me rappelle la cherté de la vie qui rattrape un retraité n'ayant que ses cotisations d'une vie pour un tant soit peu subsisté si ce n'est vivoter, porter un regard désabusé sur l'actualité politique d'un pays qui a su rendre toute une génération de jeunes découragés et de vieux aigris.

Je rentre souvent une heure avant le dîner, après que les parties de coinche ou de dominos m'ont soit définitivement ennuyés ou énervés : un livre, un match, quelques réflexions échangés avec ma femme ou les appels de mes deux enfants. Je ne tarde pas à souper et à m'endormir en espérant secrètement que par un quelconque miracle : demain s'accompagne de quelque chose qui me tire de cette torpeur éveillée. Être un retraité en Algérie est équivaut à vivoter sans rien attendre, sans rien accomplir des rêves d'antan qu'on a balayé faute de temps et par surcharge de travail et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer nos âmes.

Camélia BOURAHLA

(Soleil HEC/Rédaction Numérique de "Liberté")

 

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