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Journée mondiale de la liberté de la presse

Nouvelle génération et journaux: rien ne va plus !

©D.R.

Siroter son café en feuilletant les pages d’un journal, profiter du trajet en bus pour survoler l’actualité, prendre son petit déjeuner en lisant les titres des quotidiens … Autant d’habitudes qui nous semblent étranges et bien lointaines au vue de leur rareté de nos jours ! Il est aujourd’hui presque impossible de croiser un jeune qui lit un journal, les chances de le voir en lire un en version papier sont encore plus minces. La lecture, bien qu’elle soit une activité richement constructive, est malheureusement un loisir peu apprécié par la jeune génération… Et pourtant, dans un monde où l’information est source de richesses inestimables, il est légitime de se demander les raisons qui ont mené à cette rupture afin d’essayer coûte que coûte de stopper l’hémorragie avant que cela ne soit trop tard.

A première vue, on serait tenté de tout mettre sur le dos d’internet et les réseaux sociaux. C’est bien connu, les jeunes sont tout le temps connectés sur leur smartphone, ils échangent avec leurs amis et leur proches, si bien qu’en fin de journée, ils n’ont pas assez de temps pour se soucier de l’actualité du monde qui les entoure. 

 Mais pourquoi les jeunes liraient-ils les journaux ? Quand j'étais plus jeune, un des cadeaux que l'on faisait à un pré-adolescent, voire à un enfant dès qu'il savait lire, c'était un abonnement à un magazine. Aujourd'hui, les mêmes enfants reçoivent un jeu électronique et font leur recherche en ligne pour leur travail scolaire. On pourrait penser que la gratuité des supports numériques et leur disponibilité en masse attiraient davantage de jeunes lecteurs, mais il n’en est rien, bien au contraire ! En effet, à trop croiser d’articles de journaux en ligne, on est en position de se poser des questions quant à leur fiabilité et leur justesses, car on le sait, l’information coute de l’or et les journalistes ne manquent pas de scrupule pour vendre tout ce qui peut être vendu, au détriment de la qualité de l’information.

En demandant à des amis la raison pour laquelle ils ne lisaient pas les journaux, j’ai eu droit à des réponses telles que  : « à quoi bon lire des journaux qui ne sont bien payés que pour nous faire croire ce qu’ils veulent », « Je ne me vois pas aller acheter un journal et le lire, s’il y a des nouvelles intéressantes, j’entendrai forcement parle sur Facebook de toute façon » ou encore « j’ai téléchargé des journaux numériques sur mon téléphone, mais sincèrement j’en lis des articles très rarement .» . Certes on ne peut pas nier le fait que la lecture a du mal à coexister avec les nouvelles technologies qui ne cessent de proliférer et d’envahir les quatre coin du monde, mais qu’on se le dise, le mal-être entre le jeune et le domaine du journalisme est bien réel, le laxisme et laisser aller des jeunes est la première cause à pointer du doigts, le laisser faire des adulte en est la deuxième.
Lire est malheureusement un verbe qui se conjugue au passé chez nous. Pourtant, le journal est sans doute le moyen le plus efficace et le plus facile de se tenir informer de ce qui se passe dans le monde, car qu’on le veuille ou pas, aujourd’hui plus que jamais, notre destin est étroitement lié à celui « des autres », et la seule manière d’exister encore est de cultiver un esprit critique à travers ce qu’offre les medias en général et les journaux en particulier, comme informations et avoir assez de distance pour savoir en tirer le meilleur.

                                                          Lydia HARBI

Soleil (HEC)/Rédaction Numérique de "Liberté"