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Orgueil et préjugés: Ce qui ne tourne pas rond en Algérie

©D.R.

Orgueil et préjugés, deux mots dont la signification diffère mais qui, à eux seuls, font bien des ravages. C’est l’histoire palpitante, déchirante, troublante aux multiples rebondissements, mêlant amour passionnel, orgueil disproportionné et préjugés fallacieux.

Aux premières lueurs du jour, le crépuscule voit se lever les premières âmes damnées d’un foyer déchiré par le silence et l’indifférence au centre d’Alger. Non loin, dans la même rue, une jeune fille vient de sauter le pas, tourmentée par les persécutions incessantes de ses camarades de classe. Elle choisit enfin de prendre son courage à deux mains pour se tailler les veines. Quelques instants plus tard deux hommes se battent pour laver leur honneur, entaché par un regard de travers, ce qui coûte la vie au vaincu et non moins au vainqueur –sa liberté-. Et enfin, surplombant Alger, une jeune femme sombre dans les abysses de la dépression après avoir commis l’irréparable et jeté l’opprobre sur sa famille. Ainsi commence cette belle journée ensoleillée, à Alger la Blanche, la bien nommée, recouverte d’un linceul blanc immaculé.

Cette histoire en relate bien d’autres, cela se passe ici et là, un peu partout à vrai dire, c’est si commun, c’en est presque banal. On ne peut pas dénoncer et décrire en détail tous les maux, mais on peut toujours mettre le point sur quelques-uns d’entre eux.

Quelles sont donc les conséquences qu’apportent l’orgueil et les préjugés des algériens ?

« Celui qui cherche à convaincre et émouvoir par son discours doit se libérer de toute hypocrisie » Tiré d’orgueil et préjugés, le film.

Racisme, xénophobie et régionalisme 

La fierté est le rapport qu’a l’homme avec lui-même. L’orgueil est le rapport qu’entretien l’individu avec l’autre, un sentiment de supériorité profondément ancré dans la pensée commune. Précepte antagoniste au vivre-ensemble car il implique inéluctablement l’infériorité de l’autre. En se croyant meilleur on s’octroie le droit de juger nos semblables sur leur ethnie, sur leur race, sur leurs actes. On juge, mais on a peur d’être jugés. On juge sans savoir, on juge sans connaître, par jalousie ou simplement par méfiance d’autrui. On juge parce qu’il est plus simple de châtier les noirs et les non-musulmans, par exemple, que d’essayer de cohabiter avec eux.  

Beaucoup de gens déclarent être tolérants mais ce que l’on constate en réalité, c’est que le degré de racisme en Algérie prend une ampleur considérable. Ce mépris envers autrui s’applique aux Chinois qui se font humilier et rejeter car leurs cultures et croyances sont différentes des nôtres. Et puis, il y a aussi les réfugiés, les Syriens qui sont indésirables dans nos rues. Des comportements hostiles envers les étrangers, les africains en particulier, à croire que le « noir » ne sied guère à l’algérien, en commençant par les Sub-sahariens qui se font lyncher car considérés tel des parasites porteurs de maladies graves. On entend souvent parler de ces histoires sordides, parfois on y assiste en direct. La brève histoire de ce « nègre » qui se fait insulter de tous les noms dans un bus, cet « africain » qu’on ne veut pas accueillir chez nous. Un réel paradoxe car l’Algérie est elle-même africaine. Ce jeune citoyen venu tout droit du Sahara pour étudier à la capitale, subit quotidiennement d’innombrables moqueries insensées à la fac de la part de ses confrères de patrie, comme s’il était moins « algérien » qu’eux.

Mais est-ce réellement un problème de couleur ? Malheureusement, c’est bien plus profond que cela, plus on creuse plus on découvre de nouvelles horreurs, une xénophobie incontestable justifie la monté du régionalisme. Des stéréotypes et clichés qui font rage, des bagarres qui vont au-delà des débats stériles que l’on rencontre dans les  réseaux sociaux, un véritable fléau social qui engendre la haine entre les citoyens. Le kabyle ne fait pas le ramadhan, l’arabe est un voleur.  Et on creuse encore, le kabyle de Tizi-Ouzou est plus « GRAND » que celui de Bejaïa.

Un phénomène semblable au développement d’une équation algébrique qui va de racisme envers les étrangers au régionalisme envers ses voisins dont les origines divergent. Des préjugés encore et toujours…

« Lorsqu'on a envie de détester quelqu'un, on n'est jamais à court de raisons pour cela. » Jane Austen

Ces chamailleries incessantes éloignent l’esprit d’entraide et de camaraderie entre les différentes régions. Toutefois, il y a une question que rares sont les personnes qui osent se la poser : « Si les palestiniens eux aussi étaient présents, seraient-ils accueillis de cette manière s’ils arpentaient nos rues en mendiant, en demandant de l’aide ? » « Bien sur que non ! Ce sont nos frères musulmans ! » Les autres ne le sont-ils pas ? On ne fait pas preuve de sa solidarité, de son soutien, de sa compassion uniquement derrière les visions d’horreurs qu’on nous présente à la télévision. On agit ! Et ce, quelque soit la nationalité de la personne dans le besoin. Ou au moins, faire l’effort d’être accueillant et chaleureux envers autrui. Et puis, pourquoi se plaindre du racisme qu’on subit ailleurs si nous faisons de même chez nous ? La solution serait d’abord de réconcilier les algériens avec eux même avant de s’attendre à ce qu’ils aient un comportement exemplaire avec les autres. Parfois, il suffit d’un simple déclic pour éveiller une conscience. Quand on est tolérants, on l’est, un point c’est tout. Les mentalités renfermées peuvent évoluer petit à petit, on y croit.

Le chômeur typiquement algérien 

En dehors du racisme et du régionalisme, de par le sentiment d’orgueil découle un autre problème qui reste toujours d’actualité.

En effet, une nouvelle année pointe le bout de son nez et le fameux « nif » des algériens est aussi de la partie, depuis bien des années déjà d’ailleurs. Un « nif » qui incombe les jeunes, les chômeurs entre autres. Un chômeur lambda se croit tout mériter, il est fait pour diriger et donner des ordres, sa conscience l’empêchera d’accepter un poste qui ne convient pas à son ego surdimensionné. Il ne comprend pas que pour grimper les échelons, il est logique de commencer quelque part, tout en bas, et de travailler dur pour s’élever à un rang supérieur. C’est en forgeant que l’on devient forgeron, on ne peut pas être directement propulsé dans la gloire et la richesse même en ayant fait des études prestigieuses.

En attendant un miracle divin qui récompensera ce héros du peuple algérien, mal traité par les responsables et les hauts placés. Cet être marginalisé et incompris aux capacités sous-estimées préférera rêver de son bureau spacieux équipé d’un ordinateur tout neuf dans une entreprise réputée, tout en restant affalé à un mur. Cet algérien doit comprendre que son égoïsme et son arrogance ne feront pas avancer son pays, et que ce dernier n’avancera pas sans son aide. Il faut se montrer utile avant de vouloir prouver son importance aux autres. Fort heureusement, ça, beaucoup d’autres jeunes l’ont compris. Des jeunes qui innovent, qui partagent leurs idées. Des étudiants qui croient au changement et qui se développent en dirigeant leurs efforts vers le développement de l’Algérie.  Des aventuriers qui lancent des startups, des associations et des événements ne serait ce que pour apporter un plus.

Peut-on mettre un terme à tout cela ?

Il existe une lueur d’espoir dans chaque nouveau départ. Et l’on dira toujours que pour bien faire, il n’est jamais trop tard. Cela dit, il est toujours nécessaire de prendre conscience de ses erreurs, de leur gravité et de ce qu’elles impliquent avant de songer à les corriger. Une Algérie « trop sur la défensive » ne pourra jamais s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Pour 2017, on souhaite que les personnes les plus motivées, les plus enthousiastes, les plus entreprenantes puissent avoir une influence positive sur l’intégralité de la société algérienne. Tout commence à partir d’un petit geste ou d’une simple pensée véhiculée par une volonté de fer, celle de vouloir changer les choses et les rendre meilleures.

On souhaite que l’algérien se rende compte du potentiel enfouis au plus profond de lui-même, qu’il le développe et qu’à partir de ce dernier il puisse créer quelque chose d’utile, pour lui et pour le reste de l’humanité si possible, pourquoi pas après tout ? Si les autres peuvent révolutionner le monde, l’algérien le peut aussi. Le partage a une importance cruciale; ce n’est pas en dissimulant égoïstement ses connaissances et son savoir que l’on va avancer, ce n’est pas en jalousant le succès et la réussite de quelqu’un qu’on se donnera les moyens de mieux faire. Au contraire, c’est en unissant nos forces qu’on peut bâtir la fameuse Algérie dont tout le monde rêve. Il existe un proverbe africain qu’on nous a inculqué à SOLEIL HEC. Il illustre parfaitement cette idée et son impacte est beaucoup plus puissant étant exprimé en anglais :

«  If you want to go fast, go alone. But if you want to go far, go together. »
On souhaite voir moins de cet orgueil oppressant qui nous empêche de faire équipe, moins de ces préjugés purement hypocrites envers les inconnus, cela ne leur laisse aucune chance de montrer ce qu’ils valent vraiment. Pour qu’enfin on puisse s’élever à ce niveau là, on souhaite plus d’amour, s’aimer soi-même, croire en nous-mêmes et puis aimer son prochain que ce soit ici ou ailleurs. C’est la clef qui pourra défaire cette serrure qui séquestre nos têtes et nos cœurs. C’est la seule solution qui fera en sorte que le « nif » algérien cesse de pointer vers la mauvaise direction. C’est le remède ultime pour apaiser toutes les tensions qui naissent au sein de notre société en ruines attendant d’être remise sur des bases plus solides. Aimer, pour éradiquer toutes les querelles futiles qui nous éloignent de nos réels objectifs. Aimer, et propager nos idéaux pour un avenir plus radieux. Aimer plus, sans aucune crainte, sans aucun reproche. S’unir et être plus soudés. C’est ce que l’on souhaite avoir pour 2017.

Rania CHAIB

(Soleil HEC/Rédaction Numérique de "Liberté")

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