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#LibertéVENDREDI

Violences faites aux femmes : il faut en parler !

©D.R.

Prévenir, c’est mieux que guérir. Un proverbe souvent utilisé de nos jours mais qui pourtant, ne s’applique pas à toutes les situations, en particulier lorsqu’il s’agit des violences faites aux femmes.

Ici, en Algérie, la société est reine, c’est cette même société qui dicte les lois qui doivent être acceptées et respectées de la part de tous, bien que ces dernières soient parfois dénuées de sens et de toute logique. Ce que pense la société est important, même si au fond, elle a tort.

On entend souvent parler des histoires bouleversantes de femmes qui ont subis des supplices inimaginables, elles inondent les réseaux sociaux et font le buzz, sauf que les témoignages sont majoritairement anonymes. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on a peur des jugements de notre société machiste qui va jusqu’à contrôler nos agissements et notre raisonnement, elle exerce une pression insupportable sur la femme, elle n’a pas le droit à l’erreur. Et si l’erreur est commise sur elle, elle en prend toute la responsabilité.

Cela parait bête dit comme cela, mais la preuve est que : Avant d’écrire l’article que vous êtes entrain de lire en ce moment, bon nombre de femmes ont été interrogées.

« Avez-vous, ou connaissez-vous des femmes qui ont été agressées, harcelées ou maltraitées ? »

La réponse est toujours « OUI ». La victime témoigne de son vécu avec une grande peine, et se sent soulagée une fois qu’elle ait vidée son sac. Mais ensuite, vient la fameuse question :

« Cela vous dérangerait-il qu’on cite votre nom ? »

 Là, la réaction est très hostile, c’est un non catégorique. Elles ne veulent pas que les gens sachent ce qui leur ait arrivé, elles se sentent coupables d’un crime auquel elles n’ont même pas pris part et pour lequel elles ne sont en aucun cas responsables.

Nous avons toutefois pu recueillir un témoignage d’une jeune fille qui a eu le courage de dire haut et fort que : « OUI, Moi, Nesrine Ould Mohamed, j’ai été agressée. Et NON, ce n’est pas de ma faute. »

«  Je me souviens très bien, c’était un jeudi, il faisait trop chaud ce jour là. Je suis montée à Bouzareah aux environs de 14h pour payer l’abonnement Internet. J’allais prendre le bus pour rentrer et j’ai du attendre 15 minutes avant d’être découragée à cause des insultes balancées par des voyous qui rôdaient autour de moi. Je décidais alors de rentrer à pieds en empruntant la grande route, cette dernière était bondée de monde. Je marchais, j’avais mes écouteurs aux oreilles et à un moment donné, j’ai sortis mon téléphone de ma poche pour appeler mon père, car j’avais sur moi une somme d’argent importante, je lui disais alors de ne pas s’inquiéter pour moi. Au moment où j’allais raccrocher, j’aperçu un type tout à fait banal, un brun, il portait un sweat gris avec sa capuche. Son regard m’avait fait froid dans le dos, et à peine était-il passé à côté de moi, que je le sentis me pousser et me plaquer contre le mur. J’avais perdu l’équilibre mais mon téléphone était toujours en ma possession. Je paniquais, je ne comprenais plus ce qui se passait autour de moi, je n’avais même pas encore repris mes esprits que je reçu une gifle monumentale et cela fit tomber mon téléphone. J’avais très mal,  dire que la veille j’avais enlevé ma dent de sagesse, voilà que la plaie était ouverte par sa faute. Le comble, c’était qu’aucun des passants n’était intervenu, aucune voiture ne s’est arrêtée. Je restais debout sur place à pleurer pendant que mon agresseur prenait fuite. En voyant cette scène, les gens m’avaient dis qu’ils l’avaient pris pour mon copain, et qu’ils ne voulaient pas s’interposer pendant qu’il me frappait car ça ne les concernait pas. Et le pire ? Lorsque je suis allée porter plainte, le policier m’a achevé en me disant qu’il ne fallait pas que je marche dehors avec mon téléphone en main. Ils ne l’ont jamais retrouvé. »

Il y a effectivement des scénarios beaucoup plus morbides mais pourquoi banaliser des choses qui sont en réalité très graves ? Pourquoi un sujet qui devrait être longuement discuté est considéré comme tabou ? Personne ne va contester le fait que la femme algérienne endure une réelle torture psychologique au quotidien, mais son silence la rend complice des crimes qui sont commis chaque jour dans la rue, au travail et même dans sa propre demeure. Elle se tait car elle a peur des représailles et que souvent les autorités sont indifférentes et ne s’impliquent pas toujours lorsque la situation n’est pas assez  « alarmante », alors à quoi bon porter plainte ? Ce n’est pas grave après tout. Parfois, c’est la famille qui persuadent leurs filles de ne pas faire de scandale, de ne pas ébruiter leurs mésaventures car la divulgation de leurs identités donnerait une mauvaise réputation à leur entourage.  Et si par malheur elles rendaient leurs histoires publiques, la société va les cataloguer en tant que « filles qui cherchent les problèmes. »

Pourtant, le fait d’en parler est déjà considéré comme une sensibilisation, il faut dénoncer ce qui se passe vraiment autour de nous pour briser les dictats qui nous sont imposés.

Ça commence par des remarques déplacées, qui se transforment en insultes et qui par la suite prennent la forme d’attouchements et d’agressions aussi bien physiques que verbales et l’ascenseur continue de se mettre en marche, ça va très vite d’une simple menace à un vol, un viol et enfin, un meurtre. Et quel est l’intérêt d’intervenir une fois que le mal a été fait ? En effet, si on ne prévient pas, il n’y a aucune chance de guérir. 

Rania CHAIB

(Soleil HEC/Rédaction Numérique de "Liberté")

 

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