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Autres / Spécial Ramadhan

Ils travaillent dans des conditions particulières à Hassi R’mel

Les Pétroliers à l’épreuve de la chaleur et du Ramadhan

Affaiblis par les efforts et le manque de sommeil, les travailleurs des chantiers travaillent sous une chaleur dépassant parfois les 43°. ©D. R.

Les employés des chantiers travaillent sous une chaleur dépassant parfois les 43°. Ils sont affaiblis par les efforts et le déficit de sommeil.

La vague de chaleur qui s’est abattue ces jours-ci sur Hassi R’mel, 120 km au sud de Laghouat, a tout l’air de vouloir s’installer dans la durée. Toutefois, les travailleurs des Sociétés pétrolières résistent aux épreuves de la chaleur et du Ramadhan. En effet, ce Ramadhan rend plus pénible le travail sur les champs pétroliers dans le Sud. Mais les sociétés ont pris des mesures pour se mettre à l'heure du Ramadhan, nous ont indiqué les travailleurs approchés par Liberté. Ainsi les sociétés pétrolières implantées à Hassi-R'mel appliquent l'horaire continu. Pour y faire face, “le corps sait s'adapter à toutes les situations, à condition qu'on y mette de la volonté”, a indiqué un agent de à Sonatrach. “Au moment où dans d’autres régions du pays, en ce mois de Ramadhan, les terrasses de cafés sont prises d’assaut jusqu’à une heure avancée, pour d’autres les pieds dans l’eau dans la grande bleue, à Hassi R’mel, nous veillons sans relâche à maintenir les performances de la production.’’
Au niveau des bases-vie de Hassi-R'mel, les mêmes images décrivant la souffrance des ouvriers se ressemblent. Notamment les employés des chantiers travaillent sous une chaleur dépassant parfois les 43°. Ils sont affaiblis par les efforts et le déficit de sommeil, leurs visages ridés témoignent de la nécessité de se réhydrater, mais ils se contentent de s'asperger avec de l'eau.
À Sonatrach, division Production, “on peut passer des années sans se rencontrer. On ne se connaît que par radio, le téléphone 4 chiffres”, nous indique-t-on pour illustrer le poids de l’isolement. Mais la foi prend le dessus. “Le plus dur, c'est la soif”, soutient un employé. Paradoxalement, à les voir dans les bases-vie 24-Février-1971, KSL et la Stone, on se rend compte qu'au fil du jeûne, leur volonté se conforte au sentiment d'avoir accompli un effort sur eux-mêmes et d'avoir respecté un précepte de l’islam.
L'ensemble des discussions tourne autour du milieu professionnel. On relate les faits marquants de la journée et on finit par le fameux questionnement “kasch djdid ?” insinuant par là une éventuelle augmentation des salaires, le débat sur la probable suppression de la retraite anticipée ou le virement de la prime d'intéressement. Interrogés sur l'atmosphère du Ramadhan dans leur base-vie, les travailleurs approchés nous ont confié que “contrairement aux années précédentes, les veillées ramadhanesques d'antan ne sont plus qu'un rêve ancien”. En effet, à part la piscine qui est ouverte de 22h à 1 h, les concours culturels, sportifs et religieux, les expositions-ventes de livres, les concerts, les pièces théâtrales ne semblent plus que de lointains souvenirs. Quant aux travailleurs résidents en famille, ils se disent pénalisés par le déracinement d’une part, et l’absence d’un minimum vital d’autre part. En effet, l’absence de lieux de loisirs pour leurs familles, l’école sinistrée, et le critère régionaliste dans le marché du travail pour leur enfants, les rend sceptiques quand à leur avenir. Devant la quasi-absence de loisirs dans les bases-vie, d'autres travailleurs préfèrent les délices du zapping, à la recherche d'un film ou d'un documentaire. L'OPGI, une bourgade à quelque 2 km de la base-vie, est une autre destination pour les travailleurs en quête de divertissements.

BOUHAMAM AREZKI


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