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Sport / Sports

Face au racisme dans les stades

Pogba ne veut pas quitter le terrain

© D.R

Pour faire taire les racistes, il vaut mieux briller balle au pied que quitter le terrain, estime le milieu de Manchester United, Paul Pogba, dans un entretien au quotidien britannique The Times diffusé hier. “Quitter le terrain ? Tu veux jouer, tu veux marquer pour ton équipe”, explique l'international français aux 68 sélections. “Et à la fin, ils (les agresseurs racistes) viendront et demanderont une photo”, assure le milieu de 26 ans, qui rappelle dans cet entretien qu'il a un jour offert son maillot de la Juventus à un supporter qui avait émis des cris de singe à son encontre. L'attitude à avoir face à des comportements racistes dans les tribunes fait débat dans le monde du foot après une série de dérapages de ce type.  En avril, Blaise Matuidi et Moise Kean ont ainsi été la cible de cris de singe lors d'un match de la Juventus à Cagliari, un phénomène qui reste récurrent en Italie où de nombreux acteurs du monde du football tendent à le minimiser. “J'ai eu l'impression que l'arbitre ne prenait pas la bonne décision (arrêter le match, ndlr), mais après, j'ai eu une discussion avec l'arbitre, qui a été ouvert : il n'avait pas compris”, avait commenté Matuidi sur Canal+. 

En France, toujours en avril, le capitaine d'Amiens, Prince Gouano, avait quitté le terrain après avoir subi des insultes racistes. Les joueurs avaient cessé de jouer, et le match n'avait repris qu'après que l'arbitre eut averti le public que le match serait arrêté en cas de nouvel incident. 
Les règlements prévoient que l'arbitre a le droit d'arrêter un match en cas d'actes racistes dans un stade et même de l'interrompre définitivement s'ils ne cessent pas. Mais Zvonimir Boban, ex-crack du Milan AC, désormais secrétaire général adjoint de la Fifa, avait indiqué à l'AFP, début juin, qu'il n'était pas en faveur de l'arrêt des matches. “Si 25% d'un stade a un comportement discriminatoire, OK (pour arrêter le match). Mais pour 5 personnes, pour 3 mecs, on devrait arrêter le match et vider le stade ? Je n'y suis pas favorable. Pourquoi devrait-on s'incliner devant quelques idiots ?” Dans cette interview, Pogba est revenu également sur les critiques dont il a été l'objet après son départ de la Juventus l'été 2016 contre 105 millions d'euros, un montant qui en a fait un temps le joueur le plus cher du monde, et qu'il n'aurait pas justifié depuis par ses performances selon certains. “Je suis devenu un autre joueur à cause de ce transfert”, a-t-il assuré. “Parce que c'était le plus grand transfert de l'histoire à l'époque, j'ai été jugé 
différemment”, a ajouté Pogba, sacré champion du monde avec les Bleus en 2018. “On en attend plus de vous juste à cause du prix. Un bon match devient un match normal, un match excellent se transforme en bon match”, a-t-il souligné. 


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