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Le verdict est mis en délibéré pour le 4 mai

5 et 3 ans de prison ferme requis contre Amira Bouraoui

© D. R.

Le procès de la militante Amira Bouraoui s’est tenu finalement hier au tribunal de Cheraga.  Après  deux  précédents  reports, la  juge  a décidé  de  juger  la militante dans les deux affaires dans lesquelles elle est poursuivie.

Amira  Bouraoui  est  accusée, dans  la  première  affaire,  d’“outrage  à  un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions”, d’“atteinte au président de la République” et de “diffusion d’informations susceptibles d’attenter à l’ordre public”. 

Pour la seconde affaire, la militante est accusée d’“atteinte aux préceptes de l’islam et au prophète”. Tous ces griefs concernent les écrits de la concernée sur sa page facebook. 

La militante est poursuivie, pour précision, en vertu des articles 196 et 144 bis du code pénal. Face à la juge qui l’interrogeait, Amira Bouraoui n’a pas mâché ses mots. 

“Je suis libre  d’exprimer  mes   opinions sur ma page facebook”, car “si mon style ne plaît pas, je n’ai jamais obligé quiconque à me lire ou à me suivre sur les réseaux sociaux”. Concernant ses “attaques” contre le chef de l’État, Amira Bouraoui a expliqué à la juge qu’elle n’avait fait qu’exprimer son “opposition” à la présidentielle du 12 décembre 2019. 

“Des milliers d’Algériens étaient contre  cette élection”, a-t-elle rappelé à la juge avant que préciser que “mes posts concernant le président ne visaient nullement la personne du chef de l’État, mais l’institution  qu’il représente”. 

Le représentant du  ministère  public  prend  le  relais  de  la  juge dans une tentative d’accabler l’accusée. Il  a  ainsi  requis la peine de 3 ans de prison ferme, assorti de 300 000 DA d’amende contre l’accusée. 

De son côté, l’avocate du Trésor public, qui s’est constituée partie civile, a souligné que “les attaques de l’accusée contre le président sont claires”. 
Me Aouicha Bakhti, avocate d’Amira Bouraoui, a répliqué que “si la justice décide de poursuivre en justice toutes celles et tous ceux qui critiquent le chef de l’État, il faut tenir leur procès dans un stade”.

Une manière pour l’avocate de mettre en avant le fait que ce qu’Amira Bouraoui exprimait sur les réseaux sociaux “n’est qu’une position partagée” par beaucoup de citoyens.

Concernant la seconde affaire, dans laquelle Amira Bouraoui est poursuivie pour “atteinte aux préceptes de l’islam et au prophète”, l’accusée s’est défendue d’avoir “attenté à une quelconque religion”, assumant, comme elle l’avait dit, “son combat contre l’extrémisme religieux” qui a coûté, a-t-elle rappelé, “des milliers de morts au pays”.

“Je n’ai pas de souci avec les religions”, a-t-elle dit, précisant qu’elle se bat “contre ceux qui manipulent la religion pour des fins de pouvoir”. “Personne ne peut se targuer de représenter Dieu et le prophète ici”, a-t-elle lâché devant la juge, dénonçant une forme d’inquisition. 

Le procureur de la République a requis dans cette affaire un emprisonnement de 5 ans ferme assorti de 50 000 DA d’amende contre l’accusée.  Prenant la parole, Me Bakhti a expliqué qu’il est difficile à la justice de “traiter” une affaire en relation avec la religion. “Je ne suis pas spécialiste du domaine pour traiter ce sujet”, a-t-elle dit, précisant que “la justice aussi est incapable de débattre d’un sujet qui relève d’une autre spécialité”. 
 

M. MOULOUDJ


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