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Le constat de la Cour des comptes

Contraintes et insuffisances dans le fonctionnement de l’ADE


L’impact des programmes d’investissement consacrés par l’État visant l’amélioration de la satisfaction des besoins des populations en eau potable en quantité suffisante et qualité requise, reste tributaire de l’amélioration de la gestion du service public de l’eau par l’opérateur public ADE, estime la Cour des comptes. L’analyse des indicateurs financiers fait ressortir des contraintes et des insuffisances dans le fonctionnement de l'Algérienne des eaux (ADE) ne permettant pas de contribuer à la valorisation optimale de ces investissements, souligne la Cour des comptes dans son rapport annuel 2021. 

Bien qu’il soit en nette évolution, suivant la tendance du volume d’eau facturé, “le chiffre d’affaires reste insuffisant pour couvrir des charges en constante évolution”, relève la Cour des comptes. “Le chiffre d’affaires global incluant la vente d’eau, les travaux et prestations fournies ainsi que la rémunération du maître d’ouvrage délégué est passé de 17,254 milliards de dinars en 2010 à 22,405 milliards de dinars en 2018, soit une évolution de 5,151 milliards de dinars, représentant un taux de 30%”. Ce chiffre d’affaires, précise le rapport, est réalisé sur la base des tarifs de 2005 dont l’Autorité de régulation du service public de l’eau (ARSPE) n’a cessé de demander la révision à l’effet d’équilibrer la situation financière des opérateurs, de réduire l’intervention du Trésor public et de lutter contre le gaspillage. 

La Cour des comptes fait état également de l’augmentation du poste “créances sur clients” entre 2010 et 2018” passant de 34,701 milliards de dinars à 48,560 milliards de dinars, représentant respectivement 24 et 26 mois de chiffre d’affaires. “Les créances sont anciennes et ont engendré des provisions au 31 décembre 2018 de 19,620 milliards de dinars aggravant davantage le déficit de l’établissement”, souligne le rapport. Rien que pour l’exercice 2018, les créances ont augmenté de 2,358 milliards de dinars. “Les dettes non financières sont aussi importantes et risquent de compromettre la continuité de l’exploitation de l’ADE”, avertit la Cour des comptes, ajoutant que “l’ADE ne règle pas les factures de ses fournisseurs, mais aussi ne reverse pas les taxes et redevances collectées pour le compte des autres organismes lors de paiement des factures de consommation d’eau”. 

Ainsi, les dettes sont passées de 62,565 milliards de dinars en 2010 à 126,104 milliards en 2018, soit une augmentation de 63,539 milliards de dinars, représentant 101,55%. Dans sa réponse, intégrée dans le rapport de la Cour des comptes, le directeur général de l’ADE, indique, entre autres, que les nouvelles prises en charge du service public de l’eau des communes constituent un poids important dans les charges d’exploitation de l’Algérienne des eaux et nécessitent une mobilisation accrue de moyens pour une mise à niveau de ses services sur le plan de l’exploitation, du contrôle de la qualité de l’eau, de la maintenance des installations, de la gestion de la clientèle, de la facturation et de la gestion des ressources humaines. 

“En sus de ces intégrations, l’ADE a la charge de la gestion des grands transferts d’alimentation en eau potable qui génèrent des coûts d’exploitation très élevés”, fait remarquer le directeur général de l’ADE. S’ajoute à cela, souligne-t-il, la stabilité du tarif de l’eau depuis 2005, institué par le décret exécutif n°5-13 du 9 janvier 2005 fixant les règles de tarification des services publics d’alimentation en eau potable et d’assainissement bien qu’il prévoie une actualisation des tarifs. Selon lui, “en 2018, les déficits enregistrés par l’ADE sont dus principalement au différentiel entre le coût de revient de 58 DA/m3 (hors l’eau dessalée) et le prix de vente moyen de 24 DA/m3, soit une couverture de 41%”.

 


M. R.


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