L’Actualité le procureur de la république ordonne l’ouverture d’une enquête

L'affaire Saïd Chetouane provoque une indignation générale

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Souhila HAMMADI Publié 04 Avril 2021 à 23:58

© C. E.
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La  vidéo, rapidement  devenue  virale  sur  les  réseaux  sociaux, montrant un mineur âgé de 15 ans  frôlant l’hystérie, a mis en émoi l’opinion publique.

D’une voix saccadée entrecoupée de sanglots, Saïd Chetouane s’est plaint d’un harcèlement corporel et moral qu’il aurait subi pendant les douze heures qu’il avait passées au commissariat de Bab El-Oued. Il a été interpellé, dans ce quartier populaire, plus tôt dans la journée de samedi, alors qu’il participait à une manifestation contre le régime.

L’adolescent s’est visiblement ressaisi au lendemain de “son supplice”. Contacté par téléphone, il nous a confié qu’il engagerait, sous la tutelle de ses parents, des poursuites judiciaires contre ses présumés agresseurs. 

Il s’échinait, hier, à constituer le dossier de la plainte. “Je me suis déplacé chez un médecin pour qu’il m’oriente vers le service de médecine légale du CHU de Bab El-Oued, lequel devait me délivrer un certificat médical descriptif. Je suis parti ensuite à l’hôpital psychiatrique de Blida pour un soutien psychologique. Là où je vais, on me demande de revenir le lendemain”, a-t-il affirmé.

Par pudeur, le jeune garçon n’a pas voulu nous raconter ce qu’il a réellement enduré dans les locaux de la sureté nationale. Deux activistes dans le Hirak, Mohamed Tadjadit et Sohaïb Debaghi en l’occurrence, l’avaient, néanmoins, filmé la veille en détresse, soutenant avoir été victime d’“attouchements sexuels” pendant sa courte garde-à-vue. Sa maman a corroboré les faits sur la foi des confidences du garçon. 

La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme a aussitôt rendu public un communiqué dans lequel elle incite le parquet général à s’auto-saisir sur “ces allégations de torture” et ouvrir une information judiciaire. 

La section locale d’Amnesty International exige, également, l’ouverture d’une enquête sur cette affaire. “Les conclusions de cette enquête doivent être rendues publiques dans les plus brefs délais et les responsables présumés traduits en justice dans le cadre d’un procès équitable”, souligne l’ONG.

Le Comité national de libération des détenus (CNLD) s’est insurgé contre “des agissements choquants, inhumains et inadmissibles”. L’ex-députée RCD, avocate et militante des droits de l’Homme, Fetta Sadat, s’est indignée, sur son compte des réseaux sociaux, sur la récurrence des violations des dispositions “de la loi fondamentale et des conventions internationales dûment ratifiées par l’Algérie, en l’espèce, celles portant sur la protection de l’enfant (…) Les responsabilités doivent être situées, les auteurs de ces actes ignobles démasqués et condamnés. On n’attente  pas impunément  à l’enfance”. 

Karim  Tabbou, coordinateur de l’Union démocratique sociale (UDS, parti non agréé), a condamné durement les faits : “(…) Les sévices subis par Saïd Chetouane sont d’une gravité telle que personne n’a le droit de rester indifférent.” Il rappelé des cas similaires, signalés dans plusieurs régions du pays.  “C’est une pratique qui tend à devenir systématique. Le pouvoir utilise tous les procédés de persécution pour tenter d’affaiblir le Hirak”, a-t-il affirmé.

Ce n’est pas la première fois que des cas similaires sont rapportés par les médias.  Walid  Nekiche,  un  étudiant  de  25  ans,  a  révélé,  lors  de  son  procès  en première instance, avoir été “agressé physiquement et sexuellement” pendant les interrogatoires par les services de sécurité.

Le parquet général avait ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire. Mais à ce jour, rien ne filtre sur les résultats de cette  enquête.  Quelques semaines plus tard, un autre activiste, Sami Dernouni, avait  juré aussi devant le juge de siège qu’il avait été victime de torture lors de sa garde  à  vue dans les locaux des services de sécurité. 
 

Souhila H.


Le procureur ordonne l’ouverture d'une enquête
Les services de la Sûreté de la wilaya d'Alger ont affirmé, hier, avoir informé le procureur de la République des allégations contenues dans une vidéo concernant une maltraitance qu'aurait subie un enfant mineur au commissariat de police, précisant que le représentant du parquet a ordonné l'ouverture d'une enquête à ce sujet. “Suite à la publication d'une vidéo sur les réseaux sociaux dont les auteurs prétendent qu'un mineur aurait été victime, samedi, de maltraitance au sein d'un commissariat d’Alger, les services de la Sûreté de wilaya d'Alger ont informé le procureur de la République qui a ordonné l'ouverture d'une enquête pour déterminer la véracité des allégations contenues dans cette vidéo”, lit-on dans le communiqué des mêmes services.

“L'enfant mineur et son tuteur ont été convoqués ce dimanche 4 avril 2021”, a ajouté la même source. Soulignant que “l'enfant mineur en question avait été entendu en présence de sa mère au commissariat de la circonscription centre de la Police judiciaire et non pas à la Sûreté de la circonscription administrative de Sidi M'hamed comme relayé, pour une affaire d'attroupement sur la voie publique”, la même source a affirmé que le “mineur a été examiné par un médecin légiste avant sa remise en liberté en compagnie de sa mère”. “Les résultats de l'enquête seront communiqués à l'opinion publique par les services de Sûreté ou par toute autre partie habilitée après l’aval du procureur de la République territorialement compétent”, a fait savoir la même source. 
 

APS

 

 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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