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Évaluation du partenariat-privatisation de la filière ciment

La Cour des comptes relève plusieurs lacunes

© D.R

Le partenariat entre entreprises publiques économiques et sociétés étrangères dans la filière de l'industrie du ciment n’a pas permis de mettre à niveau les outils de production des entités concernées.

C’est ce qui ressort du rapport annuel 2021, publié par la Cour des comptes. Au titre de son programme d’activité pour l’année 2019, la Cour des comptes a retenu l’évaluation du partenariat des EPE avec des sociétés étrangères dans l’industrie du ciment. Cette opération a ciblé cinq cimenteries ayant statut d’EPE/ SPA, à savoir : la Société des ciments de Hadjar Soud (SCHS), la Société des ciments de Sour El-Ghozlane (SCSEG), la Société des ciments de la Mitidja (SCMI), la Société des ciments de Zahana (SCIZ) et la Société des ciments de Beni-Saf (SCIBS). Le document rappelle que “le partenariat des entreprises publiques économiques avec des sociétés étrangères dans la filière de l’industrie du ciment, ayant ciblé cinq cimenteries, a été concrétisé, pour chaque société, par le biais d’un contrat de cession d’actions à hauteur de 35% du capital social, adossé à un contrat de délégation du management de la société à la firme étrangère acquéreur des actions”. Il a pour objectifs la mise à niveau et l’accroissement de la production des cinq cimenteries pour faire face à la demande nationale croissante. L’évaluation de la Cour des comptes – axée essentiellement sur la mise en œuvre des contrats de délégation du management – a mis en exergue que “l’opération de partenariat-privatisation de la filière ciment a, outre l’ouverture du capital social aux investisseurs étrangers, contribué à l’amélioration des rendements de production annuels des cimenteries”.

Cependant, souligne l’institution, “les objectifs contractuels de production fixés dans les contrats de management de quatre cimenteries sur les cinq et l’objectif de mise à niveau de leurs outils de production n’ont pas été atteints, en dépit des opportunités qu’offrait, durant cette période, le marché national du ciment, la rentabilité des cimenteries et de leur aisance financière”. Cela est dû notamment, indique le rapport, “aux insuffisances du cadrage du partenariat par les contrats de management et à l’inobservation de certaines clauses contractuelles, en particulier celles relatives à la mise en œuvre des plans d’investissement arrêtés pour la réalisation des objectifs de production”.

Bien que le partenariat ait amélioré les rendements moyens annuels des cimenteries, il “n’a pas réalisé, dans les délais fixés, l’objectif de production des capacités nominales de quatre cimenteries”, conclut le rapport de la Cour des comptes. Cela s’explique par l’inadaptation et la réalisation en retard des plans d’investissement et aussi le défaut de la prise en charge adéquate de la question de la qualification du personnel. De plus, ajoute le rapport, “les performances économiques et financières des cimenteries ne résultent pas uniquement de l’amélioration de leur rendement mais aussi et surtout de la politique des prix de vente du ciment du Groupe industriel des ciments d'Algérie (Gica) permise par la forte demande du marché national”. 

Ainsi, la Cour des comptes recommande de définir avec rigueur les clauses du contrat de management relatives aux objectifs de l’entreprise, notamment en matière de parts de marché, de rentabilité, d’efficacité et de qualification du personnel, avec un système adéquat de rémunération du partenaire/manager. Elle recommande, également, de “veiller à inclure dans le contrat de partenariat/management la clause concernant le transfert du savoir-faire et de l’expérience technologique qui font la réputation du partenaire/manager”.

 


Meziane Rabhi 


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