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La défiance de la population ralentit la campagne vaccinale

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Chabane BOUARISSA Publié 08 Février 2022 à 22:39

© Archives Liberté
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Selon  la  DSP,  au  début  de ce  mois  de  février,  seules  250 542 personnes ont été vaccinées  contre  la  Covid-19.  Soit  moins  de  50% des sujets éligibles  à  la  vaccination.   Un  résultat  loin  des  70%   nécessaires à l’immunité collective visée.

Pour   faire  face  au  risque  d’une   nouvelle  flambée  épidémique,  les responsables locaux  ont  lancé, jeudi dernier, une nouvelle campagne de sensibilisation à la vaccination contre la Covid-19, depuis le siège de la wilaya, qui va sillonner plusieurs quartiers et villes de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. 

Sur le terrain, des organisations de la société civile se mobilisent pour sensibiliser la population. Selon la Direction de la santé de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, au début de ce mois de février 2022, seules 250 542 personnes avaient été vaccinées contre la Covid-19.

Soit moins de 50% de personnes éligibles à la vaccination (plus de 600 000 citoyens éligibles à la vaccination recensés). Un résultat loin des 70% nécessaires à l’immunité collective visée. “Il ne faut pas cacher les chiffres, on ne peut pas dire que la vaccination soit un grand succès”, concèdent les services concernés. 

“C’est dommage, le rythme est jugé insuffisant. Il faut rassurer davantage les familles, les citoyens et même le corps médical”, regrettent les spécialistes qui dénoncent le fait que “les messages transmis par les responsables n’étaient pas clairs et que le discours n’était forcément adapté au public qui ne croit plus à ce qui vient de l’autorité à cause des chiffres erronés qui ne reflètent pas ce que le citoyen constate et rencontre”.

Et pour relancer la campagne, plusieurs médecins lancent un appel à leurs confrères : “Les médecins spécialistes et généralistes, ainsi que tout le corps médical sont en première ligne pour expliquer aux citoyens le bien-fondé de cette vaccination. Il faut prendre le temps de répondre aux réticences des citoyens et leur dire que se vacciner en vaut la peine.”

En effet, malgré une injection “pertinente, efficace et sûre”, selon le Dr Mamri, la vaccination peine à redémarrer et bute sur plusieurs réticences, car, avec la hausse des contaminations chez les vaccinés, l’argument collectif peine à tenir la route. Mais “diminuer un peu le risque d’infection, c’est diminuer un peu la transmission, c’est une bonne chose”, tempère le docteur qui préfère, toutefois, mettre d’abord en avant le bénéfice individuel pour chaque citoyen face aux risques “rares” de complication. 

“Nous disposons de données qui montrent que les effets indésirables dans cette classe d’âge sont extrêmement faibles.” “Ces données sont de nature à rassurer pleinement les prescripteurs et les familles”, affirme-t-il encore. 
Autre trou dans la raquette de la campagne vaccinale : les femmes enceintes. “Elles sont moins vaccinées que les femmes du même âge, c’est une grave erreur”, alerte le médecin, mettant en garde contre “une sévérité accrue des pneumonies, un excès de décès in utero, des prématurés, ou des retards de croissance”.

En effet, la question de la vaccination de la femme enceinte n’est pas encore tranchée en Algérie, bien que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le préconise aussi, car celles-ci ont plus de chance de développer des formes graves de la maladie, de l’avis des professionnels de santé. Idem pour la vaccination des enfants qui est mise en stand-by en attendant un taux acceptable de vaccination des adultes.

“Pourquoi  attendre  les  adultes  qui  n’en  veulent  pas ?  Il  faut  prendre rapidement une décision pour  vacciner  les  enfants  car  avec  les  taux d'incidence record depuis plusieurs semaines et la politique du ‘laisser circuler le virus à l'école’, beaucoup d'enfants sont positifs ou cas contacts, donc ne sont pas éligibles à la vaccination. C'est la conséquence des campagnes de désinformation, qui ont martelé longtemps que les enfants ne font pas de forme grave et qu'ils ne contaminent pas les adultes. Ces messages répétés ont convaincu des parents qu'ils n'y avaient pas d'intérêt à faire vacciner leurs enfants”, tonne le docteur. 

“Il a fallu un travail de fond sur les mentalités”, explique le Dr Mamri, qui dénonce l’impact des fausses informations massivement relayées sur internet et qui altèrent la communication officielle autour de la gestion de la pandémie. 

Le faible taux vaccinal n’est pas seulement dans la population, mais il se trouve être également parmi le personnel de la santé, censé être le premier sensibilisateur. Le personnel de santé ne compte qu’un taux de 49,27%, a révélé récemment la DSP. 

D’autres catégories boudent, elles aussi, le vaccin, comme le personnel de l’éducation nationale, ou encore les étudiants.  “Nous sommes en retard”, souffle un jeune soigneur qui attend depuis des heures de vacciner un citoyen. “Ici dans ce centre, on ne vaccine pas plus de 10 personnes par jour”, regrette-t-il.

“La vaccination est le bouclier essentiel pour faire face à la pandémie, mais nous savons qu'au bout d'un certain nombre de mois, la couverture immunitaire a tendance à diminuer... d'où la nécessité de cette troisième dose, alors que la majorité des citoyens n’a pas encore reçu la première dose”, déclare la DSP de Bordj Bou-Arréridj, le Dr Nacira Abderrahim. “Ce n'est pas assez, a-t-elle martelé. Plus vite on fera ces doses, plus vite on sortira de cette pandémie.” 

Pour inciter les citoyens à se faire vacciner, des spécialistes appellent aussi à changer l’approche et surtout à éviter ces campagnes infructueuses menées depuis plus d’une année dans les mosquées, les écoles et la rue par des non-spécialistes de la santé.

“Trop de propagande tue la propagande”, disent les lanceurs d’alerte. “Il faut laisser les médecins et les soignants faire leur travail de sensibilisation et d’approche avec le citoyen. C’est à eux de choisir leurs moyens pour convaincre”, proposent-ils.

D’autres proposent de micro-campagnes de sensibilisation ou des campagnes ciblées, destinées juste à un groupe, un secteur, en choisissant des personnes influentes (syndicat, représentant des travailleurs…), pour mener à bien cette approche.

Notons que la wilaya de Bordj Bou-Arréridj a, outre les vaccins, mis à la disposition de ces opérations pas moins de 117 centres de vaccination, 23 pharmacies et 61 places publiques répartis à travers les 34 communes de la wilaya.
 

Chabane BOUARISSA

 

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