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FRANCIS PERRIN, EXPERT EN PÉTROLE ET DIRECTEUR DE RECHERCHE À L'IRIS (PARIS)

“L’ALGÉRIE EST D’ABORD UN PAYS GAZIER”

© Archives Liberté

Liberté :    Une   étude  du   think  tank  “ Shift   Project ”  sur   les approvisionnements énergétiques de l'UE évoque un déclin avancé des réserves de pétrole en Algérie.  Les prévisions  en  ce domaine sont-elles aussi inquiétantes ?
Francis Perrin : L'étude du Shift Project met l'accent sur des sujets importants pour l'avenir de la production de pétrole et d'hydrocarbures liquides de l'Algérie, en particulier la baisse de la taille moyenne des gisements mis en production, le fait que la production nationale dépende en quasi-totalité de découvertes réalisées avant 2000 et la baisse de cette production depuis le pic de 2007. C'est une contribution intéressante et utile à un débat essentiel pour le pays, débat qui avait été entamé précédemment par divers spécialistes algériens.

Les  projections mises en avant  dans ce rapport  sur  la  production pétrolière algérienne ne sont-elles pas quelque peu trop pessimistes ? 
L'analyse du Shift Project débouche sur la projection d'une très forte baisse de la production de pétrole brut d'ici à 2050 (-65% par rapport à 2019) et d'une chute un peu moins forte pour les hydrocarbures liquides. Ces perspectives sont inquiétantes pour l'Algérie compte tenu de l'importance du pétrole en particulier et des hydrocarbures en général dans l'économie algérienne, même si l'Algérie est un pays plus gazier que pétrolier. 
Le Shift Project se fonde beaucoup sur la base de données de la société norvégienne Rystad Energy, bien connue dans les milieux énergétiques, mais cette base (Ucube) n'est évidemment pas dans le domaine public et je ne peux donc pas la commenter. 

L’étude  de  “Shift Project” intègre-t-elle  l’impact  d’une  amélioration possible du cadre d’investissement en Algérie pour freiner le déclin pétrolier ? 
L’on peut évoquer quelques éléments critiques sur le chapitre de cette étude concernant l’Algérie : on évoque le monopole de Sonatrach, ce qui n'est pas le cas dans le domaine de l'exploration ; en revanche, le rapport ne souligne pas la moindre attractivité du pays pour les investisseurs étrangers qui avaient joué un rôle majeur dans les découvertes pétrolières au cours des années 1990 (bassins de Berkine et d'Illizi) ; la volonté des autorités algériennes d'améliorer le cadre contractuel et législatif des activités d'exploration-production n'est pas abordée (lois sur les hydrocarbures de 2013 et de la fin 2019). 
Pas plus que les efforts de redynamisation des partenariats entre la Sonatrach et les compagnies étrangères. Enfin, il est très peu question d'hydrocarbures non conventionnels (seulement une phrase dans le chapitre Algérie).
 

Propos recueillis par : AKLI R.


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