L’Actualité PRODUCTION OLÉICOLE DANS LA WILAYA DE TIZI OUZOU

Le défi de la qualité

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Kouceila TIGHILT Publié 05 Décembre 2021 à 23:30

© D. R.
© D. R.

“Je n’arrive pas à expliquer comment nous continuons à consommer une huile d’olive de mauvaise qualité, déclassée à cause de son acidité et de son aspect sensoriel.”

C’est le constat acerbe qu’a établi, hier, l’enseignant spécialiste en agronomie, à l’université de Tizi Ouzou, Mouloud Arkoub, lors d’une rencontre organisée à la maison de la culture Mouloud-Mammeri par l’association sociale “Femmes actives”. Cette rencontre a été placée sous le thème “L’économie vivrière, un atout réel pour la création d’une richesse économique locale durable, garantissant la sécurité alimentaire”. 

À travers son intervention, l’orateur a relevé la nécessité de promouvoir l’huile d’olive sur le plan qualitatif, et ce, a-t-il insisté, dans l’intérêt de l’économie locale. “Il faut aller vers une huile de qualité pour pouvoir la commercialiser en Algérie et à l’étranger. Pour cela, il faut changer les paradigmes”, a-t-il affirmé. 

À ce propos, et afin d’améliorer cette qualité, le conférencier a insisté sur l’importance de revoir les méthodes de travail. “Il faut un travail pédagogique envers les producteurs, en commençant par expliquer ce qu’est une huile de qualité, une huile extra-vierge.

Cette huile est récoltée tôt, triturée tôt et conservée dans des contenants qui conviennent”, a expliqué ce spécialiste. Cependant, l’orateur admettra que les choses commencent à s’améliorer surtout avec l’arrivée des huileries modernes. “Le parc des huileries algériennes s’est amélioré, surtout en Kabylie où nous avons plus de 50 huileries modernes”, a-t-il expliqué. 

Et pour encourager la filière oléicole, M. Arkoub estimera qu’il faut commencer aussi par la labellisation. “Il faut une distinction régionale pour ce produit afin de le valoriser. Seulement, à Tizi Ouzou, la labellisation de l’huile d’olive traîne depuis 2018. Même la labellisation de l’huile Achvayli Nath Ghobri, déjà annoncée, est bloquée”, a-t-il déploré.  

À noter que la wilaya de Tizi Ouzou compte une superficie totale de plus de 39 000 ha d’oliveraies regroupant plus de 4,2 millions d’oliviers. Pour ce qui est de la production prévisionnelle pour la campagne oléicole 2021-2022, la Direction des services agricoles (DSA) a annoncé plus de 12 millions de litres d’huile d’olive.

“Nous prévoyons une production de 22 quintaux d’olives par hectare et un rendement de 18 litres d’huile par quintal”, a indiqué Mme Hadji Samia, de la DSA, que nous avons contactée à ce sujet. Elle précisera encore que Tizi Ouzou compte 450 huileries, à savoir 284 traditionnelles, 57 semi-automatiques et 109 modernes.

“La campagne oléicole a commencé timidement avec le nettoyage des parcelles et le ramassage des olives. La superficie récoltée, à ce jour, est de 1 674,35 ha. La quantité triturée est de 13 147 quintaux”, a précisé Mme Hadji. 

Évoquant la période des incendies qui ont touché la wilaya, notre interlocutrice a précisé que les flammes ont ravagé plus de 19 000 ha d’oliveraies, soit 40% de la surface globale, expliquant que ces oliveraies brûlées ne seront pas replantées immédiatement.

“Nous espérons une régénération naturelle des oliviers avant de passer au greffage ou à la replantation”, a-t-elle précisé. Par ailleurs, intervenant également dans cette rencontre, Mme Djouber Fatima, enseignante en agronomie à l’université de Tizi Ouzou, a élaboré un constat plutôt négatif de l’économie vivrière à Tizi Ouzou. “Certaines familles ont complètement abandonné leur terre. Il y a des lots de terrain à côté des maisons qui ne sont pas exploités. 

La seule culture qui résiste encore est celle des oliviers”, a-t-elle relevé, ajoutant que là encore, les gens se limitent souvent à la récolte. “Les champs d’oliviers ne sont pas travaillés convenablement. C’est pourquoi, on ne peut pas espérer de bonnes récoltes. La culture de la terre a disparu”, a-t-elle regretté.   
 

K. TIGHILT

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