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FACE À LA SÉVÉRITÉ DU CORONAVIRUS, DES CHAÎNES DE SOLIDARITÉ SE MULTIPLIENT

Leçon citoyenne

© D. R.

Partout dans le pays s’est levé un vent de solidarité populaire pour venir en  aide  aux  personnes  touchées   par  le  coronavirus.   Le  manque d’oxygène  dans  les  hôpitaux  a  révélé, si  besoin  est, les  capacités citoyennes à se prendre en charge en temps de crises majeures.

Les appels aux dons pour, entre autres, l’acquisition de générateurs d’oxygène pour les établissements hospitaliers ne sont que la partie émergée de l’iceberg d’une chaîne de solidarité qui s’est mise en place depuis le début de la crise sanitaire en mars 2020. Le manque d’oxygène qui s’est déclaré, il y a de cela une quinzaine de jours dans différents hôpitaux algériens, n’en est que la manifestation la plus emblématique.

Derrière cette union sacrée, des bénévoles, des militants associatifs, des notables ainsi que des capitaines d’industrie qui composent ce qu’on a appelé pompeusement, depuis des années, la société civile. Un terme longtemps galvaudé, considéré, à tort ou à raison, comme un appendice des autorités centrales et locales.

Une proximité douteuse qui lui a fait perdre toute sa légitimité si d’aventure elle en a eu un jour. Toutefois, avec l’avènement de cette pandémie, les Algériens ont assisté à une résurrection miraculeuse d’une société civile dont les acteurs se sont multipliés sur le terrain.

Des initiatives souvent groupées, parfois individuelles ont remplacé au pied levé l’inertie des institutions, voire leur absence par endroits, à prendre la mesure des graves défaillances qui caractérisent leurs secteurs.

À Maghnia, et en l’espace d’à peine 48 heures, l’appel aux dons de nombreuses associations a permis de mobiliser 6,6 milliards de centimes pour acquérir un générateur d’oxygène suite au décès de 25 personnes à l’EHU local.

À Oran, une action solidarité Covid a vu le jour autour d’un noyau dur pour d’un côté acheter une station d’oxygène ainsi que des concentrateurs d’O2 et d’un autre venir en aide aux personnes les plus défavorisées sérieusement impactées par la crise sanitaire.

À l’est de Bouira, de nombreuses communes se sont astreintes volontairement à un confinement dès 13 heures, tandis que dans d’autres régions, tout comme au sein de la diaspora, des campagnes de collecte de fonds pour l’achat du matériel médial sont initiées.

En parallèle, les réseaux sociaux ont été l’organe d’information par excellence de cette détermination et l’écho des appels de dons a retenti aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur en direction de la diaspora, réveillant les consciences et invitant au passage à l’acte.

L’action de la société civile  s’est  vue grandement  confortée par l’adhésion sans faille des Algériens, toute classe sociale, professionnelle et financière comprise. Elle a su pallier les absences longtemps tolérées et justifiées des pouvoirs publics qui se sont longtemps cachés derrière la sempiternelle bureaucratie.

Le retour en grâce de la société civile s’est accompagné par la diversité de sa composante, loin des traditionnels partisans et clans politiques, s’appuyant d’abord sur un maillage associatif plus enclin à répondre à l’urgence des situations comme cela s’est produit un peu partout sur le territoire national, d’Est en Ouest, du Nord au Sud.

Ainsi, on a assisté à l’émergence d’une force de décision qui a concrétisé rapidement les bonnes volontés et les discours de bonnes intentions en des actes concrets débouchant sur des cagnottes inespérées pouvant inverser la tendance défaitiste du moment.

Cette débauche de solidarité a stimulé un incroyable mouvement d’émulation allant jusqu’à instaurer une concurrence saine entre différentes régions du pays pour celui qui réussira à récolter le plus d’argent.

Oran, Maghnia, Tizi Ouzou, Béjaïa, Sidi Bel-Abbès, Batna ou encore El-Bordj, Blida ou Oum El-Bouaghi sont autant d’exemples d’un renouveau de la société civile qui s’implique et retrouve sa vocation première en se positionnant avant tout comme un contre-pouvoir capable de peser sur la prise de décision nationale sinon contribuer au bien-être du citoyen. 
 

SAÏD OUSSAD


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