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Ils ont tenu un rassemblement devant la direction de l’éducation de la wilaya de tizi ouzou

Les directeurs de CEM crient leur colère


Les directeurs des établissements de l’enseignement moyen de la wilaya de Tizi Ouzou ont organisé, hier, un rassemblement de protestation devant la Direction de l’éducation locale pour crier leur détresse face à l’intenable situation à laquelle ils sont confrontés à la veille de la rentrée scolaire. 

“Les directeurs ne sont pas des fusibles”, “Oui à l’application des lois”, “La dignité du directeur est une ligne rouge”, “Solidaires avec le directeur victime de l’arbitraire” sont entre autres slogans transcrits sur des pancartes brandies par la centaine de directeurs ayant participé à cette action de protestation organisée à une semaine de la rentrée scolaire prévue pour le 21 septembre prochain. “Nous sommes en rassemblement pour exprimer notre ras-le-bol concernant le non-respect de la réglementation de la part de la tutelle, à savoir la Direction de l’éducation.

Le directeur de l’établissement d’enseignement moyen est réduit à un fusible auquel on fait payer chaque problème posé. Il suffit que cinq ou six personnes se soulèvent contre un directeur, et c’est ce dernier qui est sanctionné sans même passer par le conseil de discipline”, nous a déclaré le secrétaire général du Cnadem, Saïd Aït Mouhoub, rencontré sur les lieux de la protestation. Selon ce dernier, l’opinion publique a été alertée plusieurs fois concernant cette situation, la Direction de l’éducation et le ministère de l’Éducation ont été également prévenus, mais en vain. 

“Ce que nous réclamons, c’est l’application de la réglementation”, a-t-il réaffirmé, soulignant que cette action a aussi pour second objectif d’alerter l’opinion publique au sujet de la rentrée scolaire. “Concernant le protocole sanitaire, nous avons expliqué qu’il est impossible de respecter les conditions imposées par le ministre. Nous avons plus de 80 établissements scolaires sans aucune goutte d’eau depuis un mois. Nous avons plus de 75 établissements scolaires qui n’ont pas de tables et de chaises où mettre les élèves et quand on tire la sonnette d’alarme, le seul résultat : on est sanctionnés. Même quand on alerte l’opinion publique, on est sanctionnés, donc y en a assez”, a-t-il dit soutenant que les directeurs d’établissement ne peuvent pas assumer une rentrée scolaire dans une telle situation.

“Je ne peux pas ramener 80% des élèves et en même temps respecter le protocole sanitaire qui prévoit 1,5 mètre de distanciation. Il y a risque d’y avoir une catastrophe sanitaire, et celui qui est obligé d’assumer la responsabilité, c’est le directeur. C’est au ministère et à la Direction de l’éducation de trouver la solution. Nous, nous sommes là pour appliquer, mais comme on ne peut pas appliquer, à l’impossible, nul n’est tenu”, a-t-il encore ajouté. “Dans cette situation, nous allons mettre nos enfants en péril, c’est pour cela que nous nous dégageons de toute responsabilité”, a ainsi prévenu M. Aït Mouhoub, ajoutant que le syndicat a réclamé deux commissions d’enquête, et que la première est déjà venue hier et a siégé avec les directeurs. “Nous attendons la seconde commission ministérielle pour mettre un terme à la situation actuelle.

Nous voulons poser le problème de notre relation avec la Direction de l’éducation, qui est théoriquement déjà définie par la réglementation, et lui présenter un état des lieux réel parce que nous avons l’impression que l’état des lieux n’est pas bien présenté en haut lieu”, a-t-il estimé, précisant que les directeurs ne refusent ni de travailler ni d’appliquer les directives, mais refusent d’en assumer la responsabilité, car elles ne peuvent être appliquées sur le terrain.

 

Samir LESLOUS


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