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Les prix flambent à Bordj Bou-Arréridj

Les ménages à rude épreuve

© D. R.

Bordj Bou-Arréridj, comme beaucoup d’autres villes du pays, accueille cette année le mois sacré avec une flambée des prix des denrées de première nécessité.

Le panier de la ménagère est confronté à une rude épreuve. Dans les familles, on se bat corps et âme pour trouver comment joindre les deux bouts. À l’instar des autres citoyens, Mohand craint de ne pouvoir assurer chaque soir un bon “f’tour” à sa famille. 

“Les prix des produits de grande consommation flambent de jour en jour, pendant que notre pouvoir d’achat s’affaiblit inexorablement”, se plaint ce cadre dans une entreprise privée locale, père de 3 enfants. Aux marchés de la ville, les prix de tous les produits de consommation ont augmenté.

C’est du moins ce qui ressort de notre tournée, hier, à travers certains points de vente de fruits et légumes, de produits alimentaires et de volaille de la ville. Ainsi, le kilo de tomate qui coûtait il y a quelques jours à peine 30 à 40 DA se vend aujourd’hui à près de 140 DA.

D’autres produits ont également connu la même hausse, notamment la pomme de terre, l’aubergine, la laitue ou encore la carotte, qui a atteint hier les 100 DA/kg, voire plus.

Pourtant, les autorités avaient prévenu et menacé d’une forte amende les commerçants qui augmenteraient artificiellement les prix de certains aliments très prisés pendant le Ramadhan. Interrogé, un commerçant du marché de gros des fruits et légumes impute cette augmentation à l’absence totale de contrôle et à la cupidité de certains de ses collègues qui profitent de cette période de forte demande pour augmenter leurs marges. 

“En plus du fait que tout est cher, c’est que nous n’avons plus d’argent. C’est cela aussi le problème. Nous nous débrouillons pour subvenir aux besoins de nos familles”, dira Fadila, une femme au foyer qui met cette situation sur le compte de la conjoncture qui prévaut actuellement dans le pays. Une conjoncture qui a poussé plusieurs foyers à s’abstenir et à se priver d’un bon repas du f’tour. 

“C’est la première fois que je débute le Ramadhan sans viande (blanche ou rouge), sans tomate fraîche, sans pomme de terre, huile, raisins secs, etc. J’ai quelques oignons, un sachet de lait et de la semoule”, a tenu à préciser ce fonctionnaire à l’APC de Bordj Bou-Arréridj et père de quatre enfants, qui prévoit pour ce mois d’aller manger au niveau des restos Rahma.

“C’est la première fois que je vais manger dans ce genre de resto pour laisser à ma femme et à mes filles ma part”, ajoute-t-il, les larmes aux yeux. “C’est difficile pour moi et ma famille”, murmura-t-il, avant de s’éclipser discrètement.

“J’ai fait mes courses, mais je me suis contenté du minimum”, précise ce jeune employé de banque. Il avoue en effet s’être satisfait de 500 grammes de viande “au lieu des deux ou trois kilos les années précédentes”. “Je m’approvisionne selon le strict besoin”, commente-t-il. 

Du côté des commerçants, la situation est aussi inquiétante ; le manque à gagner est très grand à cause de la baisse des ventes. “Je me rappelle qu’auparavant à la mi-journée, il ne me restait guère que quelques kilos de légumes. Mais, aujourd’hui, ma journée est longue, du moins jusqu’à la fermeture du marché, faute de ne pas avoir une bonne recette de vente”, dira Messaoud, un marchand de fruits et légumes au marché de Boumezrag.

Du côté des bouchers, c’est le même constat. “Il n’y a pas lieu de s’étonner dès lors que le prix de la viande rouge est devenu inaccessible pour des populations entières aux revenus modestes”, explique Mokhtar, un universitaire qui n’arrive pas à expliquer cette équation “de l’offre et de la demande”, qui ne trouve pas de solution chez nous. “Comment expliquer ce phénomène : pas beaucoup de vente (demande faible), mais les prix flambent ?”
 

Chabane BOUARISSA


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