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ILS PRÉVOIENT UNE ACTION DE CONTESTATION DANS LES PROCHAINS JOURS

Les retraités haussent le ton

© D. R.

Les retraités algériens sont très remontés contre les pouvoirs publics et une action de contestation, fin novembre ou début décembre, n’est pas à écarter.

Le retard mis dans le versement de la revalorisation de la retraite de 2021, dans un contexte social très difficile, exacerbe ainsi le sentiment d’être marginalisés chez les “les grands oubliés des gouvernements”, selon l’expression de Bachir Hakem, chargé de l’organique auprès de l’Organisation syndicale des retraités algériens (Osra) en attente d’agrément. 

“Les retraités qui ont consacré les plus belles années de leur vie pour contribuer au développement du pays sont devenus les nouveaux pauvres”, assène violemment le syndicaliste, lui-même retraité de l’éducation, en évoquant les différents problèmes — notamment de santé — auxquels les retraités sont contraints de faire face avec “une misère en guise de pension”.

“Entre les coûts de la vie quotidienne, les charges familiales et les dépenses de soins, les retraités sont confrontés à une réalité parfois insupportable”, particulièrement pour 40% des trois millions de retraités, qui perçoivent des pensions inférieures au salaire minimal, continue Bachir Hakem, qui appelle à une prise en charge urgente de cette catégorie de la population. 

Selon l’Osra, cette prise en charge passerait par un ensemble de mesures dont la suppression de l’impôt sur le revenu global pour les pensions de moins 120 000 DA, la perception de la totalité de la pension pour les veuves, l’accès gratuit aux soins et médicaments, le relèvement du Smig à 60 000 DA et la défiscalisation des retraites.

“Les retraités paient doublement l’impôt sur le revenu : une première fois au cours de leur vie active et une seconde fois à la perception de leurs pensions. Ce qui constitue une injustice”, dénonce encore le chargé de l’organique de l’Osra.

Dans sa plateforme de revendications, le syndicat des retraités, qui liste 20 mesures à engager pour permettre aux retraités de vivre dignement, évoque également le droit au logement pour ceux qui n’en ont jamais bénéficié, l’accès à la gratuité du transport urbain et interurbain, le remboursement des frais médicaux à 100%, y compris les analyses, la prise en charge des retraités gravement malades, la création de maisons de retraite avec un personnel spécialisé dont le coût maximal ne dépasserait pas 20% du montant de la pension, l’accès à la retraite anticipée avant l’âge requis après un minimum de 15 années de travail, l’augmentation annuelle en fonction du pouvoir d’achat, l’unification des trois caisses de retraite en droits et obligations… “Les retraités ne demandent pas l’aumône. Ils réclament justice”, plaide encore Bachir Hakem.

Créée il y a près de deux mois, l’organisation a enregistré l’adhésion de plus de 5 000 retraités et est déjà implantée dans 37 wilayas. “Mais nous n’avons pas encore obtenu le récépissé d’enregistrement auprès des autorités compétentes”, déplore le chargé de l’organique en annonçant la tenue prochaine du Conseil national qui décidera des actions à entreprendre.

“Les retraités sont très impatients et, face au silence des autorités, les plus virulents appellent à des actions de contestation. Les pouvoirs publics doivent se manifester et apporter des réponses dans les plus brefs délais”, conclut Bachir Hakem.
 

S. OULD ALI


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