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Alors que les autorités mettent le cap sur le sauvetage de l’entreprise

Les travailleurs de l’Eniem campent sur leurs positions

© Archives Liberté

Alors que les pouvoirs publics sont disposés à aider financièrement l’entreprise, le conflit entre les travailleurs et la direction perdure.

Appelés à reprendre le travail depuis le 3 janvier dernier, les employés de l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager, (Eniem), ne veulent pas reprendre le chemin de l’usine jusqu’au départ du staff dirigeant. Même la dernière déclaration du ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, sur les ondes de la Radio nationale ne semble pas de nature à apaiser les esprits tant, estiment certains travailleurs contactés hier, “elle reste mitigée et peu convaincante”.

Dans sa déclaration, le ministre a pourtant promis que le dossier de l’Eniem est le premier à être traité afin d’aboutir rapidement à une solution. Si du côté de l’entreprise, cette déclaration équivaut à une lueur d’espoir pour cet ancien fleuron de l’industrie nationale, les travailleurs, eux, ne l’entendent pas de cette oreille vu que tout ce qui a été dit à propos du sauvetage de leur entreprise, ils n’ont enregistré que les propos concernant le staff dirigeant.

Sur ce point, le ministre a jugé qu’il est tout à fait clair que les travailleurs ont la légitimité de dénoncer le management de l’Eniem, mais n’ont pas le droit d’exiger le changement du staff dirigeant. Des propos qui ont donné lieu à bien des lectures par les travailleurs.

“Outre l’annulation du congé technique, notre revendication principale porte justement sur le départ du P-DG et de son staff qui ont décidé de manière unilatérale de l’arrêt technique de l’activité de l’entreprise en décembre dernier. Si cette revendication n’est pas prise en compte, nous allons poursuivre notre mouvement car nous ne voyons pas comment changer la gestion de l’Eniem en maintenant la même équipe”, nous a déclaré un des travailleurs.

D’autres n’hésitent pas à interpréter “le constat d’échec” dressé par le ministre comme les prémices d’un changement à venir de l’équipe dirigeante.

“Logiquement, en déclarant que l’Eniem souffre plutôt d’un problème de gestion, et que même avec les différents crédits accordés, les gestionnaires n’ont pu mettre un terme à cet éternel endettement mais, pis encore, ils l’ont aggravé, le ministre ne laisse pas l’ombre d’un doute quant à la nécessité de changer l’équipe dirigeante.

À moins qu’il appréhende un effet de contagion et qu’il laisse donc le changement s’opérer suivant les procédures classiques”, croit comprendre un travailleur proche du syndicat de l’entreprise. Selon ce dernier, du côté du syndicat en tout cas, la tenue de rassemblements devant la direction de l’entreprise au lieu du site de production est même envisagée dans les jours à venir. 

Cependant, l’Eniem a déjà perdu deux semaines de production qui alourdiront, à coup sûr, son manque à gagner qui ne fera qu’aggraver sa situation déjà largement fragilisée par ses dettes, ses deux arrêts techniques d’un mois chacun, et un lourd manque à gagner durant la première vague de la crise sanitaire où elle s’est également mise à l’arrêt.

Et maintenant que les pouvoirs publics sont disposés à aider financièrement l’Eniem, c’est le conflit entre ses travailleurs et sa direction qui la mine plus que jamais. Jusqu’à hier, les deux parties semblaient toujours évoluer sur deux planètes différentes. 
 

Samir LESLOUS


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