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Le ministre des Transports et le P-DG d’Air Algérie remerciés

Limogeage en plein vol

Lazhar Hanni, le désormais ex-ministre des Transports. © D.R

L’actuel ministre des Travaux publics, Farouk Chiali, est chargé d’assurer l’intérim du ministère des Transports, alors que le nouveau P-DG d’Air Algérie n’a pas encore été désigné.  

C’est une exécution en plein vol. À peine six mois après sa nomination à la tête du ministère des Transports, Lazhar Hanni (73 ans) a été, à la surprise générale, limogé hier par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. Et il emporte avec lui le P-DG de la compagnie nationale Air Algérie, Bakhouche Allèche, ainsi que le premier responsable du catering.

“Sur instruction de M. le président de la République, il a été mis fin aux fonctions de M. Lazhar Hani en sa qualité de ministre des Transports”, a fait savoir un communiqué du Premier ministère. Et une fois n’est pas coutume, le communiqué a livré les raisons du limogeage des trois responsables.

“Cette décision a été prise à la suite de l’engagement d’une opération d’importation par la compagnie nationale Air Algérie de fournitures liée à l’activité de catering, et ce, sans tenir compte du contexte économique national et des orientations financières visant la gestion rationnelle des devises et la priorité à accorder à la production nationale”, a justifié la chefferie.

Nommé au département des Transports, Lazhar Hanni sera remplacé de manière intérimaire par l’actuel ministre des Travaux publics, Farouk Chiali, alors que le nom du nouveau patron d’Air Algérie n’est pas encore dévoilé. Le désormais ex-ministre des Transports a été nommé le 23 juin 2019 à la faveur d’un mini-remaniement ministériel avec comme programme la restructuration du secteur complètement sinistré aggravé par la crise sanitaire qui l’a forcé à l’arrêt quasi total.

Issu du transport maritime, M. Hanni avait fait un constat critique de son secteur sans pour autant avoir le temps et probablement la marge de manœuvre pour engager les réformes nécessaires. Il s’est engagé notamment à fermer toutes les agences d’Air Algérie à l’étranger pour “rationaliser” les dépenses d’une compagnie qui prenait l’“air” de partout.

Ayant sombré dans des difficultés financières structurelles, Air Algérie était devenue un boulet pour le Trésor public. Sa santé financière battait de l’aile. “Jamais de son histoire, Air Algérie ne s’est aussi mal portée”, nous ont indiqué plusieurs sources syndicales qui se disent “inquiètes du devenir de la compagnie”.

Celles-là mêmes qui n’ont pas manqué d’adresser plusieurs courriers à l’attention du président de la République pour “dénoncer la mauvaise gestion, mais aussi des malversations à grande échelle”. D’autres sources proches de la direction d’Air Algérie nous ont assurés, pour leur part, que “depuis septembre dernier, des agents de l’IGF ont passé au peigne fin la gestion de la compagnie”.

Les mêmes sources précisent que “leur rapport remis la semaine dernière fait froid dans le dos”. S’il est vrai que la compagnie se débat dans une crise financière structurelle tant elle a été impactée par la crise sanitaire pour cause de coronavirus (40 milliards de dinars de pertes), cela ne voile pas pour autant un passif très chargé qui l’empêche de décoller. “Manipulation, favoritisme et privilèges”, qui gangrènent la compagnie depuis de longues années, remontent, ainsi, à la surface avec une telle ampleur qu’il n’est plus possible de “fermer les yeux”, dénonce-t-on encore.

Il faut dire que le limogeage du patron de la compagnie nationale est emblématique d’une instabilité chronique dans laquelle est engluée Air Algérie. Une interminable zone de turbulences qui risque de précipiter sa chute. Et ce n’est sans doute pas la valse des patrons qui lui évitera le crash. 

 

 

Nabila SaÏdoun 


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