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CONDAMNÉ EN PREMIÈRE INSTANCE À 1 AN DE PRISON DONT 8 MOIS FERME

Rabah Karèche jugé en appel le 4 octobre

© D. R.

Le  procès  en appel  de  notre journaliste Rabah  Karèche  est  fixé au 4 octobre  prochain  devant  la  cour  de  Tamanrasset,  a-t-on  appris, hier, auprès de ses avocats.

Cette programmation du procès fait suite à l’appel interjeté, par le collectif de défense du journaliste, du verdict du tribunal rendu le 12 août dernier et dans lequel, le prévenu avait été condamné à un an de prison ferme assortie de 20 000 DA d’amende. Alors que tout le monde s’attendait à un élargissement de l’accusé, le verdict du tribunal avait douché les espoirs de ceux parmi ses confrères et défenseurs des droits de l’Homme de revoir Rabah retrouver sa famille et son milieu professionnel. 

Lors du procès en première instance, le parquet avait requis une peine de 3 ans  de  prison  ferme  à  l’encontre  du  journaliste, assortie de 100 000 DA d’amende.  Malgré  les  témoignages à  décharge  des  notables  et  autres citoyens, la  justice  n’a  pas concédé  à  un  geste  de  clémence  comme l’espéraient ses proches et ses défenseurs.

Installé depuis plusieurs années à Tamanrasset, cette ville de l’extrême sud du pays, Rabah Karèche a fini par être adopté par la population locale. Porte-voix des citoyens, il a fini par susciter le respect comme  en témoignent les plaidoiries des personnes convoquées au procès et qui  ne laissaient aucun doute sur, à la fois, le professionnalisme  du journaliste, mais  aussi sur ses qualités humaines. 

“C’est grâce à lui que nous avons réglé pas mal de nos problèmes”, avait déclaré un témoin devant le juge. Pour rappel, Rabah Karèche a été convoqué le 18 avril dernier par la police de la ville de Tamanrasset. Maintenu en garde à vue, le juge instructeur avait décidé de le placer sous mandat de dépôt.  Alors  qu’il  est  poursuivi  officiellement  pour  “administration  d’un  compte électronique consacré à la diffusion d’informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société”, “diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d’attenter  à  l’ordre public” et “usage de divers moyens pour porter atteinte à la sûreté et à l’unité nationales”, certaines de ces accusations n’ont pas paru lors du procès. 

L’institution judiciaire s’était focalisée pour l’essentiel, selon les rapports de la presse, sur ses écrits sur Liberté. L’un des articles qui a principalement attiré l’attention des autorités judiciaires est celui consacré à une manifestation publique des citoyens de la région pour dénoncer le nouveau découpage territorial décidé par les hautes autorités du pays dans le cadre de la création de nouvelles wilayas, notamment dans le Grand Sud.  L’article en question a été publié le 14 avril, soit 4 jours avant sa convocation par la police. 

La détention puis la condamnation de Rabah Karèche n’avaient pas laissé de marbre la corporation et les ONG de défense des droits de l’Homme et de la presse.  Elles étaient, en effet, plusieurs à dénoncer une grave atteinte à la liberté d’expression. Après six longs mois de détention, l’espoir de voir Rabah Karèche libre demeure. 
 

Mohamed MOULOUDJ


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