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SAÏD BOUTEFLIKA AFFIRME DEVANT LE JUGE DÉTENIR DES SECRETS

“Si je parle, l’Etat sera ébranlé”

© Archives Liberté

Quand le juge lui demande  son  dernier  mot, le  frère  cadet  de  l’ancien chef d’État a envoyé un message lourd de sens : “Je détiens des secrets d’État et si je les divulgue, un jour, les fondements de l’État seront ébranlés. Je préfère garder le silence”.

En  prononçant  son  dernier  mot  à  la  demande  du  juge au 3e jour de son procès, hier, au tribunal criminel de Dar El-Beïda (Alger,) l’ancien conseiller du président Saïd Bouteflika est resté droit dans ses bottes et a maintenu ses propos tenus le premier jour de sa comparution. “Je n’ai pas signé le PV qui m’a été présenté et celui que vous avez est un faux. Le juge d’instruction près le tribunal militaire de Blida m’a menacé, mais j’ai refusé de le signer”, a-t-il lancé à l’adresse du juge. 

Le premier jour de son procès, Saïd Bouteflika a, en effet, soutenu qu’il avait été convoqué “comme témoin avant de se retrouver comme accusé”. “Le juge d’instruction m’a dit ou vous le signez ou vous assumez vos responsabilités. Je lui ai répondu : je ne le signe pas et j’assume mes responsabilités”, a-t-il déclaré.

“Il n’a pas de questions à me poser et il m’a dit que tu te caches derrière ton frère. Y a-t-il une preuve ? Non. Que des supputations”, a insisté M. Bouteflika. Par la suite, il a assuré que depuis 1999, il a fait le serment d’aller sur les pas de ceux qui l’ont élevé, comme Boumediene et son grand frère.

“Celui-ci m’a dit un jour que durant toute ta vie et jusqu’à ta mort, tu combattras dans le silence.” “Je détiens des secrets d’État, et si je les divulgue un jour, les fondements de l’État seront ébranlés. Je préfère garder le silence”, a-t-il asséné, en se présentant comme “une victime des réseaux sociaux”. 

Pour sa part, l’ancien ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, a assuré “n’avoir commis aucun acte illégal et toutes nos décisions sont conformes à la loi et prises dans le cadre de mes prérogatives”. “Après plus de 41 ans de services et à un âge avancé, je me retrouve en prison et ma famille détruite. J’espère que vous allez mettre fin à mon calvaire et à cette injustice”, a-t-il lancé au juge. 

De son côté, l’ancien patron de l’ETRHB, Ali Haddad, qui a comparu en visioconférence, a soutenu n’avoir rien à faire dans l’affaire de l’USMA. Dans cette affaire, Ali Haddad a été accusé d’avoir exploité sa position et entravé le bon fonctionnement de la justice. Celle-ci lui reproche d’avoir envoyé un SMS à Saïd Bouteflika pour intervenir dans le dossier opposant l’association des supporters de l’USMA aux actionnaires du club.

“J’ai été convoqué à deux reprises comme témoin et je me retrouve accusé”, a-t-il précisé, avant de demander à être innocenté dans cette affaire. L’ancien inspecteur général au ministère de la Justice Taïeb El-Hachemi a soutenu, pour sa part, avoir “agi dans la légalité en appliquant des instructions légales”, tout en réclamant son acquittement. Même requête pour les autres accusés qui ont tous clamé leur innocence et demandé leur élargissement. 

Lors des plaidoiries, Me Khaled Bourayou, avocat de Saïd Bouteflika, a affirmé que “cette affaire est une première dans l’histoire de la justice algérienne”. “On poursuit des juges et même un ex-ministre de la Justice.

Comment pouvez-vous juger vos pairs ? On veut faire exploser la justice algérienne !”, s’est-il écrié. Pour lui, l’ancien procureur général Belkacem Zeghmati “n’avait pas la qualité pour émettre des mandats d’arrêt internationaux contre Chakib Khelil et sa famille”.

“Cette décision est illégale. Même l’ancien président de la République n’était pas au courant. Il a appris la nouvelle par le biais du journal télévisé. Les répercussions de cette affaire auraient fait exploser l’État et la justice”, s’est emporté Me Bourayou, avant de glisser, d’un air apitoyé : “Mon pays est en danger.” 

Pour Me Amar Zaïdi, avocat de l’homme d’affaires Ali Haddad, son client “est victime dans toutes les affaires où il est poursuivi. C’est une victime et non le démon qu’on a présenté à l’opinion publique. On l’a utilisé pour régler des comptes”. Selon lui, on a utilisé son téléphone, saisi sur ordre de la justice dans le cadre de l’affaire des passeports, “sans avoir d’autorisation et l’utilisation qui en a été faite est illégale”.

“Le procès d’aujourd’hui est très dangereux. Je ne veux pas que la justice soit utilisée comme instrument dans un règlement de compte. J’espère que la justice l’emportera. C’est notre souhait. N’est-ce pas injuste de poursuivre une personne qui n’a commis aucun délit ? Pis encore, Ali Haddad a été condamné dans 5 dossiers pour les mêmes faits. C’en est assez ! C’est révoltant. Notre souhait est que la vérité éclate”, a lancé Me Zaïdi. Le verdict devait tomber en soirée. 
 

Arab CHIH


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