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Affaire “Mobilis-Condor” au troisième jour du procès des frères Benhamadi

Un marché de gré à gré à 2,18 milliards de dinars

Le P-DG du groupe Condor, Abderrahmane Benhamadi. © D.R

Pour son troisième jour, le procès des propriétaires du groupe Condor, les frères Benhamadi, s’est poursuivi, hier, au pôle pénal financier et économique près le tribunal de Sidi M'hamed, à Alger, avec l’affaire de l’opérateur public de téléphonie Mobilis. 

L’affaire porte sur un marché de gré à gré passé avec Condor Electronics pour une commande sur trois années pour la coquette somme de 2,18 milliards de dinars. Ce qui représente une valeur annuelle ne dépassant pas le seuil maximal des 800 millions de dinars. Durant la première année, en 2015, Mobilis a acquis un lot de 34 000 unités pour l’offre “Tablette électronique munie d’une puce”. À l’ouverture de la séance, le juge qui a convoqué le président du conseil d’administration de Condor Electronics, Abderrahmane Benhamadi, s’est penché sur une commande supplémentaire passée la même année, en violation des clauses du contrat et donc du code des marchés publics. L’accusé a expliqué qu’“étant donné l’engouement et l’intérêt suscités par l’offre, Mobilis a passé une autre commande pour satisfaire la demande de ses clients”. “Nous avons reçu un bon de commande, mais qui n’a pas été payé la même année, étant donné le seuil maximal défini dans le contrat dépassé. L’année suivante, nous avons fait un avenant de clôture. Le contrat a été refait et le seuil doublé”, a-t-il précisé.

C’est ainsi qu’en 2016, Condor Electronics a pu fournir 207 000 unités, entre téléphones et tablettes, à Mobilis. S’agissant de la formule de gré à gré, Abderrahmane Benhamadi a rappelé que Mobilis avait passé 14 marchés suivant le même mode opératoire avec, entre autres, Apple et LG, et donc pas seulement avec son entreprise. “Grâce à cette offre, Mobilis a doublé son chiffre d’affaires la première année”, a-t-il ajouté. Lors de l’instruction, la commission rogatoire désignée par le juge a trouvé dans les locaux de Mobilis un lot de tablettes et de téléphones non épuisé sur le marché. Le juge, qui a conclu à des commandes injustifiées, a appelé à la barre le directeur général de Condor Electronics, Ahmed Harouz, en tant que personne morale, pour l’interroger sur la question. Ce dernier a expliqué qu’il était “plus intéressant pour Mobilis de vendre aujourd’hui ce lot, comme l’importation des téléphones a été gelée et que leurs prix ont augmenté”.

L’ancien directeur des relations publiques de Mobilis Abdelhadi Mati, poursuivi pour “dilapidation de deniers publics et abus de fonction”, avait soutenu devant le juge que “le marché a été accordé suivant une étude réalisée par la direction du marketing et que l’offre de Condor a été traitée équitablement et au même titre que les offres présentées par Huawei, LG et Samsung”. L’ancien P-DG par intérim de Mobilis Mohammed Habib avait également tenu les mêmes propos, à savoir que “le choix de Condor a été fait suivant une étude technique” et qu’“aucune pression n’a été exercée sur l’ancien secrétaire général du ministère de la Poste et des Télécommunications Fouad Belkacem pour le choix des tablettes Condor”.

Sur un autre registre, le juge s’est penché sur l’affaire du financement illicite de la campagne électorale pour la présidentielle d’avril 2019, dans laquelle l’ancien ministre de la Poste et des Télécommunications Moussa Benhamadi est accusé d’avoir remis une somme de 5 milliards de centimes à la direction de campagne de l’ancien président, feu Abdelaziz Bouteflika. Appelé à la barre, Aouaroune Ahmed, adjoint du directeur financier de la direction de campagne, a affirmé n’avoir jamais rencontré Moussa Benhamadi ou son chauffeur, et qu’“aucune somme n’a été versée à la direction de campagne par le groupe Condor”. Le réquisitoire est attendu pour demain.

 

 

Mehdi Mehenni


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