Des milliers d’Afghans cherchent à fuir leur pays, dans un climat d’inquiétude et de panique. A l’aéroport de Kaboul, des scènes de chaos ont été rapportées par plusieurs médias où des hommes s'agrippaient aux passerelles ou aux escaliers pour tenter de monter dans un avion.
L’Afghanistan s’est réveillé ce lundi 16 août aux mains des talibans, après la fuite au Tadjikistan du président Ashraf Ghani, qui a reconnu dimanche soir leur victoire. « Les talibans ont gagné avec le jugement de leurs glaives et de leurs fusils et sont à présent responsables de l'honneur, de la possession et de l'auto-préservation de leur pays ».
L'ex-président a dit avoir quitté l'Afghanistan pour éviter un « bain de sang », car « d'innombrables patriotes auraient été tués » et la capitale « aurait été détruite ».
De leur côté, les insurgés ont célébré leur « victoire » en investissant le palais présidentiel à Kaboul. Leur chef, le mollah Abdul Ghani Baradar, cofondateur des talibans, les a salués en diffusant une vidéo sur les réseaux sociaux. « A présent, c’est le moment d’évaluer et de prouver. A présent, nous devons montrer que nous pouvons servir notre nation et assurer la sécurité et le confort dans la vie », a-t-il promis.
Par ailleurs, des milliers d’Afghans cherchent à fuir leur pays, dans un climat d’inquiétude et de panique. A l’aéroport des scènes de chaos ont été rapportées par plusieurs médias où des hommes s'agrippant aux passerelles ou aux escaliers pour tenter de monter dans un avion.
Les forces américaines ont même tiré en l’air « pour désamorcer le chaos », a rapporté à l’agence de presse Reuters un représentant des Etats-Unis. « La foule était hors de contrôle », a expliqué ce responsable, par téléphone. Un témoin, contacté par l’Agence France-Presse (AFP), a confié avoir « très peur ». « Ils tirent des coups de feu en l’air. [Dans la cohue], j’ai vu une jeune fille être écrasée et tuée », a-t-il affirmé.
Cependant, l'autorité aéroportuaire de la capitale a annoncé que les vols commerciaux en partance étaient annulés, en raison de la situation chaotique à l'aéroport. En revanche, les rues de la capitale étaient plutôt calmes, largement patrouillées par des talibans en armes, notamment dans la « Green zone », auparavant ultra-fortifiée et qui abrite les ambassades et les organisations internationales.
Le département d’Etat américain et le Pentagone ont affirmé dans un tweet que « le Président et le vice-Président se sont réunis ce matin (16 août, ndlr) avec leur équipe de sécurité nationale et des hauts fonctionnaires afin de s’enquérir des dernières nouvelles sur le retrait de notre personnel civil en Afghanistan, les évacuations des candidats à l’immigration et d'autres alliés afghans, en plus de la situation actuelle en matière de sécurité à Kaboul ».
Il est à préciser que le drapeau américain a été retiré tôt lundi de l'ambassade des États-Unis à Kaboul et « mis en sécurité avec le personnel de l'ambassade » regroupé à l'aéroport dans l'attente d'une évacuation, ont annoncé le département d'État et le Pentagone.
Dans un communiqué rendu public par le Département d’Etat et le Département de la Défense des Etats-Unis, ils ont déclaré entre autres avoir « envoyé 6.000 militaires pour sécuriser l'aéroport et évacuer quelque 30.000 Américains et civils afghans ayant coopéré avec les États-Unis qui craignent les représailles des talibans ».
Imène Amokrane/Agences