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Condamné, jeudi, par le tribunal militaire de Blida À 16 ANS de prison ferme

Wassini Bouazza, “crime et châtiment”

© D. R.

Tout puissant qu’il a  pu  être, la chute a  été  dure  pour  le  général Wassini Bouazza, ex-patron de la  sécurité  intérieure, condamné, jeudi  soir, par le tribunal militaire de Blida où se tenait son procès, à une peine de 16 ans de prison ferme.

Poursuivi pour quatre chefs d’accusation, à savoir “trafic d’influence, infraction aux consignes de l’armée, entrave à la justice et enrichissement illicite”, il a comparu avec quatre autres officiers, tous ses subordonnés, qui ont écopé, à leur tour, de 15 ans pour deux d’entre eux et de 14 ans pour les deux autres.

Notons, également, que treize officiers convoqués comme témoins ont vu leur statut basculer vers celui d’accusés et sont placés en détention. Ils seront jugés, lors d’un autre procès pour les mêmes faits.

Arrêté en avril dernier, aussitôt après avoir été démis de ses fonctions, l’ex-patron de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), le général Wassini Bouazza, a été condamné en appel le 23 juin 2020 par le tribunal militaire de Blida à une peine de huit  ans  de  prison ferme assortie d’une amende de 500 000 DA.

Il était notamment poursuivi pour “faux et usage de faux, atteinte à corps constitués, détention d’arme à feu et de munitions de type IV”. Il semble bien d’ailleurs que la descente aux enfers ne s’arrête pas là pour l’homme fort du temps du défunt chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, qui l’a désigné à la tête de la sécurité intérieure, amorcée peu de temps après la démission forcée de Bouteflika en avril 2019.

L’on parle aussi d’une troisième affaire, en relation avec la campagne présidentielle de 2019 qui serait en cours d’instruction. Il est accusé, cette fois, d’avoir favorisé le candidat du RND, l’ex-ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, et ce, au détriment des autres candidats.

Il serait ainsi poursuivi dans cette affaire d’“entraves à l’opération électorale”, “non-respect des consignes militaires” et “trafic d’influence”. C’est dire toute l’étendue du pouvoir dont jouissait l’ex-patron des renseignements qui n’aurait pas manqué de cumuler des actions et autres tentatives pour torpiller le Hirak en usant de tous les subterfuges à même de diviser les rangs du mouvement populaire pourtant pacifique. On lui prête même d’être derrière l’opération “Zéro Kabyle” baptisée “La rencontre de la conscience”.

L’initiative dissimulait des desseins sinistres qui visaient particulièrement des partis politiques, tels que le FFS, le RCD et le Mouvement autonome kabyle (MAK). Aujourd’hui, tout remonte à la surface et explose à la figure du sulfureux personnage qui ferait face à une autre affaire qui risque de l’enfoncer davantage.

On reprocherait, justement, au général déchu d’être impliqué dans des faits liés à des campagnes de propagande, en recourant à “des mouches électroniques” sur les réseaux sociaux pour “discréditer le mouvement populaire”, “s’attaquer à des figures emblématiques du Hirak ou à des personnalités politiques” et à “diviser les rangs de ces derniers”. 

 

Nabila SAÏDOUN


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