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Le marché bancaire algérien en 2020

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Par : Rachid Sekak
(Économiste)

Le coefficient d’exploitation se mesure par le ratio frais généraux par rapport au produit net bancaire. Le coefficient d’exploitation le plus bas des banques publiques est relevé chez la BEA à 11,07%, une banque qui bénéficie largement de la rente des hydrocarbures ; chez les banques privées, la palme revient à Citibank avec un taux de 17,20%.

Le marché a stagné en 2020 dans un contexte où le coût du risque est resté élevé, mais sa rentabilité est restée en apparence élevée. Le marché compte désormais une banque de moins, le Crédit agricole (Cacib) ayant quitté l’Algérie. À noter qu’à la fin de l’année 2020, quelques banques de la place n’avaient toujours pas mis à niveau le montant de leur capital à 20 milliards de dinars, d’où la flexibilité supplémentaire en matière de délais qui a été accordée par le régulateur.

Les dépôts collectés auprès de la clientèle ont augmenté en 2020 de seulement 0,74% par rapport à 2019 à 10 719 milliards de dinars. 
Les banques publiques représentent 84,98% de cette collecte, et les banques privées 15,02%.
Les prêts à la clientèle sont en hausse plus sensible de 2,31% à 10 171 milliards de dinars 
Les banques publiques représentent 88% de cette activité de crédit à la clientèle contre 12% pour les banques étrangères. Le rapprochement de ces deux éléments plaide pour un resserrement fort de la contrainte de liquidité du secteur à la fin 2020. 
Il est aussi clair que la contrainte de liquidité a été moins forte pour les banques privées.
Pour mémoire, la Banque d’Algérie a ajusté deux fois le taux des réserves obligatoires pour le faire passer de 10% à fin 2019 à 3% à fin 2020, ce qui a permis de libérer plus de 700 milliards de dinars de fonds prêtables supplémentaires.
L’élément le plus symptomatique des difficultés du secteur réside dans la baisse observée du produit net bancaire de la place (le chiffre d’affaires des banques) de 2% en 2020. Je n’ai pas souvenir d’une telle situation.
Les coefficients d’exploitation restent bas à 28,16% en moyenne. Le taux moyen observé pour les banques publiques est de 24,84% et celui des banques étrangères se situe à 39,89%.
Pour rappel, le coefficient d’exploitation se mesure par le ratio frais généraux par rapport au produit net bancaire. Le coefficient d’exploitation le plus bas des banques publiques est relevé chez la BEA à 11,07%, une banque qui bénéficie largement de la rente des hydrocarbures ; chez les banques privées, la palme revient à Citibank avec un taux de 17,20%.
De la même manière, le résultat brut d’exploitation (RBE) moyen de la place est en baisse de 1,80%. Le coût du risque mesuré par le montant des provisions nettes passées en 2020 reste élevé à 184,6 milliards de dinars contre déjà 186,9 milliards de dinars en 2019. Ce coût du risque a englouti une large part du PNB des banques. En moyenne, le coût du risque a représenté 33,54% du PNB de la place.
Sur ce segment, on observe de très fortes distortions. Le coût du risque représente en moyenne 38,68% des revenus des banques publiques, contre seulement 15,88% pour les banques priées.
À noter que le coût du risque représente 49,66% des revenus de la BADR et 36,15% de ceux de la Société Générale Algérie ; des records dans le contexte algérien depuis de nombreuses années.
Par ailleurs, il est certain, au vu du niveau de provisionnement affiché par certaines banques, que ces institutions ont largement profité des mesures de sauvegarde et prudentiellles édictées par la Banque d’Algérie dans le cadre de la crise Covid-19, notamment en matière de classification des créances, pour se livrer à des “reprofilages de complaisance”. Pour ces banques, le coût du risque restera élevé en 2021 et 2022.
Les profits de la place restent néanmoins en hausse de 1,85% à 162,91 milliards de dinars (159,95 milliards de dinars en 2019). 
Les ROE (rendement des fonds propres) restent appréciables. Le ROE moyen du secteur est de 10,54% avec un taux moyen de 10,07% pour les banques publiques et de 12,73% pour les banques étrangères. Des rendements qui continuent de faire des envieux, notamment en Europe.
À noter l’excellente rentabilité de Citibank et des deux banques islamiques : Al-Salam Bank et Al-Baraka. Au niveau des banques publiques, la BEA continue de fortement bénéficier de son positionnement vis-à-vis de Sonatrach.

 


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