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Littérature, seul remède face à la perdition

© D.R

Par : Abdelmoaiz Farhi
Auteur

Dans une société qui se perd dans une insignifiance totale, avec une jeunesse influençable d'un réseau social à un autre et d’une tendance absurde à une autre avec en prime, l’ignorance de soi. Les moyens de rescousse se font rares. Des sociologues urgentistes nous mettront sous lecture, romanesque, historique, philosophique, journalistique et tout ce qui se termine par ique du moment où il y a lecture avant, afin de nous sauver de cette perdition. Que gagnerait une société, la nôtre, comme exemple, à flirter avec la littérature ? Beaucoup de choses. Quel avenir espérer et quel présent vouloir si le passé nous fait défaut ? Le passé, justement, l’avons-nous découvert, appris, ressenti dans les œuvres de Mammeri, de Kateb ou de Dib ? Mieux encore et Dieu merci, nous l’avons vécu bien des décennies après et nous avons, enfin, réussi à trouver la réponse de la fameuse question. Qui sommes-nous ? C’est là toute la magie de la littérature. Nous faire revenir à nous-mêmes, et l’évasion recherchée à l’ouverture du roman se solde par une évasion à l’intérieur de notre personne. La connaissance de soi à travers la littérature est le résultat de plusieurs lectures. Probablement, le lecteur n’a demandé que du divertissement, mais la littérature est généreuse, le divertissement qu’elle nous procure nous fait connaître ce fameux moi. 

Ad vitam aeternam 
Pourquoi écrire ? L’une des questions les plus difficiles à poser à un auteur. Les raisons peuvent varier, mais inconsciemment, on écrit pour perdurer et faire perdurer les nôtres. Beaucoup sont les écrivains assassinés, disparus et décédés. Certes, ils ont vécu une seule fois, mais ont écrit pour toujours. Un texte traverse les âges et c’est grâce aux écrivains contemporains et à travers leurs écrits que notre génération restera à jamais dans l’histoire de l’humanité. L’absurdité, c’est quand on retrouve la vérité dans la fiction, au lieu de la trouver dans la vie réelle. La littérature fait en sorte d’exposer les faits tels qu’ils sont, pas seulement sans voile, elle les expose, sans sous-vêtements. Pourquoi l’écrivain se donne-t-il tant de mal à décrire la vérité ? La réponse ne casse pas trois pattes à un canard. 
La littérature donne cette liberté qu’on peine à retrouver dans les médias. Elle la donne aux écrivains pour écrire sans tabous et sans limitations pour décrire le quotidien, l’atmosphère, les mentalités, les désirs et les ressentiments. Pour décrire la vérité, la littérature broie les tabous et parfois la polémique qu’elle engendre ne peut qu’être salutaire, car, elle pose toujours les meilleures questions. Des questions que beaucoup veulent supprimer du registre de la société. 

Tout n’est qu’ordre et beauté… luxe, calme et volupté 
La beauté, se trouvant dans la vie, dans la nature, dans les yeux d’un amour, elle se trouve aussi dans l’art. Si une peinture nous la fait voir et si un morceau de violon nous la fait écouter. La littérature quant à elle nous la fait ressentir. Cette beauté qu’engendrent les mots en parlant des sentiments, des fleurs, des goûts et des parfums. La littérature ne peut être que belle, car, elle arrive à nous faire aimer les chagrins par de simples mots. C’est juste divin. Lire des poèmes ou du théâtre, lire les paroles d’une chanson, lire un classique qui ne cesse de dire des choses nouvelles. Lire ne rend pas forcément beau mais lire, c’est beau. De la Russie au Japon, en passant par l’Égypte et l’Algérie, sans oublier l’Europe et l’Amérique, la littérature ne peut diviser, elle ne fait qu’unir et si les sentiments n’ont pas de couleurs ou de religions, ils ont des mots pour les décrire. Peu importe la culture ou les langues, peu importe les conflits ou les alliances, peu importe les politiques et les idéologies. 

La littérature était, est et restera universelle. On lit Benhedouga en Russie, Murakami en Algérie et Tolstoï au Japon. On voyage avec la littérature, on découvre un nouveau monde avec ses cultures et ses saveurs, un monde avec son histoire et son évolution, un monde qu’on ignorait. On peut aussi avoir froid en plein été avec “Guerre & Paix” tout comme on peut être tchèque à Tlemcen avec un Kundera à la main, ou Tlemcenien à Prague avec un Dib comme lecture du moment. La littérature n’a pas de frontière et elle n’a pas besoin de visa. La littérature a cette ubiquité dont nous avons besoin pour fuir le quotidien. 

La littérature est la seule drogue au monde qui apporte des bienfaits, la seule drogue qu’il ne faut pas consommer modérément et que son overdose rend vivant son consommateur. La littérature est aujourd’hui une passion pour certains, mais elle doit être un besoin pour tous. 


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