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A la une / Contribution

PARTENARIAT ÉCONOMIQUE ALGÉRIE-AFRIQUE

“L’urgence de rebâtir et solidaire un partenariat durable avec l’Afrique”

© D.R

Par : El-Hadi MAKBOUL 
Expert international Ex-DG du Ceneap

Ce partenariat  d’avenir devra aboutir à un changement des mentalités africaines aux plans économique, politique et social en vue d’amener toutes les parties à adhérer à une véritable intégration régionale soucieuse de renverser l’ordre économique mondial imposé par les grandes puissances.”

Depuis plus de 20 ans, l’Algérie a tourné le dos à l’Afrique, un continent en pleine croissance, avec des potentialités et des richesses importantes et des partenariats très solides avec l’Europe, la Chine et depuis peu les USA. Même si l’Algérie de par son histoire a créé des liens étroits avec l’Afrique en participant à toutes les luttes africaines ; de la décolonisation des peuples aux nationalisations des richesses naturelles, de la recherche de la paix à la résolution des conflits, de la formation des élites africaines à la bonne gouvernance, elle a cependant perdu des parts importantes de marché qui semblent difficilement réalisables aujourd’hui face à une concurrence mondiale féroce dominée par des ensembles économiques mondiaux et régionaux puissants et mieux structurés.

En effet, les échanges économiques avec l’Afrique restent trop faibles et insignifiants. Avec seulement 6% du total des exportations en 2019, l’Algérie n’a pas su faire émerger une véritable stratégie économique et commerciale autour d’un partenariat durable avec les pays du continent africain. 
Ainsi, la préférence économique algérienne allait plutôt s’orienter vers les marchés mondiaux classiques représentés par l’Europe, la Chine, la Turquie, les USA et le Canada, en négligeant le marché africain en pleine expansion représenté par 1,2 milliards de personnes, d’une valeur de 3000 milliards de dollars et d’un produit intérieur de 2500 milliards USD, marché actuellement dominé par des entreprises européennes et la Chine.
Désormais, il est régi par une zone de libre-échange soumise aux 54 pays africains (ZLECAF), qui prévoit l’annulation progressive des tarifs douaniers dans le commerce interafricain à hauteur de 90% des taxes douanières sur une durée de 5 ans pour les pays en développement et ce à partir de janvier 2021. Cette nouvelle zone économique africaine pourrait rapporter selon la Banque mondiale à l’Afrique 450 milliards de dollars de revenus supplémentaires. C’est ainsi que la libéralisation des tarifs douaniers, avec la réduction des barrières non tarifaires comme les quotas et les règles d’origine, va permettre d’augmenter les revenus des pays africains. Cette zone de libre-échange vise surtout à stimuler le commerce africain et les échanges infrarégionaux favorisant les exportations intracontinentales qui augmenteraient de 81% et prendraient le pas sur les exportations des pays non africains. 

Le marché africain : entre enjeux et priorités
“Une forte domination chinoise et européenne”

Les spécificités du marché africain
L’Afrique constitue un ensemble régional et un espace économique prospère avec un marché en pleine croissance et des ressources naturelles renouvelables et soumis à une lutte économique acharnée entre les grandes puissances mondiales notamment les USA, la Chine et l’Europe.

Les importations/exportations africaines en 2019 
En 2019, les importations des pays africains ont représenté 568 milliards de dollars, soit 3% des importations mondiales évaluées à 19 085 milliards de dollars. Après une baisse des importations relevées à partir de 2015 de 4,5% due essentiellement à la crise économique et financière mondiale, une reprise de 11,4% allait s’amorcer à partir de 2018-2019 avec près de 567,9 milliards de dollars. 
La Chine avec l’Asie constituent les premiers fournisseurs au sein du continent africain avec 248 milliards de dollars, soit 43,8%, accompagné de l’Inde, des Émirats arabes unis et de la Turquie. L’Europe constitue le second fournisseur avec 192,1 milliards de dollars, soit 34%, avec notamment la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Russie. Par ailleurs, les pays africains pointent à la 3e place avec 70,3 milliards de dollars, soit 12,4%, représentés principalement par l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Égypte.
La 4e position est assurée par l’Amérique avec 51,9 milliards de dollars, soit 9,2%, dont 60% assurés par les USA, suivis du Brésil, de l’Argentine et du Canada.
Par ailleurs, les exportations des pays africains en 2019 ont représenté un montant global de près de 470 milliards de dollars, soit 2,5% des exportations mondiales évaluées à 18 708 milliards de dollars.
Par rapport à 2018 où le volume a enregistré 495 milliards de dollars, pour 2019 la tendance est à la baisse avec 470 milliards de dollars due à la baisse des prix des hydrocarbures et à celle des autres métaux, cuivre et fonte, fer et acier.
En matière d’échanges économiques des pays africains, la Chine et le continent asiatique demeurent le premier client avec 173 milliards de dollars, soit 36,7% des exportations, dont 40% avec la Chine. L’Europe demeure le second client avec 171 milliards de dollars, soit 36,3%.
L’Afrique demeure le 3e client avec 77,5 milliards de dollars, soit 16,5% avec l’Afrique du Sud et le Ghana.
Par ailleurs, les importations africaines par régions en Afrique pour 2019 sont concentrées en première position en Afrique du Nord avec 217 milliards de dollars, soit une proportion de 38%, suivie de l’Afrique de l’Ouest avec 1,16 milliard de dollars, soit un taux de 20,5%.
Pour la période 2015-2019, les principaux pays africains importateurs au sein de la zone africaine sont représentés par les pays suivants : Afrique du Sud, Égypte, Nigeria, Maroc et Algérie. Alors que 5 pays parmi les premiers pays importateurs au sein de la ZLE CAF sont concentrés en Afrique du Nord : Égypte, Algérie, Maroc, Tunisie et Libye. 

Le partenariat Afrique-Algérie et ses limites
“Un faible engagement de l’Algérie et l’absence d’une vision économique et commerciale, pragmatique et solidaire.”
Le volume des échanges de l’Algérie avec l’Afrique reste encore faible en l’absence d’une dynamique commerciale et d’une véritable stratégie de pénétration du marché africain et d’une connaissance réelle des opportunités offertes par les pays africains. 
En perte de vitesse aux plans économique, politique et diplomatique avec l’Afrique, ouverte principalement vers les marchés européen et asiatique, la politique commerciale de l’Algérie devenait dès lors incohérente, bâtie sur les acquis politiques de la période 1970-80.
Leader africain durant plusieurs décennies, soutenant toutes formes de décolonisation, apportant son appui et une aide multiforme à plusieurs régimes africains, initiant des projets d’envergure aux plans de la formation, de la gouvernance, des transports, des routes et de l’énergie, effaçant la dette de plusieurs pays africains, l’Algérie, à défaut d’une vision économique et politique claire, accentué par les effets de la décennie noire, n’a pas su maintenir cette position de leader au niveau du continent africain, qui a subi entre-temps des mutations radicales sur tous les plans au cours des deux dernières décennies en s’alignant sur les stratégies économiques des grandes puissances, notamment la Chine et l’Europe. 
À cet effet, pour 2019 les exportations de l’Algérie vers l’Afrique restent timides ; avec 6% du total des exportations algériennes, seuls 3 milliards de dollars d’échanges commerciaux annuels allaient s’effectuer avec l’Afrique pour 206 millions de dollars d’échanges hors hydrocarbures. L’Algérie, avec ce faible volume, n’a pas atteint la croissance nécessaire pour asseoir un véritable partenariat économique avec l’Afrique, accentué en cela par une faible présence de nos entreprises, une rareté de nos produits, une  méconnaissance du marché africain avec l’implantation que de 3 comptoirs commerciaux en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Cameroun.
Parmi les principales causes qui ont conduit au recul de l’Algérie au niveau du marché africain : 
- La période de la décennie noire et la montée du terrorisme et de l’insécurité.
- Le recul de la diplomatie algérienne depuis l’ère de Bouteflika et la recherche d’une légitimité et d’une reconnaissance surtout de l’Europe, des USA et du reste du monde 
- La remontée des prix du pétrole et la recherche de partenariat économique plus avantageux avec l’Europe, la Chine, la Russie et les USA 
- La perte du poids stratégique de l’Algérie au niveau des principales institutions fricaines spécialisées au niveau de l’Union africaine, de la CEA, de la BAD et des différents organismes africains spécialisés.  
- L’absence de relations avec les principaux pays africains émergents : Afrique du Sud, Nigeria, Angola, Égypte, Maroc et Sénégal. 
- L’absence d’une réelle volonté de partenariat économique durable avec l’Afrique, malgré l’existence de divers atouts politiques, historiques, diplomatiques et humains.
- L’inexistence de produits susceptibles d’être compétitifs sur le marché africain.
- L’absence d’une politique nationale cohérente  sur le commerce extérieur.
Autant d’éléments qui ont accentué le recul de l’Algérie sur le marché économique africain. 
À cet effet, l’analyse de l’évaluation de la balance commerciale entre l’Algérie et l’Afrique durant la période 2015-2019 nous alerte sur la faiblesse de ces échanges et sur les efforts devant être accomplis par l’Algérie pour retrouver une position économique favorable au niveau de ce continent. L’examen de la balance commerciale depuis 2017 montre que l’Algérie a enregistré un solde timide avec 642 millions de dollars. De même, durant la période 2018-19, sa valeur est passée de 827 millions de dollars à 898,7 millions de dollars.
Cependant, les exportations algériennes en Afrique restent faibles, ne représentant que 6% du total des exportations algériennes en 2019. De même que les exportations hors hydrocarbures, qui ne représentent qu’une partie, 15,56%, du total des exportations hors hydrocarbures de l’Algérie vers cette zone avec une nette régression entre 2015 et 2017, même si une légère hausse a été relevée entre 2018 et 2019 avec la vente du sucre, du ciment, du verre plat, des eaux minérales, des dattes des solvants, de l’huile et de l’emballage en papier.

Par ailleurs, les exportations par pays proviennent essentiellement de 5 principaux clients appartenant à l’Afrique du Nord avec un taux de 92,8% du total des exportations. Désormais, il est clair que si l’Algérie veut se repositionner comme partenaire stratégique sur le continent africain, il lui appartient de repenser et de diversifier son partenariat sur la base d’une démarche cohérente et futuriste avec une vision claire d’avenir et des actions concrètes, efficaces et solidaires. 

Repenser le partenariat avec l’Afrique 
“Le développement d’un partenariat solidaire, intégré et durable avec l’Afrique”
 
Pour aspirer se repositionner sur le marché africain et redevenir un véritable partenaire économique incontournable ; l’Algérie devra obligatoirement repenser sa démarche stratégique et l’intégrer dans une vision cohérente, durable et solidaire autour d’objectifs clairs et de fondamentaux basés sur des options d’intégration de diversification et de complémentarité, axées sur l’émergence d’une économie solidaire et durable avec les pays africains notamment sur les questions d’intérêt commun : emploi, développement économique et agricole, éducation, formation, nouvelles technologies de l’information, lutte contre la pauvreté, gestion du phénomène migratoire. Autant de thèmes et d’options qui permettront aux pays africains de jeter les bases d’une coopération réaliste et élargie, portée par son élite autour de projets intégrateurs loin des conflits et des divergences qui ont de tout temps déstabilisé cette région et maintenu les économies africaines sous domination des grandes multinationales empêchant tout développement intégré et solidaire porté par ses pairs. Par ailleurs, il est primordial de préserver les richesses africaines face aux opérations de pillage du continent qui continue à être bradées sur les marchés mondiaux par les multinationales attirées par le profit et les transferts financiers illicites. En cette étape, une série de mesures méritent d’être engagée, au plan national et continental à l’effet d’amener les pays africains à adhérer à une nouvelle feuille de route commune pour impulser une dynamique économique régionale réelle et permettre ainsi à la nouvelle zone économique africaine de libre-échange de devenir le principal espace économique mondial.

1-Au plan national 
L’Algérie devra fondamentalement revoir sa  stratégie et mettre à niveau sa démarche et sa vision économique politique et diplomatique ainsi que ses instruments d’échanges par :
- La création d’une structure nationale en charge du volet de la coopération africaine.
- La détermination et la mise en place d’une stratégie nationale de partenariat avec l’Afrique basée sur un nouveau cadre d’intervention et d’échanges et la définition des priorités commerciales.  
- La définition d’une politique nationale cohérente du commerce extérieur. 
- La mise à niveau et la refondation de l’économie nationale sur le plan industriel, agricole et commercial et la labellisation des produits algériens. 
- La mise en place d’un plan de communication visant à soutenir la nouvelle politique de partenariat.
- La facilitation en matière d’implantation des PME africaines et l’adaptation du code de l’investissement et des conditions de transfert et d’installation des entreprises africaines.
- Le renforcement de la diplomatie économique et de la désignation de conseillers économiques au niveau de nos ambassades.
- La diversification du partenariat autour de programmes novateurs et intégrés dans les secteurs prioritaires clés. 
- La spécialisation d’une banque chargée des échanges commerciaux avec l’Afrique. 
Autant de thèmes et de projets qui tendent à redonner à l’Algérie une position dominante avec la création d’un vaste marché économique, régional intégré, et ce, dans la perspective d’offrir aux peuples africains plus qu’un simple marché d’échanges, mais une véritable politique continentale de développement, d’intégration durable, et de croissance avec la mobilisation de l’ensemble des acteurs.

2-Au plan continental 
- Ce partenariat économique d’avenir devra aboutir à un changement des mentalités africaines au plan économique, politique et social en vue d’amener toutes les parties à adhérer à une véritable intégration régionale soucieuse de renverser l’ordre économique mondial imposé par les grandes puissances et leurs compagnies et réduire ainsi leur alignement au plan économique à des politiques dominées par les échanges et le profit pour laisser place à une intégration économique réelle et solidaire entre les pays africains et préserver leurs richesses et conforter leur croissance autour d’un programme économique et social durable à travers  : 
• L’affirmation d’une véritable volonté partagée par les principaux pays africains. 
• La détermination et la consolidation d’alliances stratégiques avec les pays africains émergents : Afrique du Sud, Nigeria, Égypte, Angola, Maroc et Sénégal qui devront porter le progrès et être le moteur de la croissance en Afrique. 
• Le renforcement du partenariat avec les pays du Maghreb et du Sahel et la revitalisation des commissions économiques mixtes. 
• Le captage de projets intégrateurs dans les secteurs vitaux.
• Le ciblage des actions et investissements complémentaires entre les partenaires africains.
• La réorganisation du marché africain avec des règles souples et des relations commerciales adaptées par :
 - La création d’une banque africaine et la mobilisation de fonds pour soutenir ce partenariat.
 - La mise en place d’institutions africaines d’encadrement, d’expertise et de soutien. 
 - La mise en place d’un dispositif et laboratoire de contrôle et de lutte contre la contrefaçon. 
 - La création de commissions d’arbitrage et de règlement des conflits nés de l’application de ce partenariat.
 - L’instauration d’une politique africaine de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption et le renforcement de la paix, de la stabilité des institutions.
• La modernisation du système bancaire et des assurances africain. 
• La création d’un forum économique et social africain composé d'experts qui seront une force de propositions pour des projets d’intérêt commun. 
• La mise en place d'une politique africaine intégrée et volontariste de gestion des flux migratoires et de développement des régions de départ, de la lutte contre la faim, et l’éradication de l'extrême pauvreté et développement durable. 
• L’amélioration des transports des personnes et des biens à travers le continent africain et l’allégement des procédures d’accès et de visas. 

IV - Les mesures d’accompagnement, de modernisation et de renforcement du partenariat avec l’Afrique 
Cependant, ce partenariat économique régional ne peut réussir et atteindre ces objectifs que s’il est soutenu par des mesures internes d’accompagnement qui devront lui assurer en cette période les conditions de réussite face à un marché très convoité, dominé par des entreprises étrangères qui ont acquis des parts de marché importantes durant les deux dernières décennies, leur assurant ainsi des positions privilégiées et stratégiques face à toute concurrence. Pour cette raison, la mobilisation de l’ensemble des institutions africaines devient une nécessité pour permettre une pénétration et un positionnement économique salutaire des entreprises et produits algériens à travers : 
• Le renforcement du rôle des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture et du patronat.
• L'adaptation du système bancaire et d'échanges ainsi que des procédures douanières de transfert et de transport. 
• La création d’un observatoire de suivi et d’évaluation des activités commerciales et d’échanges. 
• La facilitation des opérations de création d’entreprises africaines et de transfert des capitaux.
• L’implantation et le renforcement de comptoirs économiques dans les principaux pays africains 
• La mise en place de fonds de facilitation et de soutien au partenariat avec les pays africains
• La définition d'une politique de marketing et de communication adaptée à la conquête du marché africain En conclusion, si l’Algérie espère réellement se positionner sur le marché africain, elle devra tout d’abord se préparer à ce challenge et engager au plan interne de véritables réformes structurelles lui permettant d’assurer la relance et la croissance effectives de son économie et la compétitivité de son marché, de mettre en valeur ses produits et ses entreprises ainsi que son savoir-faire, car le marché africain a évolué fortement et la concurrence est devenue très rude avec des règles strictes, notamment de la part des compagnies étrangères qui restent bien implantées, et ce, avant d’envisager de renforcer ce partenariat régional et d’avenir sur la base d’une démarche globale étendue à l’ensemble de ses partenaires et surtout africains en raison des opportunités offertes, et ce, dans l’intérêt de promouvoir ces échanges autour d’une stratégie économique durable et d’une prospérité largement partagée par l’ensemble des pays africains. 
Après avoir été présente et active dans toutes les luttes africaines, l'Algérie se doit d'être plus que jamais présente sur le plan continental, car aujourd'hui la bataille du 21e siècle est devenue surtout économique et commerciale, et dans ce cadre l’Algérie ne peut affronter ces marchés extérieurs avec des politiques et des instruments inadaptés, et des visions économiques et commerciales incohérentes et bureaucratisées.
Aujourd’hui, avec la création de la ZLEAF, le vrai travail de réflexion et de préparation et d’engagement doit prendre forme autour de règles communes avec l’ensemble des communautés économiques africaines, soucieuses des enjeux et de l’intérêt de ce partenariat exceptionnel.

 


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